SUR LA RÉVOLUTION JUDICIAIRE PE
la main aux hallebardes. Les gardiens des lois santent mourir pour elles. Écoutez le savant et jodidem UAseau : c Ce fol, dit-il, rinstitotion des parlemeoifl qui nous saava d'étee cantonnés et démembrés^ comuM en Italie, en iUlemagne , et maintint le royamne es 9m enti^« » En lisant Dumoulin et BoulainvUUen, ob est frappé des cris de haine et de vengeance qoe pooMit sans cesse la noblesse et le clergé contre les légistes , ces ministres de la royauté, ces inexorables nlvdisois de la France. U est vrai qu'ils sont la terreur da crime, à quelque rang qu'appartienne le coupable. De graves désordres viennent-ils à éclater sur un pobit da pays, arrive la justice des Grand» ^ Jours, firactiOB do parlemoit de Paris, envoyée dans les provinces élolr gnées pour suppléer à la faiblesse des autorités locata et courber les plus hautes têtes sous le glaive de la loi Tous les regards des opprimés se tournaient vers les cours de justice , qui, par leur vigueur et leur sagesse, empêchaient le vaisseau de TÉtat de se briser contre les deux grands écueils des gouvernements : l'arbitraire et ranarchie.
On ne saurait contester qu'alors la magistrature , cette fille aînée de la monarchie, mérita bien de la couronne et du pays. Elle posa la base de la légalilé qui nous régit actuellement et qui un jour régira le monde. D'une royauté féodale et militaire , d'an poovoir flottant et disséminé, elle fit une majestueuse unité royale, un pouvoir fort et respecté. Les Miron , les Harlai , les Marillac , les Pibrac , les Paye « ces martyrs de l'État, n'ont pas moins dissipé de factions par leurs bonnes et saintes maximes , que l'or de
TEspagne n'en fit naître. On sait qa*au temps de la Ligue surtoat, et dans d'antres moments extrêmes , oh la patrie presque perdne , délaissée par tons ses vienx appuis, était arrivée au point de s'oublier elle-même» la France se retrouva tont entière an sanctuaire inviolable de la justice civile ; et le président de La Rocbeflavin, qui vivait dans ces jours de tempête, put écrire avec un juste sentiment d'orgueil : t Le salut dn pays est dû aux parlements, fermes colonnes et aros-boatants de cet État (liv. I*'. , ch. n). • H est vrai que les juristes s'attachèrent à étouffer les résistances, plutôt qu'à en régulariser l'exercice ; et , ponr arracher les rois à l'oppression féodale , ils précipitèrent le peuple dans la servitude. Ce fut un malheur, sans nuldonte , mais ce fut aussi la suprême nécessité des temps et des choses; la prédominance de Tantorité royale pouvait seule préparer, en France, et l'égalité civile et l'unité terrKoriale. Si, dn XIV. au XV. siècle, la France n'était pas devenue la plus compacte des nations , et la plus vigoureusement constituée des monarchies; si le pouvoir ne s'y était pas centralisé, au point d'absorber tous les intérêts et toutes les forces, elle aurait disparu du nombre des grands États , et n'aurait laissé dans le monde aucune trace lumineuse de son exis^tence.
Du XIIP. au XVn*. siècle , les parlements marchent d'accord avec la royauté et concourent au même but. Ensuite, ayant vaincu les institntions du passé, repris le sceptre et le bâton de justice, la royauté se suffit à elle-même, et tend au despotisme que tout la convie à saisir. Elle ne pent souffrir que les parlements, qui ont