‹ Mémoires. 4Chapitre 95 sur 133 · Original aux Archives dlndre-eULoire, H · texte numérisé non relu

Original aux Archives dlndre-eULoire, H

vembre 1091 S enfin, une bulle de Pascal II du 4 avril 1117>. L'introduction de lettres grecques dans des inscriptions latines est moins fréquente. Je ne saurais, pour ma part, en citer qu'un exemple : c'est le nom d'Eureticus^ relevé par M. Le Blant sur l'autel de l'église de Minerve, et où l'R est rendu par un P grec^.

c La lecture de l'inscription de Bonny présente de grandes difficultés, qui résultent d'abord de son état fragmentaire, puis du grand nombre de lettres enclavées, et, enfin, du fait que je n'ai pu m'en procurer qu'une photographie et pas d'estampage. J'ai cru toutefois utile de la signaler, laissant à d'autres le soin d'en pousser plus loin l'étude.

[Hic] ja cent

ta pia martirum membrla]

.... xamdri a pebe ....

. . . . o sanctor . . . manu . • .

ice . . nenti necne f . . [Sam\niiani Potenciani Cjfrici par . .

airit /* . . . Fdicis p . .J

epi Eugenieq[ue]

a La lecture de la première ligne ne présente aucune difficulté. Le mot jacent indique que nous possédons le commencement de l'inscription. Sans doute, il était précédé du mot Hic ou de quelque formule de môme signification comme In hoc tumulo. On remarque un espace vide entre les deux syllabes du mot jacent. Cet écartement a dû être nécessité par un nœud de la pierre.

c A la seconde ligne, nous lisons facilement pia vMrtirum menibr[a].

« A la troisième ligne nous relevons deux caractères grecs,

1. Original aux Archives de la Meuse: fac-similé dans le Musée des Archives départementales, n* 27, pi. XIX.

2. Original aux Archives de l'Aube ; fac-similé dans le Musée des Archives départementales^ n? 32, pi. XXII. Dans cette balle, le mot Amen, répété trois fois à la fin des formules comminatoires, est écrit la première et la troisième fois en caractères latins, la deuxième fois seulement en caractères grecs.

3. Le Blant, Mémoire sur l'autel de Véglise de Minerve^ dans Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XXY, p. 12.

un fit consistant en denx ) ( reliés par une traverse^ et un n. Le premier mot parait être xamdria pour xanJria. Cependant l'a final est très éloigné de Vi; ne conviendrait-il pas de lire xandri (Aîexandri) et de rattacher l'a au mot suivant? Mais celui-ci est très incertain. Nous voyons IIEBE///. Que signifie nEBE ou AIIEBE ?

« Â la quatrième ligne nous distinguons d'abord un 0, puis les lettres G A )-(. Vient ensuite un caractère singulier où nous croyons retrouver le monogramme dOR. Si nous rapprochons tor du groupe G A )-( et que nous considérions le G comme un sigtna et r)-( comme la ligature de )- =: V>, nous obtenons le mot GA)-GdOR pour scmctorum, A la suite desanctorvM^ un caractère indéterminé, sorte dl suivi d'un Z, puis très nettement le mot manu^ c'est-à-dire manum ou mamts.

c A la cinquième ligne nous distinguons les lettres IGE///- NENTI et )-EENE F, c'est-à-dire necnef...

c La sixième ligne noas donne [Sam]nianij Potenciani, Cyrici, Après Cyrici vient PAP ou PAR. On^ourrait proposer de voir dans Par le commencement de 'parenttm synonyme de matrem et rétablir Cyrici parentisque suae JuîUtae.

« Les premiers et derniers caractères de la septième ligne ne donnent rien de satisfaisant. Mais au milieu on lit le nom de Felicis avec un $ initial.

c Le commencement de la huitième ligne a résisté à tous les efforts que j'ai faits pour la lire; mais il faut dire que la photographie n'est pas nette à cet endroit. De plus, il semble que le lapicide ait serré ses caractères comme s'il avait craint de manquer de place ; ce qui paraît indiquer que nous possédons la dernière ligne de l'inscription. A la fin, je lis Epi pour episcopi^ encore qu'il n'y ait aucun signe abréviatif au-dessus de ces trois lettres. Et enfin Eugenieq[ue], Le g d'Eugénie est représenté par un F lié à l'V qui le précède.

