Mutée de aeulpture, IV. pi. DCLXXIII, n* 1555 C
4. Tadot, Figurines gauloises, — Bulletin archMooigue du OomUé des travaux historiques et scienti/iques, année 1891, n* 1, p. 157. Rapport de M. Héron de Viliefosse sar une commanication du P. Delattre.
de Milah. Il faut remarquer d'ailleurs que toutes ces figurines de la Déesse Mère n'ont pas ^té faites d'après le même type : Ton connaît un assez grand nombre de moules diffé* rents, et, suivant toute apparence, ces moules n'ont fait que copier des monuments plus considérables, des modèles empruntés à la statuaire.
c Le culte de la Déesse Mère a été très répandu pendant la période impériale : Tlsis des Égyptiens, la Gybèle des Grecs, la Juno Goelestis des Africains, la Mater Denm Magna Idaea sont, malgré quelques caractères particuliers dérivés des légendes locales, une seule et même divinité, représentant, sous une forme humaine, la puissance productrice et fécondante de l'univers. En Afrique, il semble que cette religion se soit peu à peu confondue avec le culte de la grande déesse phénicienne Tanit. Juno Goelestis, dans la Garthage romaine, avait son temple sur la colline de Byrsa, comme Tanit dans la Garthage punique.
« Or, parmi les découvertes archéologiques faites à Milah, deux ont spécialement attiré notre attention. Les fouilles entreprises pour le dégagement de la statue colossale ont amené au jour c une plaque en marbre blanc, veiné de noir, où l'on voit, admirablement taillée en relief, Timage de Tanit offrant des proportions qui n'ont été observées nulle part^ B En second lieu, c'est à Milah qu'a été trouvée l'une des rares inscriptions d'Afrique mentionnant un criobole^, et ce criobole avait été célébré en l'honneur de la Mater Deum Magna Idaea. A quelques lieues de Milah, sur la route de Djemila (autrefois Guicul), en un lieu aujourd'hui appelé Aziz-ben-Tellis, trois inscriptions nomment la déesse Nutriz ; deux de ces textes la mentionnent parmi les principales divinités adorées dans le pays 3.
ce De tous ces faits groupés ensemble, nous dégageons l'hypothèse suivante : la statue colossale de Milah est probablement l'image de la Déesse Mère, représentée assise, le buste nu, tenant sur son sein un enfant; la tète était légè-