‹ Mémoires. 4Chapitre 89 sur 133 · Buàetin de 1891, p · texte numérisé non relu

Buàetin de 1891, p

3. Renan, Mission de Phénicie, notamment p. 404 et suiv., et passim.

da Fayoum, par M. Flinders Pétrie. Il en rapproche les témoignages empruntés aux sources égyptiennes et grecques, qui permettent d'établir des rapports entre les Achéens et rËgypte et de fixer la date de la civilisation mycénienne. M. GoUignon est invité à rédiger un mémoire sur ce sujet.

Séance du 3 Février.

Présidence de M. le comte R. de Lasteyrie, président.

Ouvrages offerts :

Annales de la Société d'agriculture^ sciences ^ arts et commerce

du Puy, t. XXXIV, 1878-1889. Le Puy, 1891, in-8o. Bulletin critique^ XIII» année, n<> 3. Paris, 1892, in-8<>. — delà Société départementale d! archéologie et de statistique

de la Drame ^ 100« livr. Valence, 1892, in-8o. Jahrbûcher des Vereins von Alterthumsfreunden im Rkeinlande,

91* livr. Bonn, 1892, in-8'.

Mémoires de la Société archéologique et historique de VOrléa-^

nais, t. XXIV. Orléans, 1892, in-8o.

Rot (Maurice). Œuvres poétiques de Christine de Pisan, t. II.

Paris, 1891, in-8«.

Travaux,

MM. Babelon, Gagnât, Prou et Bouchot lisent, au nom des commissions désignées à cet effet, des rapports favorables sur les candidatures au titre d'associé correspondant national de MM. Bordeau, Carton, Guerlain et Durand-Gréville. On passe au scrutin, et, chacun des candidats ayant obtenu le nombre de suffrages exigé par le règlement, le Président proclame MM. Bordeau associé correspondant national à Méru (Oise); le D' Garton, à Lille (Nord); Guerlain, à Amiens (Somme) ; Durand-Gréville, à Angers (Maine-et- Loire).

M. de Barthélémy, membre honoraire, résume en ces

termes les résultats qu'il pense avoir obtenus par l'étude des monnaies gauloises :

« Dans la Gaule méridionale, les plus anciennes monnaies sont en argent; elles procèdent, à Test, de Marseille, à l'ouest, de Rhoda de Tarraconaise et de la colonie Massaliète de Emporium. Le premier groupe se rattache au monnayage des villes grecques et a dû commencer au milieu du y siècle avant Tère chrétienne. Le second groupe, qui se rattache au monnayage de la Sicile, ne remonterait guère qu'au milieu du iii^ ; on y remarque l'apparition de quelques pièces en bronze chez les Volcae. La diffusion des monnaies imitées de Rhoda (celles-ci ne paraissent pas avoir été frappées pendant plus d'un demi-siècle) s'explique par les libéralités d'Annibal, qui, méditant, vers 220, d'envahir l'Italie en passant par la Gaule, se conciliait, à prix d'argent, la bienveillance des peuples dont il avait à traverser le territoire.

c Au commencement du u« siècle avant l'ère chrétienne, les statères en or de Philippe II, de Macédoine, pénétrèrent en Gaule par le commerce de Marseille, le grand entrepôt entre l'Orient et l'Occident. Marseille ne frappait que de la monnaie d'argent, mais se servait de la monnaie d'or étrangère avec les peuples chez lesquels ce métal était exclusivement en faveur. La plus ancienne et la plus active fabrication des imitations de statères macédoniens a été chez les Arvernes. Il est probable que c'étaient ces pièces que Luern, père de Bituitus, jetait à ses sujets lorsque, au ii« siècle, il sortait pompeusement sur son char.

t Au I*' siècle, l'apparition et l'établissement des Romains dans la Province fît connaître aux Gaulois de cette région les deniers d'argent de la République romaine, dans le sudest. Les deniers présentant une tête casquée de femme, et, au revers, un cavalier, avec différents noms de chefs, sont des copies des deniers romains au type des Dioscures, frappés chez les AUobroges, les Voconces et les Gavares. — Après la conquête de César et la soumission de la Gaule, on voit paraître, en dehors de la Province, des monnaies portant des ethniques ou des noms de villes qui sont frappées par les villes libres ou alliées.

« Dans le nord-ouest, le monnayage de Tor vient des Arveraes et par la Loire, que Strabon signale comme la voie commerciale qui conduisait chez les Venètes et chez les Nann^tes ; le type des statères macédoniens, déjà altéré chez les Arvemes, reçoit en Armorique des modifications importantes qui n'empêchent pas cependant de le reconnaître ; l'une des principales modifications est la tête humaine donnée à l'attelage du char; elle paraît avoir été employée dans le sud et à l'ouest de l'Armorique, à peu près depuis l'embouchure du Cher jusqu'à l'embouchure du Guer, près Ijannion. Dans l'Armorique septentrionale, les chevaux conservent leurs têtes naturelles ; ce fait est dû à ce qu'on y avait copié les statères venus par une autre voie commerciale, la Seine, qui, au témoignage de Strabon, aboutissait chez les Galètes et les Lexoviens. »

M. de Barthélémy espère trouver l'origine du monnayage de la Belgique, qui n'a aucun rapport avec celui du reste de la Gaule ; il y a là un fait curieux à signaler, c'est que les monnaies de la rive droite de la Seine ne se trouvent pas, et réciproquement, sur la rive gauche. M. de Barthélémy croit qu'il pourra établir que les monnaies d'or des Abrincatui, des Unelli, des Lexovii, auxquels il faut joindre les Baiocasses, transportées en Bretagne par le commerce, furent l'origine du monnayage breten; que celui-ci, par un commerce actif avec les populations de la Belgique, établit dans cette région l'usage de la monnaie d'or, à une époque relativement récente.

