CARITAS
Par la pénombra Tagae et douce.
Je pensai voir un hérisson ; Et, tout ému de la secousse, D*on coup de pied je le repousse Contre on buisson.
Mab à rinstant un cri s'échappe Avec ces mois : • Damnation
• Au misérable qui me frappe I • Puis k mes yeux un nain se drape
Dans son haillon.
C*était, ma foi 1 le vieux bonhomme Qui chaque jour, de son taudis.
Contre centime, ou croûte, ou pomme.
Nous escomptait à tous en somme Le paradis;
Un cul-de-jatte f un pauvre hère Rongé jadis par an pourceau.
Pendant que Teuve, au loin, sa mère Quêtait du pain pour la chaumière Et le berceau.
• Ah ! que le diable vous emporte 1 Dif-je en riant de ses hélas ;
• Quand on est lait de votre sorte,
• De son trou noir, mon gros cloporle,
« On ne sort pas 1 ■
— • Moi, reprit-il, sans vous connaître
• Je parlerais à vos ennuis
• D*un autre ton, mon jeune maître,
• 81 vous aviei le malheur d*étre
• Ce que je suis \ •
Le repentir, dent de vipère.
Tout aussitôt mordit mon cœur :
UU2 iULHlTAS.
• Ëicutei-moi de ma colère ,
■ Pardon Tanii, pardon, no« pèie,
« Pour le moqwttr! t
— • Très-vokmtient 6 mon bel ange, PoarsuÎTit-il , ni*ollirant la main,
« Tant dVin doux mot le diarme étrange « Est une rose rar la fange
• De mon diemin I
• Que ne vient-il toujours se joindre
• Au don du riche ou du berger !..
« Hélas 1 je tous le dis sans feindre, « Donnerjc'est secourir ; nais plaindre,
• G*est soulager.
« Conserves-bien ma confidence, « Ënrant, et vous en pénétres !
• Elle mène à la bienveUlance
« Dans ce monde, chaos immense,
• Où vous entres.
« Car les sooflhints y sont en nombre... « Sans le vouloir ni 8*en douter,
■ Ainsi que moi dans ce lieu sombre ,
• Que d*aflligés risquent dans Pombre
« De vous heurter I
• Vous qui gatment foules Taigile « Où Ton retourne jeune ou vieux ,
« Pour ce qui rampe, humble et débile, « Soyei donc bon : c*est si facile
• Aux gens heureux f
« Mais à revoir , car le temps passe ; « Il se fait tard, séparons-nous. >
— « Mon père, auparavant , de gr4ce !
« Sur la pftleur de votre face
K Qu'essuyes-vous ? »
CARITA9. UUZ
— • Rien 1 dit la pauvre créature, A pas pénibles se glissapt Au sentier creus de sa masure ; « Non ce n*est rien, rien, je vous jure, • Qn*un peu de sang. »
Du sang, du sang !.. Honte et démence • Un frêle infime à Tabandon Fuyait blessé par mon cnhinoe.
Me laissant là sous la clémence De son pardon I!...
J*avai8 main prompte et tête folle, De ce moment j*en fus guéri ; Et j*ai toujours, depuis Técole, Plus soupiré, sur ma parole.
Que je n*ai ri I
LA FOLLE ADi CAILLOOl ;
Par le MéiiM.
Fi des petits moqueurs dont la gutlé se rue Autour de cette femme, errante par la rue. Et qui, les yeux twissés, d*une ombrelle à sa main Écarte les cailloux roulant sur son cfaemlD I
Dans leurs bruyants éclats de cruauté frivole :
« C*est la folle 1 • ont-ils dit— Eh bien, oui 1 c'est la folle.
Triste et muet fiiolôme au lamentable sort.
Qui n*est plus Texistence et qui n'est pas la mort..
Voyex-la 1.. Sur sa robe ou de laine ou de soie
Un long crêpe, en ceinture, à tous vents se déploie ;
De ramages sans nom son chàle esl bigarré ;
Son pas brusque, fiévreux, bondit démesuré,
Et d'un lambeau de gaie, incroyable eoifftire.
S'échappe à flots mouvants Tor de sa chevelure...
Certes 1 cela vaut bien qu'on s'en amuse autant ;
C'est fantasque, bizarre, excentrique !.. et pourtant.
Fi des petits moqueurs dont la gaité se rue Autour de cette femme, errante par la rue. Et qui, les yeux baissés, d'une ombrelle k sa main Écarte les cailloux roulant sur son chemin !
Le visage au soleil, ou les pieds dans la fange. Elle va !.. Si parfois, saisi d'un saint respect « On enfant la salue, à ce touchant aspect L'inseo!(ée avec feu contemple le jeune ange. Et M>n regard vitreux luit d'une ivresse étrange... Mais pour peu qu'apparaisse un espiègle railleur Qui d'affronts la harcèle et la metle en fureur.