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M QUOI LA PHIL. POL. DE L'HIST. OE FRANCE

générations contemporaines, n'estimant pour témoignage valable que les pièces écrites de la main du pouvoir. Nous voilà, dès Feutrée, dupes de toute écriture scellée ; le moindre parchemin a pour nous force d'Évangile, nous y croyons plus qu'à la réalité ; l'encre brille plus à nos yeux que le sang et les pleurs du peuple ; nous prenons pour la vie nationale l'ordre administratif. Mais qu'est-ce que toute cette cliancellerie, quand elle est contredite par les événements ? Assurément, la besogne de l'historien est autre, s'il est vrai que son principal devoir est d'empêcher les générations futures d'être abusées par ce grimoire officiel. Nous ne jugeons plus du prince par sa pensée, nous ne lisons plus dans son âme ; nous nous arrêtons à la parole, à l'extérieur, à l'écriture, à la robe, à l'habit. La moindre complaisance de si grands personnages nous séduit et nous gagne. Après trots ou quatre cents ans, nous ne pouvons soutenir un moment la familiarité de ces têtes royales sans nous sentir mollir, pauvres serfs que nous sommes de leur grandeur passée. A peine nous sentons la poignée de main d'un despote, nous Tacclamons pour un des nôtres. Qui d'entre nous a résiste à l'habit de bure de Louis \l ? ■ (Revue des Deux- Mondes , 1855, t. IX, p. 943).

Sans doute, les lois d'une société expriment plus sa raison, ses idées, ses croyances, que les mauvaises passions et les vices dont elles doivent être le frein. Une société ne dure que parce que le bien chez elle l'emporte sur le mai, et la législation a justement pour objet de maintenir la prépondérance du bien, en com-

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primant le mal. Seulement, la législation révèle et constate le mal par ses efforts mêmes, pourTamoindrir OQy an moins, pour en prévenir Taecroissement

Je persiste à défendre et à justifier Tidée de Pasquier : « Tout homme de bon entendement, sans voir une « histoire accomplie, peut presque imaginer de quelle « humeur fut un peuple, lorsqu'il lit ses anciens statuts

• et ordonnances, et d'un même jugement peut tirer

• en conjecture quelles furent ses lois, en voyant sa

• manière de vivre. » (Recherches, iiv. IV, c. T'.)

Si Tauteur des Recherches de la France ne s'est pas trompé, comment aborder l'histoire du droit français, sans préalablement connaître l'état des esprits, et s'être formé une opinion sur la philosophie de l'histoire de France ?

Mais l'utilité de l*œuvre n'établit pas la compétence pour l'entreprendre. Cette œuvre n' appartient-elle pas, en vertu d'une sorte de privilège, aux historiens et aux publicistes ?

Je réponds, en indiquant quel doit être, à mon sens, le caractère du travail à faire. Il s'agit d'une sorte d'enquête, dans laquelle il faut, sur les principaux points litigieux de la philosophie politique de notre histoire, non pas recueillir tous les témoignages, mais les choisir. La tâche consiste donc à résumer, à mettre en regard des théories diverses, à rechercher leur point de départ, leur inspiration, à suivre leur Oliatiou, à montrer, sur certaines questions, le désaccord entre les écrivains d'une môme famille et l'accord dans les camps les plus opposés. — On dirait, au palais, qu'il s'agit d'un travail de rapporteur qui, sans les dissimuler, ex-

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