‹ Mémoires. 2Chapitre 90 sur 99 · A MON AMI JULIEN TRAVERS · texte numérisé non relu

A MON AMI JULIEN TRAVERS

J'avais treiie ans et tète Iblle , Le geste prompt comme Tédair ; Écolier vif, railleur, frivole, Toujours, comme Toiseau qui vole, J'étais en Tair.

Or, un beau soir que, sans Virgile, Ma flânerie errait trottant Sur la grand'route si tranquille Qui conduit de Saint-Lo, ma ville, A Carentan,

Juste au détour de la montagne.

Croisant mes pas, je ne sais quoi De lourd, de lent, qui rampe et gagne Un sentier creux dans la campagne, Se heurte à moL

(i) Note du tttritairt tU l' Académie, Celle pièce, que nous a dédiée Tauteur, à qui Ton doit la mélodie: Enfanté, n'y touehtM pa$l et plusieun ceotaioes de romaoces dont lea grands maître* ont fait la musique ; celte pièce, d'un rhjthme charmant et d*un sentiment vrai, rappelle aux condi^ ci pies de M. Guérin ce vieillard informe, qui chaque jour se traînait au haut de la montagne St. -Georges, sur la route de Carentan. Un porc TaTait dévoré au berceau ; il ne lui restait que le tronc et' les bras, terminés par des moignons au lieu de mains Sa physionomie était douce, et le lieu habituel de sa retraite au bord d'un foMé donne la plus grande vraisemblance à ce récit en vers, qui n'est |.eul-èlre pas une Gclion.

Page 1