Sittengesch. Roms, 6* éd., t. II, p. 406, note
2. Pour Westerndorf, voy. Stichaner, atlas, tab. XI; pour Paris, 7oy. Grivand de la Yincelle, Antiquités gauloises et romaines rwMeiUies dans Us jardins du palais du Sénat (Revue arehéologique, 1892, t. XX, p. 335 et 347).
AAO GRIVINELS LVnis AUX Bfenss.
tiones n'apparaît pas seulement sur des vases d'Ârezzo, mais encore sur des poteries d'un autre genre, dont la décoration n'a certainement pas été exécutée à l'aide de poinçons distincts. Telle est une lampe trouvée à Rome, décrite en 1 879 par le P. Bruzza et reproduite depuis dans plusieurs publications^. Tel est encore un médaillon de terre cuite conservé au Musée de Vienne (Isère) *. Si l'on compare ces deux objets aux fragments de vases que je réunis ici, on verra que de part et d'autre il y a identité complète dans l'attitude du supplicié et dans le groupement des principales figures. Dès lors, il faut bien admettre que nous avons affaire à un seul et même sujet qui ne comporte qu'une seule et même interprétation.
Il me parait tout à fait superflu de citer à nouveau, après Friedlaender et après bien d'autres, les nombreux textes qui peuvent nous éclairer sur les supplices des condamnés dans les venationes de l'amphithéâtre. Ici, tout est clair et parle de soi-même. Ce ne sont pas seulement les auteurs sacrés qui nous ont conservé le souvenir de ces
1. Dans de Rossi, Bull, di archeol. erist., 3« série, IV, p. 21, pi. m, 1 ; Saglio, art. Crux, fig. 2083, dans le Dictionnaire des antiquités ; Le Blant, De quelques monuments rela^ tifs à la suite des affaires criminelles, XV, dans la Revue archéologique, 3* série, t. XIII (1889), p. 23.
2. G. Lafaye, Supplicié dans Varène. Mélanges de l'École de Rome en l'honneur de M, de Rossi (1891). Voy. aussi V Amour incendiaire dans les Mélanges de Rome, 1890, p. 61 et pi. I.
CAlMlIfELS UYKÉS AUX BÊTES. 411
horribles coutumes ; ce sont aussi les auteurs profanes. Dans le Catalogue de l'Exposition de 1 867^ les femmes suppliciées, que Ton voit sur les fragments de Tours et de Paris, sont données comme étant € peut-être des chrétiennes^. » La palme placée à droite de la victime, sur le fragment de Tours, a sans doute contribué à suggérer cette hypothèse ; mais c'est là un ornement très ordinaire sur les monuments relatifs aux jeux du cirque et de Tamphithéâtre. Il est même douteux qu'il ait ici plus d'importance que les autres branches de feuillage semées dans le champ de la composition. M. Le Blant a montré que les artistes des premiers temps du christianisme avaient toujours répugné à représenter la souffrance humaine, même celle des martyrs^. Il faut donc voir dans nos fragments des productions d'un art tout profane et un souvenir des venationeSj où des condamnés de toute sorte, quel que fût leur crime, étaient jetés en pâture aux bêtes de l'amphithéâtre.
Que ce supplice fût infligé à des femmes aussi bien qu'à des hommes, c'est ce que nous apprend par exemple Apulée, sans qu'il soit nécessaire de recourir aux actes des martyrs. Â la fin du X"" livre des Métamorphoses y il raconte longuement l'aventure d'une femme € quae propter multiforme scelus