‹ Mémoires. 2Chapitre 85 sur 99 · INTÊRESSE-T-ELLE L'HISTOIRE D13 DROIT · texte numérisé non relu

INTÊRESSE-T-ELLE L'HISTOIRE D13 DROIT

tieot compte de toutes les influences qui ont acquis de la consistance et de la fixité, s'inspire des tbéorles qui s'accréditent, recueille et s'assimile les idées spéculatives qui ont fait leurs preuves et que la raison générale a acceptées. La littérature, la philosophie, l'économie politique, quand elles font une vraie conquête, une conquête se liant au mouvement social, aboutissent à la législation et s'y IncorporenL C'est que, quelle que soit l'organisation de la souveraineté politique, il y a une souveraineté de fait qui la prime, la souveraineté de l'opinion, cette souveraineté qu'on ne saurait enchaîner ni vaincre parce qu'on ne saurait la saisir nulle part, bien qu'elle soit partout.

Toutes les souverainetés officielles, qu'elles soient monarchiques, aristocratiques ou démocratiques, relèvent de la raison générale, s*annoncent comme ses interprètes et ne vivent que par elle. Mais si la loi doit être et est presque toujours un instrument de civilisation et de perfectionnement, elle est surtout un instrument de conservation. Elle protège, elle sauvegarde plus qu'elle n'innove ; elle suit plus le mouvement qu'elle ne l'imprime ; seulement, elle le hâte et le généralise quand, au nom de l'intérêt public, elle s'y associe. Elle est donc plus un effet qu'une cause de l'état social.

L'opinion que la législation est un puissant témoignage d'un état social, est loin d'être unanimement admise. Pour un écrivain distingué, M. E. Quinet, elle est une contre-vérité. • A ce compte-là , nous nous « faisons les complices de la ruse, tenant pour rien • les sentiments, les affections, les cris étouffés des

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