1 . Le |i a BoaTent cette forme dans les manuscrits grecs écrits en Occident an moyen Age, spécialement dans le mot Amen^ dans les chartes des xi' et xii* siècles citées plus haut.

2. Cette forme du v correspond à celle du |i signalée dans la note précédente.

« Nou8 nous trouvons donc en présence d'un catalogue de reliques, ou plutôt du titulus^ d'une sorte de mariyHMm où avaient été réunis les membres d'un certain nombre de saints. Les seuls saints dont nous puissions lire les noms sont saint Savinien et son compagnon saint Potencien, saint Gyrice, saint Félix et sainte Eugénie.

i Quant à la date de cette inscription, elle nous parait, en raison de la forme des caractères, pouvoir être fixée au XI* siècle. »

M. Mûntz, membre résidant, démontre que Léonard de Vinci a quelquefois emprunté ses modèles à l'antiquité; son architecture procède de Tordonnance des ordres antiques et il a, du reste, souvent recours à Vitruve. Dans un tableau, La bataUU d'Jnghiari^ il a reproduit un cheval se cabrant qui se trouve sur un camée antique; dans la rue de Sainte- Marie-aux-Gràces, un des apôtres, de profil, est également la reproduction d'un buste de Lucius Verus.

M. Mûntz présente ensuite une médaille d'Elisabeth de Gronzague, duchesse d'Urbin, dont les traits ont une grande analogie avec ceux de la femme reproduite dans le tableau connu sous le nom de « la belle Ferronnière. »

M. de Villenoisy, associé correspondant national, présente une bulle en plomb inédite, détachée de son acte et acquise en 1891 par la Bibliothèque municipale de Grenoble. Autour d'un buste d'évéque, crosse et mitre, on lit : f EPISGOPVS : GROPOL' : ; au revers : DALPHINV8 : VIEN + : autour d'un écusson portant un dauphin.

M. J. Roman, associé correspondant national, communique un sceau de Guillaume de Vergy, seigneur de Mirebeau, de Bourbonne et Fontaine-Française, quatrième gouverneur du Dauphiné après la réunion de cette province à la France; pourvu par lettres royales du 3 octobre 1356, il mourut après le 13 juin 1360; son successeur Raoul de Loupy fut nommé le 7 octobre 1361. Ce sceau, plaqué à une lettre du gouverneur, a été récemment découvert dans les archives de

llsère; c'est le seul exemplaire connu, et il complète la descriptioD des sceaux des gouverneurs du Oauphiué que l'on a bien voulu insérer dans les SUmoirtt de* Antiqtutiru de FratKe.

Scecut de Guillamae de Vergy.

Voici U description : trèfle ou fleur de lis : 8. GVILL...

LOCVTE : DALP. VIEN. Écu de Vergy de gueules

à trois quintefeniUes d'or à la bordure d'argent, accompagné par trois dauphins, sur un champ semé de fleurettes et dans un encadrement composé de trois angles et de trois hémicycloïdes alternés. Cire rouge.

Séance du 2 Mars.

Présidence de M. l'abhé Docheshb, 1" vice-président.

Ouvrages offerts :

Andecta Boliaitdia»a, t. X, 3* fasc. In-8*.

AimaUn det Vtreint fur Noi*. AUerthanitkitnde ii»d Ge-

aelùeAUfoncAwig. Wiesbaden, vol. IX à XXIU, 186S-

BuUetin de la Société de Borda^ XVP année, oct.-déc. 1891. In-go.

— de 2a Société de» Antiquaire» de Picardie, 1891, n~ 2 et 3. In-8^

— de la Société tcientifique, hietorique et archéologique de la Corrète^ t. XIII, 4* livr. 1891. In-8».

