Concile de Riez (439), c
d'Arles, leur déclare que celui-là doit remporter qui prouvera que sa cité est métropole. Gomment expliquer que le clergé d'Arles nous ait conservé, ait môme rédigé, et précisément alors, une pièce où on lit, en tète de la province Viennoise : Metropolis cimtas Vienitensium^ où Arles ne se présente qu'à son rang géographique, à l'avant-demier? Au contraire, on comprend très bien que, le document ayant une provenance administrative, étant connu comme règle des relations civiles, le clergé d'Arles n'ait pas eu l'idée d'y toucher et l'ait conservé tel queH.
« b^ Cette distribution de la Gaule en provinces et en cités cadre évidemment avec les relations administratives des environs de l'an 400 ; mais, au point de vue ecclésiastique, elle a quelque chose d'étonnant. Il est aisé de voir, en lisant les décrets synodaux du concile de Turin, combien était peu précise l'idée que l'on se faisait alors en Gaule des circonscriptions provinciales ecclésiastiques^. On en était encore à résoudre la question de savoir si l'évoque de Marseille avait ou n'avait pas de juridiction métropolitaine sur les évoques de la U* Narbonnaise. C'est qu'on ne s'était pas encore décidé à prendre la distribution administrative des cités et des provinces pour base des circonscriptions ecclésiastiques. En Gaule on y vint, mais non pas en Italie : les seize ou dix-huit provinces de l'Italie administrative n'eurent longtemps d'autres métropolitains que les évoques de Rome, Milan, Aquilée, Ravenne. Ce dernier siège n'était pas encore métropolitain quand la Notice fut constituée, et peut-être en était-il de môme de celui d'Aquilée. Comment concilier cette origine tardive, cette application incomplète du régime métropolitain, en Italie et en Gaule, avec un état des sièges et des provinces tel que nous le présenterait la Notice, peu après l'an 400 ?
t. Cette idée lui vint plus tard, une fois l'empire disparu avec son système de diocèses et de provinces. Tout un groupe de manuscrits ariésiens, postérieur aux plus anciennes rédactions du texte, nous présente la Notice remaniée d'après les droits ou prétentions du siège d'Arles. Cf. Mommsen, l. c, p. 582.
2. Sur ce point voyez mon étude sur la PrimaUe (V Arles, dans le tome LU (1892) de nos Mémoires,
c Ainsi la Notice n'est d'accord ni avec l'état des sièges épiscopaux ni avec leur groupement en provinces ecclésiastiques au moment où elle a été rédigée. Sa terminologie n'est pas conforme à celle de 1* Église. Sa rédaction n'offre pas la moindre trace des conflits au milieu desquels elle serait née; sa teneur générale est inconciliable avec l'histoire des institutions religieuses en Gaule aux environs de l'an 400. Ce n'est donc pas un document ecclésiastique, c'est un document administratif, analogue à ce que furent plus tard le Synecdème d'Hiéroclès pour l'empire de Justinien et la Description de Georges de Gypre au temps de l'empereur Maurice. »
M. Longnon appuie l'argumentation de M. l'abbé Duchesne.
M. A. Boutroue, associé correspondant national, présente à la Société des Antiquaires de France la photographie d'armes conservées dans la sacristie de la grande mosquée de Kairouan. Gette photographie a été faite sur des clichés qui lui ont été envoyés par M. Monlezun, chef de bataillon du 4" régiment de tirailleurs indigènes et commandant d'armes à Kairouan. Il donne sur les armes quelques explications qui lui ont été, en grande partie, fournies par M. Giraud, conservateur du Musée archéologique de Lyon.
Ge trophée consiste en trois casques, accompagnés des débris d'une arbalète et d'une cotte de mailles.
Tous ces objets sont très ordinaires, sans aucune valeur artistique, et n'offrent quelqu'intérét qu'à cause du lieu où ils sont conservés.
