‹ Mémoires. 2Chapitre 88 sur 99 · À M"«. DUPONT, DE L* ANCIENNE COMÉDIE-FRANÇAISE · texte numérisé non relu

À M"«. DUPONT, DE L* ANCIENNE COMÉDIE-FRANÇAISE

J'atteignais mes douie ans quand le mois qui désole La fleur pl Pécolier sous leur fraîche auréole. Octobre, dans Saint -Lo, Torgueil du Colentin, Coufoqua ma jeunesse aui charmes... du latin. Ah ! quel deuil ce me fut de quitter la campagne I Un deuil à faire aux cieux repentir Charlemagne D'avoir si méchamment |)our nous tous inventé L'infernal guet-à-pens de l'Université I

Je me retrace encor, par souvenance intime «

Besme qui dans la cour attendait sa victime ,

Sous forme d'un valet, cornac de la jument

Commise à m'emporter plus ou moins lestement.

« Adieu, père! adieu, frère I adieu, sœurs 1 adieu, mère! •

Hélas! oui, vous surtout, qui d'une étreinte amère

Bénissiez mon front pâle entre vos bras blotti...

Mais il fallait partir... et me voilà parti.

• Voyons donc, mieux en croupe I et foin de qui s'éplore « A tel point pour si peu I grommelait mon centaure; 0 Au lieu d'éire à ma veste, où diable est voire main ? •

Ah ! c'eftt que ma mémoire avait, sur le chemin, A ré%eil d'un doux sou, ressaisi la pensée D'une pi('ce d'argent dans mon gilet glissée...

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