We»tdeut»che Zeit»chrxfi fur Ge»chichte und Kun»t, X* année,

4* livr.

Deloghe (M.). Saint-Remy de Provence au moyen âge, Paris,

1892, in-4^ Paoart d'Hermansart. Inventaire des relique»^ joyaux et ome^

ments de la chapelle de Nolre'Dame'd&s-Miracle» à SairU^

Orner, en 1559. Iq-8o.

Sghlumberger (Gustave). Un ivoire byutntin du IX^ eiècle,

repréeentant le couronr^ement de Ventpereur d'Orient Léon VI.

Paris, 1892, in-4*. (Extrait de la Gazette de» heaux^arl».)

Travaux,

M. Roman, associé correspondant national, présente deux fibules trouvées dans le département de Tlsère, où les objets de ce genre sont rares. L'une est en forme d'arbalète; l'autre, en forme de disque, est ornée de verroteries, de nacre et de perles.

M. l'abbé Ducbesne, membre résidant, lit un mémoire sur la légende de saint Martial et de sainte Valérie et discute les textes les plus anciens qui relatent le martyre de celle-ci. Étant fiancée, sainte Valérie fit vœu de chasteté et fut tuée par son fiancé, qui se convertit ensuite et fut enterré auprès d'elle dans la crypte de saint Martial, ap6tre du Limousin. M. l'abbé Ducbesne pense que cette légende dérive de monuments réels. Les tombeaux de sainte Valérie et du duc Etienne ont été vus bien avant le temps où le légendaire écrivait.

M. Durand-Gréville, associé correspondant national, fait la communication suivante sur les fresques antiques de la Farnésine :

« M. Fr. Lenormant a publié, dans la Revue archéologique

de 1883, la reproduction de deux des nombreuses petites peintures antiques au trait, trouvées sous les jardins de la Far^ nésine en 1879. L'une est au trait rouge; le trait de l'autre est bistre. D'après Fr. Lenonnant, un certain nombre d'autres sont au trait noir. On peut, dès à présent, affirmer avec quelque vraisemblance que toutes ces peintures étaient dessinées au trait noir et que quelques-unes ont tourné plus ou moins complètement au jaune ou au rouge comme le décor de beaucoup de vases grecs. Notre hypothèse demande à être vérifiée par un examen nouveau et attentif de ces peintures. Si Ton trouve, dans certaines de ces fresques, des parties brunes, jaunes ou rouges, avec les nuances intermédiaires et du noir sur les points où le trait était le plus épais, la question sera tranchée en faveur de Thypothèse d'un noir primitif plus ou moins surozydé par l'action de l'air humide. »

M. Germain Bapst, membre résidant, entretient la Compagnie des ballets royaux au xvi« siècle; on conserve au Musée du Louvre et à la Bibliothèque nationale plusieurs recueils relatifs à ces ballets.

M. Héron de Villefosse, membre résidant, communique, de la part du R. P. Delattre, le texte d'un fragment d'épitaphe trouvé à une centaine de mètres du cimetière des offlckUes dans le terrain qui limite au nord celui de Bir-el- Djelbana :

leGlllAug •

SBOLTrooie

annù H • 8 • E •

La partie supérieure des lettres de la première ligne est brisée. C'est probablement l'épitaphe d'un soldat de la in« légion ayant fait partie de la cohorte détachée à Garthage pour le service du proconsul et mort pendant son séjour dans cette ville.

Séance du 9 Mars.

Présidence de M. l'abbé Dughesne, i*^ vice-président.

Ouvrages offerts :

AmiMaire de la Société Hatchéologié de BruxeUee^ 1892. Ia-8*. BuUeHn critique, XIII* année, n« 5. Paris, 1892. In-8o. ^^ delà Société archéologique éP Eure-et-Loir, n* 197. Chartres, 1892, in-8*.

— de la Société archéologique du midi de la France, n* 8. Toulouse, 1891, in-8*.

