Séance du 31 mai
406 CRIMINELS LIYRfe AUX BÊTB8.
prit, la plus simple en même temps, c'est que le potier a voulu représenter une exécution publique au milieu d'une venatio donnée en spectacle dans un amphithéâtre. Mais il faut prévoir une objection.
Si on examine une série de fragments sortis de la même fabrique locale, on s'aperçoit que chaque figure a été frappée à part sur le moule avec un poinçon spécial ; autant de figures, autant de poinçons ; c'est une règle qui ne souffre guère d'exceptions ^ Aussi, d'un vase à l'autre, le potier a-t-il pu varier de cent façons, au gré de sa fantaisie, les combinaisons de ses figures, sans chercher à composer une scène à l'aide des éléments disparates qu'il rapprochait. On peut donc se demander si dans nos scènes de supplice le potier a bien eu l'intention de représenter un sujet tiré de la vie réelle. Les poinçons distincts dont il s'est servi n'avaient- ils pas primitivement une tout autre destination? L'homme au poteau ne serait-il pas un Marsyas? la femme, une Andromède? Qui nous assure qu'ils aient le moindre rapport avec les animaux qui les entourent ?
Tout d'abord, l'usage de poinçons distincts, dans le cas présent, est hors de doute. Il suffit de parcourir l'atlas de Stichaner pour s'apercevoir qu'en effet chaque figure a bien été frappée à part, de telle sorte que le potier a pu ensuite l'isoler à son gré. Ainsi, l'Apollon revient sur plusieurs
4. Voyez Jamot, article Figlinum opus dans le Dictionnaire des antiquités de Baglio, p. 2029-2030.