Séance du 1 0 Février.

Présidence de M. le comte de Lasteyrie, président.

Ouvrages offerts :

Atii délia reale Accademia cf«t lAncei^ 4« série, t. Vil, 12* fasc.

Rome, 4894, in-4*.

BnUeiin de la Société archéologique de l'Orléanais ^ 2« trim.

de 1891.

— (itf 2a Société d'étudee des Hautei-Alpes, janvier 1892.

BuUeHn de la SoeUté màustrielle de MtOkaun, janvier 1892. Gebmain (Léon). La tombe de dom Didier de la Caur^ prieur

clauitral de Saint-Vanne. Nancy, 1891, in-8*. — Les Briot et la famUie de Pierre Woeiriot. Nancy, 1891,

in.8«.

Travaux.

La Société décide qu'elle échangera ses pablications avec la Société d'anthropologie de Vienne.

M. Pron, membre résidant, lit an travail intitulé : Les wtomuûes dans les lois salique et ripuaire. 11 établit que l'usage des deniers est plus ancien chez les Francs que celui des sous d'or. Il pense que les deniers, mentionnés dans la loi salique et comptés à raison de quarante au sou, sont les anciens deniers romains, taillés sur le pied de quatre-vingtseize à la livre d'argent. Il admet que le sou de la loi ripuaire est le môme que celui de la loi salique. Mais il cherche à démontrer que le titre XXIII et le § 12 du titre XXXVI de la loi ripuaire ont été ajoutés à la rédaction primitive seulement à la fin du viii« siècle. Dans ces passages, le sou est évalué à douze deniers. Le compte du sou à douze deniers n'apparaît qu'au vui* siècle. Ces deniers sont différents de ceux auxquels les rédacteurs de la loi salique avaient fait allusion. Vers la môme époque, le sou cesse d'ôtre une monnaie réelle pour devenir une monnaie de compte.

M. Gourajod, membre résidant, au nom de M. Alex. Bar* trand, présente les fac-similés de deux fibules mérovingiennes en or, de très beau style, découvertes à Baslieux (Meurtheet-Moselle), et acquises récemment par le Musée de Saint- Germain.

M. G. Bapst, membre résidant, fait observer que le décor de ces fibules prend son origine dans les dessins des objets les plus usuels, tels que ceux de la vannerie.

M. le baron de Baye, membre résidant, remarque que les oiseaux représentés sur les objets mérovingiens paraissent imités de ceux qui décorent certains monuments découverts dans la Russie méridionale.

M. Darrieu, membre résidant, ajoate que les maauEcrits permettent de ramener ces objets exclusivement à la période mérovingienne.

M. Héron de Villefosse, membra résidant, présente la pbotographie d'une statuette d'Ëpooa, en terre cuite, découverte

Slatitetle de la déase Epona.

par notre confrère M, Paul du GhâteiUer, à la station de la Tourette, sur le sommet du mont Frugy, qui domine la ville de Qoimper. On sait que plusieurs statuettes en terre culte ont été déjb découvertes snr ce point*.

La déesse est assise de côté sar un cheval bridé ; elle repose sur le côté droit de ranimai. Vêtue d'une longue robe, serrée à la taille, qui la couvre entièrement, elle tient de la main droite une patère à ombilic et de la main gauche un vase à versety une sorte d'oenochoé. Ses cheveux sont disposés autour de sa tôte en bandeaux très épais et assez élevés. Le cheval, dont les jambes et la queue sont brisées, a l'apparence vigoureuse des chevaux gaulois ; il porte une crinière qui semble tressée, tant elle est régulièrement disposée.

Cette terre cuite est analogue à celles qui ont été découvertes en Bourbonnais et publiées par Edm. Tudot^; le Musée de Saint-Germain en possède plusieurs du môme type, mais la plupart sont en assez mauvais état. Sur Texemplaire de M. du Ghâtelliery intact dans ses parties essentielles, il faut observer que la déesse, au lieu de la corne d'abondance, porte de la main gauche un attribut qui ne lui est pas ordinaire; c'est le vase à verser, accompagnement naturel de la patère placée dans la main droite. Cette particularité est digne d'attention.

En Bourgogne, et notamment dans les environs d'Autun, on a découvert un certain nombre de petits bas-reliefs en pierre qui représentent la déesse Epona dans la môme posture, mais elle est placée sous une sorte de niche arrondie. Quelquefois la monture de la déesse est accompagnée d'un jeune poulain. Plusieurs de ces monuments sont reproduits dans un ouvrage récent de nos confrères MM. Bulliot et ThioUier».

Ces sculptures bourguignonnes sont anépigraphes, de sorte qu'il est impossible de les considérer comme des ex-voto provenant d'une chapelle ou d'un temple, les offrandes de ce genre portant ordinairement le nom du consécrateur. Ce sont des images de la déesse qui étaient placées dans les écuries de la contrée, pour préserver les animaux de tout danger. Epona était par excellence la divinité protectrice des chevaux.

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