— historique de la Société des Antiquaires de la Morinie, t. Vm, 160« livr. Saint-Omer, 1892, in-8o.

Bullettino di archeologia cristiana del commandalore G.-B. de

Rossi, 5« série, 1891, n» 1.

Journal des Savants, janvier-février 1892. In-4o. Korrespondenxblatt der WesdeutschenZeitschriflJur Geschichie

und Kunst, janvier 1892.

Mémoires de V Académie des sciences ^ inscriptions et hetles-

lettres de Toulouse, 9« série, t. m. Toulouse, 1891, in-8«. ^^ de la Société d'archéologie lorraine, t. LI. Nancy, 1891,

in-8».

Du Ghatellibr (P.). Vase trouvé dans un tumulus à Saint-Pol-

de-Léon. Paris, 1891, in-8*.

Fbossaro (Gh.-L.). Archéologie contemporaine : les instru'

ments du filage à la main usités dans le Bigorre. Bagnéres-

de-Bigorre, 1891 , in-8®.

PiGKERiNO (Charles). Chronological history of plants. Boston,

1879, in4'.

Rby (G.-E.). Étude sur le procès des Templiers. Arcis-sur-

Aube, 1891, in-8*.

Taillebois. Une inscription gallo-romaine trouvée à Vanden

château de Dax, 1892. In-8o.

Venn (John). The register ofhaptisms, marriages and burials

in S^'MichaeVs parish, 1538-1837. Cambridge, 1891, in-8o. WiTTE (Alph. de). Deux jetons à Veffigie de Don Carlos, fils

de Philippe II, roi d^ Espagne. Paris, 1891, in-8<>.

Correspondance*

M. le docteur Carton adresse ses remercieinents à l'occasion de son admission aa nombre des associés correspondants nationaux.

Trawxttx,

M. Frossard, associé correspondant national, lit la note suivante :

c Dans les Basses-Pyrénées, à Mnneir-Sainte-Gladie, j'ai vu une hourcero formée d'un huet, rameau de cornouiller sauvage de 0"50 de long dont trois rameaux, partis à la même hauteur, étaient rattachés en bouquet au moyen d'un liguet.

c Autrefois les pasteurs filaient la laine en gardant leurs troupeaux ; ils se servaient d'un grand fuseau et toum. L'acte de travouîUer (tourdoulha) ou se servir du couseeyé se dit : tovLrdMulh^ d'où le proverbe moral : Lou Diable qu^a peu dou tourdaulh : le diable a peur du travouU ou le travail préserve la ménagère de la tentation. L'ancien usage en Bigorre veut que, si le premier-né de jeunes époux est une fille, un des voisins, dont le premier-né a été un garçon, vienne déposer sur le berceau une quenouille garnie de lin attaché par une faveur et munie de son fuseau; l'enfant est dit : u eharpanii é d^estoupo ou Bouhe-houec. Cet usage se pratique encore à Lutilhous, canton de Lannemezan, et ailleurs.

f Au commencement du siècle, les filles commençaient à filer dès Tàge de six ans, et l'on comptait à Saint-Pé (Hautes- Pyrénées) plus de 800 fileuses pour la fiibrication de la toile qui occupait 130 tisserands, i

Il est donné lecture de la communication suivante, adressée à la CSompagnie par M. l'abbé Guichard, associé correspondant national, sur des sépultures fouillées par lui à Grozon (Jura) :

c Vers la fin de l'année dernière, un cultivateur de Grozon, en extrayant de la pierre d'un murger situé sur un mamelon qui domine le village à l'est, mettait à découvert Pextrémité d'un sarcophage. Prévenu aussitôt, je me hâtai d'aller sur les

lieux. La saison avancée ne me permit point d'entreprendre le déblaiement, et je dus attendre le dégel.

c Le 3 mars, je m*y transportai de nouveau, accompagné de mon escouade de fouilleurs, et j'attaquai le murger.

