Lajard, Ibid., pi. LXXIV
une pierre gravée, conservée à Florence. Elle représente Mercure, de face; il est coiffé du pileus ailé; il a, pour tout vêtement un manteau qui, attaché sur Tépaule gauche, est rejeté sur Tépaule droite et descend derrière le bras droit pour revenir couvrir la main droite qui tient le caducée. De la main gauche étendue, le dieu présente la bourse; derrière lui, et montrant la tête, à gauche, on voit le bélier; dans ie champ, à droite, le scorpion. Cette pierre a été dessinée dans le recueil des œuvres d'art de Florence décrites par Mongez^
M. Durrieu, membre résidant, annonce qu'ayant eu l'occasion d'étudier de près quelques-uns des dessins du Louvre, en compagnie de M. le docteur Lehrs, conservateur des estampes du Musée de Dresde, ce dernier a fait une intéres> santé découverte. M. le docteur Lehrs a reconnu qu'un do ces prétendus dessins se trouvait être une superbe épreuve, rehaussée en couleurs, d'une gravure originale extrêmement rare du graveur allemand Mair, de Landshut : La maison gothique. On ne connaissait jusqu'ici que deux exemplaires de cette pièce, en original ; l'un à î'Albertine de Vienne, l'autre chez M. Edmond de Rothschild. L'épreuve découverte au Louvre par M. le docteur Lehrs est la plus belle des trois. Elle présente en outre cette particularité intéressante qu'une date y a été rajoutée à la main, en face de la signature de Mair. Cette date est celle de 1499, la même que l'on retrouve aussi, mais gravée, sur plusieurs des autres œuvres du maître.
Séance du S17 Juillet.
Présidence de M. Ed. Saolio, ancien président.
Ouvrages offerts :
BABTHéLEHY (F.). Camps vitrifiés et camps calcinés. Nancy, 1892, in-8<».
1. Ifongez, Tableaux, statues, bas-^diefs et camées de la Galerie de Florence et du palais PiiH, Paris, Didot, 1852, in-foL, t. 11, pi. XL.
Ghauvbt (Gustave). Sur la ckutifiaUùm des iemp$ quatêmairei dans la Charente. Paris, 1891, in-S*.
Sghluhbeboer (Gustave). Décovmerte &une rdique faisanipar' tie des dépouilles de Constantinople apportées en Occident à la évite de la croisade de 1204. Gaen, 1802, iii-8*.
— Une monnaie d^or byzantine inédite, Paris, 1892, iii-8*. BuUetin critique, 13* année, n* 14, juillet 1892. Paris, m-8-.
— de la Société de Borda, 17« année, avril-juin. Dax, 1892, in-8*.
^ de la Société dunoise, n^ 93, juillet 1892. Gbàteaudon,
1892, in-8<^.
Mémoires et comptes-rendus de la Société scient^lque et Utté-
raire d'Alais, t. XX. Alais, 1889, in-8*. Recueil de la Commission des arts et monuments historiques
de la Charente-Inférieure, 4« série, t. I, 7« livr. Saintes,
1892, in-8*.
Travaux.
M. le Président apprend à la Société la mort de M. Jullien de Laboullaye, bibliothécaire de la ville de Langres, et se fait l'interprète des regrets de nos confrères à la nouvelle de cette mort.
M. Tabbé Thédenat, membre résidant, dépose sur le bureau, au nom de la Commission des impressions, le dernier fascicule du Bulletin de 1891.
M. Saglio, membre résidant, présente à la Société un bronze qu'il a été assez heureux pour faire entrer au Louvre. Ce bronze représente le cardinal Alidosi, légat à Bologne, qui gouverna cette ville dans les premières années du xvi« siècle pour le pape Jules II. Dans le même temps, on sait que Fr. Francia dirigeait la fabrication des médailles et monnaies de cette ville. En rapprochant le bas-relief du Louvre des médailles qui lui sont certainement attribuées, on arrive à conclure que ce bronze est aussi de sa main.
M. l'abbé Thédenat, membre résidant, lit une note de M. Toutain, associé correspondant national, membre de
rËcole française d'archéologie de Rome, sur une statue colossale trouvée à Milah (Algérie), et présente les photographies envoyées par l'auteur :
« En 1880, Ton découvrit par hasard à Milah, sur remplacement de Tantique Mileu, une statue colossale en marbre blanc Annoncée d'abord par VIndépendant de Constantine du 25 mars 1880, cette découverte fut rappelée et communiquée au monde savant dans le ReoieU des notices et mémoires de la Société de ConstarUine* ; Fauteur de l'article, le regretté y. Reboud, décrivait sommairement la statue, sans ajouter le moindre commentaire. Pendant notre mission en Afrique (avril-juillet 1891), nous avons revu le monument, et nous voudrions exposer ici les résultats auxquels nous sommes parvenu après une étude attentive.
c La statue représente un personnage assis sur un piédestal carré ; l'ensemble repose sur un soubassement de forme rectangulaire. Le monument tout entier est supporté par un mur de grand appareil. D'après les restes de constructions qui entourent la statue, et dont le plan a été fort exactement reproduit 3, il n'est pas douteux que cette statue se trouvait dressée au fond d'une cella en forme d'abside : c'est donc l'image d'une divinité. En outre, il est facile de reconnaître, à la forme de la taille et au développement des hanches, que le statuaire a voulu représenter une femme, une déesse. Toute la partie inférieure du corps (cuisses et jambes) est revêtue d'une draperie. Le buste, au contraire, est nu et, quoique les deux bras soient brisés tout près de l'épaule, on constate néanmoins qu'ils n'étaient recouverts d'aucun vêtement : l'aisselle est parfaitement visible.
a La statue n'est pas intacte. Les pieds et les bras manquent, la tête n'est plus qu'un moignon informe, et, à la partie intérieure droite du buste, existe un creux profond de 0>"40 et large de O'^dl, Mais il faut faire ici une observation capitale. D'une part, il est certain que les pieds et les bras ont été réellement brisés; la section de la cassure ne laisse
1, T. XX, 1879-1880, p. 195-197.