‹ Mémoires. 2Chapitre 68 sur 99 · EN MATIÈRE DE DIFFAMATION · texte numérisé non relu

EN MATIÈRE DE DIFFAMATION

Passons encore que mal parler des morts soit un acte aussi mauvais que de mal parler des vivants» quoiqn'en général la mort éteigne les haines et Invite aux appréciations impartiales.

Accordons tout cela.... mais, dltes*moi, toute action mauvaise appelle -t-elle absolument Tapplicatlon de la loi pénale? N'est-il pas une multitude d'actes que la morale condamne , que la loi même réprouve , et que pourtant elle ne frappé d'aucune pénalité criminelle ?

Le contractant qui commet un dol simple, le vendeur qui dissimule une tiypothèque, l'époux qui trahit la foi du mariage sans aller jusqu'à introduire une con* cubine sous le toit conjugal , commettent des actions mauvaises , et la loi les réprime par les voies parement civiles, quand même elie les réprime. Pourquoi ? C'est que la loi pénale n'est pas chose légère et qui se pro* digue à tout propos. C'est un remède extrême pour des cas extrêmes. Le législateur qui voudrait attacher une peine à tout acte blessant la morale et la charité ressemblerait an médecin qui, pour la moindre indisposition, voudrait purger et saigner ses malades: il ferait plus de mal que le mal lui-môme. SI la punition d'un médisant est une nécessité si grave au point de vue de Tordre social , d'où vient que la loi a désarmé ici le grand vengeur social, le minbtère public ; qu'elle a réservé à la partie privée l'initiative de la poursuite ; que le magistrat n'a d'autre droit que de se joindre au plaignant , dont l'action a seule la vertu d'engager le procès?

L'objection écartée , j'arrive aux raisons, qui , législateur, me détoqrneraient absolument de çrétrvisxQ

action pénale eu diflamation au proGt des héritiers de la personne diffamée.

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