« C'était une espèce de tumulus, composé d'un amas de pierres brutes recueillies sur le sol environnant, de moellons, de tuileaux, de plâtras et d'une terre végétale noirâtre présentant l'aspect de la cendre. Des buissons d'épines et des broussailles avaient poussé leurs racines â travers les pierres et recouvraient le tumulus d'une épaisse végétation.

c Ce tumulus se trouve situé au point culminant d'un coteau, planté de vignes de chaque côté, et dont la crête inculte, longue d'environ 300 mètres, est couronnée d'un long alignement de pierres qui semblent provenir du défrichement des terrains avoisinants. Ce coteau, qui porte le nom de Champeau, domine le village de 70 mètres et va en s'inclinant jusqu'aux maisons du quartier voisin. Le chemin de fer coupe la pente du côté est, laquelle s'étend en pente douce jusqu'à une plaine marécageuse semée d'étangs et de bouquets de vemes.

« Nous commençâmes à dégager le sarcophage, déjà découvert par un bout, et je vis qu'il avait été violé à une époque ancienne. Le couvercle était cassé et avait été remis en place sans attention, de sorte que la terre avait pu pénétrer à l'intérieur, où les ossements gisaient pôle-méle et sans ordre.

f En déblayant plus loin, nous rencontrâmes bientôt la paroi d'un second sarcophage, oontigu et semblable au premier. Ces sarcophages sont taillés tout d'une pièce dans des blocs d'oolithe tendre et friable. On distingue à l'intérieur les traces du ciseau qui les a creusés. Us avaient des couvercles massifs, bombés, légèrement évidés à l'intérieur, taillés en arête. Les cercueils, longs de i™90, plus larges à la tête qu'aux pieds, portent à la hauteur des hanches deux échancrures creusées dans l'épaisseur de la paroi , apparemment pour loger les coudes.

c A côté de ce sarcophage, au même niveau et parallèlement placée, je trouvai une autre sépulture, déterminée d'un

côté par le sarcophage lui-môme, de l'autre par un petit mur à mortier, haut de 0»35, à un seul parement, le tout formant cercueil et clos à chaque extrémité par un bout de mur. Il y en avait trois semblables Juxtaposés, et dont les murs étaient mitoyens. Ces trois sépultures en maçonnerie, ainsi que les deux sarcophages massifs, sont orientés, comme les corps qu'ils contenaient, de l'est à l'ouest.

a Trois ouvriers, qui pendant ce temps-là travaillaient du côté sud du murger, ne tardèrent pas à mettre à jour de petits murs semblables aux précédents, lesquels renfermaient deux autres sépultures perpendiculaires aux précédentes et dont les corps étaient par conséquent orientés du nord au sud. Enfin, en poursuivant le défrichement, il se trouva une autre tombe, également en maçonnerie et orientée du nord au sud. L'exploration du pourtour n'en a pas révélé d'autres.

a Ces sépultures, qui ont été violées, ont perdu la plus grande partie de leur mobilier funéraire. Yoici la liste des objets que les violateurs avaient oubliés ou négligés :

c Quelques fragments de poterie jaune.

« Une lame de couteau ployée. — Un fond de vase noir. — Une monnaie gauloise placée entre les doigts de la main droite; cette monnaie, assez fruste, en bronze coulé, est au type des pièces que l'on trouve le plus souvent en Franche- Comté.

a Fragments de poterie noire. — Clous. — Une plaque de fer légèrement recourbée en forme de calotte sphérique (fragment de casque ou de bouclier?).

c Un fond de vase en terre jaunâtre, émaillé ou vernis de blanc à l'intérieur.

a Les trois dernières sépultures n'ont rendu aucun objet.

a L'un des crânes mesurait 0™007 d'épaisseur, et les tibias et fémurs accusaient un homme de forte taille.

c n semble qu'on serait autorisé à voir dans cet assemblage une sépulture de famille avec la domesticité.

a Outre les tombeaux renfermés sous ce tumulus, on a déjà découvert, autour du point fouillé par moi, plusieurs sépultures sur les deux pentes du mamelon. Dans l'une, à l'est, on trouva trois corps déposés à même la terre sur le

fonds rocheux. A côté de l'un d'eux était une épée de grande dimension, qui se brisa au simple toucher. A l'ouest, en fouillant pour faire un canal, on mit à découvert une longue tranchée remplie de squelettes. Enfin, au nord, en faisant sonder le terrain, je relevai à O^SO deax autres corps ayant la tête appuyée contre de grandes pierres debout et orientés du nord au sud. »

Séance du 1 6 Mars.

