‹ Mémoires. 4Chapitre 94 sur 133 · F. A P[AR]IS PS LA PORTE 8^ MICHEL P. LE MOYNE TUBIER · texte numérisé non relu

F. A P[AR]IS PS LA PORTE 8^ MICHEL P. LE MOYNE TUBIER

Nul doute que ce Le Moyne ne soit Jean Le Moine. Ge monument confirme l'hypothèse que M. Prou avait proposée, que Jean Le Moine était parent de Nicolas Le Moine dont on trouve la signature sur une pierre tombale de la Ville-da« Bois en 1563, puisque nous voyons que Jean et Nicolas Le Moine habitaient tous deux c près la porte Saint-Michel. >

M. Prou communique ensuite un fragment dUnscription latine du moyen âge :

c Ge fragment est aujourd'hui en la possession de M. de la Tour, percepteur à Montargis, qui l'a recueilli à Bonny-sur- Loire (arr. de Gien) en octobre 1866. La pierre sur laquelle est gravée l'inscription avait été employée comme moellon dans les fondations du mur de la cour de l'école de garçons, mais la première ligne dépassait. M. de la Tour obtint du

maire l'autorisation de la faire enlever, à la charge de la remplacer par une antre.

« Les matériaux qui avaient servi à la construction du mur provenaient, parait-il, des démolitions d'une vieille église. Cette vieille église devait être celle du prieuré qui existait à Bonny avant la Révolution et dont le principal corps de bâtiment fut détruit vers 1850 ^

c Cette inscription latine appartient au moyen Age.

« Son intérêt est uniquement paléographique. Elle pré^ sente un mélange de caractères latins et grecs. L'usage de ces derniers caractères pour écrire le latin n'est pas un fait rare dans les manuscrits et les chartes du moyen âge. C'était surtout dans les souscriptions que les scribes aimaient à faire parade de leur connaissance de l'alphabet grec. M. Cuissard a cité plusieurs manuscrits latins de Tabbaye de Saint>- Benoit-sur-Loire, du ix* au xi* siècle, où l'on rencontre des souscriptions moitié en lettres grecques, moitié en lettres latines*. Dans plusieurs chartes de Tours, du x* siècle, le nom de Tarchevéque Téotolon est écrit dT)aiOtt>X(o 3. D'autres exemples analogues ont été réunis par M. Le Blant^. Le mot Jmen est souvent écrit en caractères grecs dans les chartes de la fin du xi* et du commencement du xn* siècle. Citons un diplôme de Philippe I«', de Tan 1060, pour l'abbaye de Marmoutiers', une charte de Robert de Sablé, portant donation à la même abbaye, confirmée en 1067 par le même roi*, une charte de Sophie, comtesse de Bar, du 28 no-

1. L'abbé Patron, Recherches hUUniques sur V Orléanais, t. II, p. 493.

2. Voyez Cuissard, V Étude du grec à Orléans, dans Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XIX, p. 674 et saiv.

3. Gh. de GrandmaisoD, Fragments de chartes du X* siècle pro' venant de Saint-Julien de Tours, n- I (an 927), III (940), VI (942), VU (943), VIII (943), dans Bibliothèque de V École des chartes, t XLVI (1885), p. 384, 393, 400, 404, 409.

4. Le Blant. Mémoire sur Vautd de l'église de Minerve, dans Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XXV, p. 12.

5. Copie du zYm* siècle où la sonscription est fac-simiiisée; Bibl. nat., ms. lat 5441^, p. 101.

Page 1