On avait dit qu'ils pouvaient avoir été enlevés par les Sarrasins en 1270 sur les compagnons de saint Louis, ou bien en 1535 sur l'armée de Gharles-Quint, lors de son expédition contre Tunis.
Aucune de ces suppositions n'est fondée. L'arbalète et la cotte de mailles paraissent être de la seconde moitié du xvi« siècle; il en est de même d'un casque avec la pointe en ergot, connu généralement sous le nom de Motion pointu à VespagnolU^ qui a été en faveur dans toute l'infanterie à la même époque.
Des deux autres casques, Tun est une imitation lointaine et barbare de la baurguignoitey et l'autre une calotte de fer semblable à la secrète que mettaient les lansquenets sous leurs larges bérets et chapeaux tailladés ; à raison de sa hauteur, celle-ci doit avoir été portée d'une façon apparente. Elle pourrait être du xiv* siècle, mais on est surpris de ne pas voir les amorces on trous auxquels s'attachait la garniture de mailles qui devait couvrir les épaules et une partie du corps.
Ces casques ont coiffé des combattants d'un ordre inférieur, et rien ne les destinait à l'honneur excessif qui leur a été fait.
Suivant une tradition, des armes plus précieuses, prises sur les chevaliers de Tannée de saint Louis, auraient été suspendues aux murs de la grande mosquée; mais, si on doit ajouter foi à cette tradition, il faudrait supposer que ces armes ont été enlevées en 1881, lors de l'entrée de nos troupes à Kairouan, par de pieux musulmans, qui les auraient transportées à Tripoli ou les conserveraient chez eux jusqu'au jour où le départ des Roumis leur permettra de les suspendre de nouveau dans la mosquée sainte.
Séance du 30 Novembre.
Présidence de M. le comte de Lasteybie, président.
Ouvrages offerts :
Atti délie retde Accademia dei Lincet^ année GGLXXXIX,
classe di scienze morali, storiche e philologiche, série IV,
t. X, part. 2. Rome, 1892, in-4o.
Bulletin de la Société archéologique de Béxiers^ 2« série, t. XV.
Béziers, 1892, in-8o.
Rendiconti delîa reale Accademia dei Linceiy classe di scienze
morali, storiche e filologiche, série V, t. I, fasc. 9. Home,
1892, in-8*.
Revue africaine^ n» 206. Alger, 1892, in-8o. The architectural record, t. II, n« 2. New- York, 1892, in-8'. Barr Fbrree. Comparatioe architecture, New- York, 1892,
in-8o.
M. Michon, associé correspondant, lit un mémoire faisant suite à celui de M. Gh. Ravaisson-Mollien sur des socques à charnière de l'antiquité grecque et étrusque. Il cite particulièrement trois paires de sandales, dont Tune a été trouvée à Gevetri, la seconde en 1885 au lac Bolsena, la troisième à Mazabotto en 4888. Cette dernière, ayant appartenu à une jeune fille, est semblable à celle du Louvre, principalement par la charnière placée au milieu de la semelle en bois. Ces sandales, d'après M. Michon, étaient employées en Étrurie, mais surtout en Grèce.
Le mémoire de M. Michon est renvoyé à la Commission des impressions.
M. Guillaume, membre résidant, lit une lettre de M. Edouard Blanc, relative à ses voyages dans la Kashgarie, le Pamir et la Sibérie méridionale.
Séance du 7 Décembre.
Présidence de M. le comte de Lastbtrie, président.
Ouvrages ofiferts :
Annexes de» sciences psychiques^ 2* année, mai-juin 1892.
Paris, 1892, in-8».
Bulletin critique^ publié sous la direction de MM. Benrlier,
Duchesne, Lescœur, Thédenat. 13« année, n* 23. Paris,
1892, in-80.
— delà Société à! études des Hautes» Alpes ^ 2* série, n? 4. Gap,
1892, in-8«.
-^de la Société industfiêlle de Mulhouse^ novembre 1892.
Mulhouse, in-8*.
