SUR LA RÉVOLUTION JLDICIAIRE DE
ccDdamoer à rioaction et se sapprimer lat-mêiBe, Maapeou ne se lassait pas de lui envoyer des lettres de JussiOD pour rinviter à reprendre son service. Il était résolu d'en finir avec ce qu'il qualifiait d'émeoles judiciaires et de tirer la couronne du greffe. U sivalt qu'en politique menacer sans frapper, c'est se découvrir, et donner le secret de sa faiblesse à ceux qid peuvent avoir foi encore dans votre force. Mais 11 avait oublié cette pensée d'un poète , la gloire de la France et l'orgueil des Normands :
Lorsque le déshonneur loaille Tobéiisaiioe , Les rois doivent douter de leur toute-|Nii9Banoe. Qui ta hasarde alors, n'eu sait pas bien user. Et qui veut pouvoir tout, ne doit pas tout oser.
Enfin , le parlement , qui s'obstinait toujours à suspendre le cours de ses audiences, décrète qu'il s'assemblera, le 21 janvier 1771 , pour délibérer sur ie mérite des dernières lettres de jussion. Alors le cliancelier dévoile son plan et débute par une mesure qu'on dirait empruntée au cardinal de RIclielieu. Dans la nuit du 19 au 20 janvier, nuit cruelle, nuit désastreuse, qui couvrit de ses ombres la violence faite h l'asile des magistrats et les embûches tendues à leur fidélité, cbaque parlementaire est arraclié au sommeil par un huissier , accompagné de deux mousquetaires qui viennent, au nom du roi, lui signifier un ordre écrit de reprendre ses fonctions, et de signer par un ont , on par un non, une formule d'acquiescement pur et simple aux dispositions de l'édil du 7 décembre. On peut
croire qu'on avait. compté sur risolemeot des magistrats, sur la terreur et les larmes de leur famille. Trente-huit seulement sur plus de cinq cents, dans la première surprise d'un si brusque réveil , signent oui , et se rétractent le lendemain.
La nuit suivante, des huissiers notifient aux membres du parlement un arrêt du Conseil, qui déclare leurs charges confisquées , et leur interdit de porter désormais le litre de conseillers. Des mousquetaires succèdent aux huissiers pour indiquer à chaque magistrat le lieu de sou exil, où il est tenu de se rendre aussitôt l^s uns furent confinés dans leurs terres, les autres dans les villages les plus déserts et les plus lointains . en des endroits choisis , avec un raffinement de vexalion qu'on peut taxer de cruauté.
Aucun d'eux n'intercéda auprès du roi» et ne chercha à remuer le peuple. On fut stupéfait de voir l'autorité, si faible et si désarmée depuis près de soixante ans, se déployer avec une violence qui semblait n'être plus de ce siècle. L'amour de la liberté était une passion nouvelle, et n'avait pas encore pénétré dans les masses. Pas un séditieux n'existait dans un pays où tous les hommes doués de quelqu'éloquence foudroyaient le despotisme. On désobéissait au roi sans emportement, on cédait à la force sans murmure ; les parents et les amis des exilés admiraient leur grandeur d*Ame , et n'imaginaient pas que leur énergie pût se prononcer d'une manière plus active.
Cependant le chef- de la justice , qui se regardait comme le sauveur de la monarchie» vint au palais installer provisoirement . le 2U janvier, une Commis-