Renue mensuelle de r École d* anthropologie de Paris^ première
année, fasc. VII et X. Paris, 1891, in-S». Westdeutsche ZeiUchrift fut Geschichte und Knnst^ XI« année, no m. Trêves, 1892, in-8«.
Chevalier (Mgr CSasimir). Le plan primUif de Saint^Martin
de Tours, Paris, iii-8*.
SoiGNT (Adrien). Histoire des ordres dans V architecture.
Paris, 1892, m-4».
Pbou. Introduction au catalogue des monnaies mérovingiennes
de la Bibliothèque nationale. Paris, 4892, in-8». ScHMiDT. Herrade de Landsberg. S. 1. n. d., in-d^'. Vallette (René). La levée des foires concédées à Foussay par
Henri IV. In-8<».
M. S. Berger, en présentant l'ouvrage de M. G. 8chmîdt sur Herrade de Landsberg (s. 1. n. d., 59 pages), attire l'attention de la Société sur ce remarquable travail, tel que pouvait seul le faire le savant qui a consacré une vie de quatre-vingts ans à l'étude de la littérature et des monuments de TAlsace. C'est la monographie du célèbre Hortus delida* rum^ brûlé à Strasbourg le 24 août 4870. M. Schmidt conteste le nom de Landsperg à son auteur, Herrade, comme il a déjà enlevé à Erwin le nom de Steinbach. Ce livre est un exemple de ce que les Alsaciens ont su faire pour l'histoire de leur pays.
Élections.
L'ordre du jour appelle le scrutin pour le renouvellement du bureau et des commissions pour l'année 1893.
Sont élus :
Président : M. l'abbé L. Duchesne.
4*' vice'président : M. de Boislisle.
2* vice^résident : M. d'Arbois de Jubainville.
Secrétaire : M. E. Molinier.
Seerétaire'adjoint : M. Lecoy de la Marche.
Trésorier et Bibliothécaire^archiviste : M. Prou.
M. L. Courajod, membre sortant de la Commission des impressions, est réélu.
M. H. de Lasteyrie, président sortant, est élu membre de la Commission des fonds, en remplacement de M. 6. Schlumberger, membre sortant.
TrcoHWX.
Au nom de la Commission des fonds, M. C!orroyer lit un rapport favorable sur les comptes présentés par M. Guillaume, trésorier de la Société.
Des remerciements sont votés à l'unanimité au trésorier.
MM. Mûntz et l'abbé Duchesne posent la candidature de la comtesse Lovatelii, membre de l'Académie des Lincei, au titre d'associé correspondant étranger honoraire.
L'examen de cette candidature est renvoyé à la Commission administrative.
Au nom de la commission nommée à cet effet, M. Babelon lit un rapport favorable sur la candidature de M. Farcinet au titre d'associé correspondant national. On procède au vote, et M. Farcinet, ayant obtenu le nombre de suffrages exigé par le règlement, est proclamé associé correspondant national à la Roche-sur- Yon, Vendée.
M. Gollignon, membre résidant, présente la photographie d'une tète en marbre du Musée de Ghercheil, qui lui a été communiquée par M. Gauckler, inspecteur chef du service des antiquités à Tunis. Cette tète, trouvée dans les fouilles de M. Gauckler, est encore inédite ^ Elle offre une nouvelle et intéressante réplique d'un type bien connu, d'où dérivent la statue désignée sous le nom d'Apollon Choiseul-Gouffîer, celle du soi-disant Apollon sur TOmphalos, trouvée en 1862 dans le théâtre de Dyonysos à Athènes, celles du Musée du Capitole', enfin deux statues du Palais Torlonia et du Musée des Offices. Outre ces statues plus ou moins restaurées, on connaît aussi un certain nombre de tètes qui
1. La date de la trouvaille est trop récente pour que M. Waille ait pu sianaler ce morceau dans sa moDographie des monuments de ChercheU : De Caesareae monumeniiSy 1891. M. Gauckler se propose de le publier dans le Catalogue du Musée de Ghercheil, dont il a entrepris la rédaction.