Présidence de M. le comte de Lasteyrie, président.

Ouvrages offerts :

Archiv fur œsterreichische Geschichte^ t. LXX VI ; t. LXXVII,

!•' fasc. 1890-1891.

Atti délia reàle Accademia ddle scienxe di ToHnOy t. XXYII,

!•' et 2^ fasc. 1891-1892.

Bulletin archéologique et historique de la Société archéologique

de Tam-et-^aronne^ t. XIX, 1891. Montauban, in-S®. ^'dela Société historique et archéologique du Périgordy t. XIX ,

1»« livr. Périgueux, 1892, in-8*.

Fontes rerum Austriacarum, Œesterreichische Geschichts-quel-'

len, Diplomata et acta^ t. XLV. Vienne, 1891, in-8*. Mémoires de T Académie nationale des sciences^ arts et belles^

lettres de Caen, Gaen, 1891, in-8<>.

Revue de la Société des Études historiques^ 4* série, t. IX.

Paris, 1891, in-8«.

Sitxungsherichte der kaiserlichen Akademie der Wissenschafîen^

Philos, histor. Classe, t. GXXU et GXXm. Berlin, 1890,

in-8o.

Bâte (baron J. de). La bijouterie des Goths en Bussie. Paris,

1892, in-8-.

Mazerolle (F.). Nicolas Briot^ médaUleur et mécanicien. In-8<>. Petit (Ernest). Raoul Glaber. Paris, 1892, in-8«. PiLLOY (J.). Études d^anciens lieux de sépultures dans FAisne^

2« fasc. Saint-Quentin, in-8*.

M. de Barthélémy, membre honoraire, dépose sur le bureau

au nom de M. Pilioy, associé correspondant à Saint-Quentin, un nouveau fascicule de Touvrage entrepris par lui sous le titre de Études tur d^aneiem lieux de sépultures dans F Aisne, et s'exprime en ces termes :

« Cette publication est fort intéressante parce qu'elle contient des observations soigneusement faites à la suite de fouilles exécutées avec méthode ; de plus, elle est accompagnée de planches d'une grande fidélité ; je n'ai pas à insister sur le talent de M. Pilioy comme dessinateur.

« Vous vous rappelez que, dans le premier fascicule, notre correspondant a étudié les cimetières de Prémont, Lucy-Ribemont, Remaucourt, Montigny-en- Arronaise ; il a étudié certains objets dits « plaques ajourées crucifères, i dans lesquelles il propose de voir un ornement destiné, pour les femmes, à un usage analogue à celui des modernes châtelaines ; il y décrit aussi, avec une reproduction très exacte, le mobilier militaire très riche d'un tombeau attribué par lui à un chef franc de la seconde moitié du iv« siècle.

c Dans le second fascicule, M. Pilioy décrit une sépulture de l'âge de la pierre polie, â Rouvroy, le cimetière d'Essignyle-Petit, attribué par lui â l'époque carolingienne, et les cimetières de Yermand, qui seraient du rv^ siècl& Dans ceux-ci, les vases en verre étant très abondants, M. Pilioy a étudié l'histoire du verre et de sa fabrication en France et sur les bords du Rhin, particulièrement en Belgique; il a résumé les travaux de ses devanciers et présenté ses observations personnelles. — On peut discuter certaines conclusions de notre correspondant ; en pareille matière, personne n'est infaillible, et l'archéologie de cette époque est encore â l'étude ; mais on doit rendre hommage au zèle de M. Pilioy, à l'exactitude scrupuleuse de ses observations et â la fidélité de ses dessins. »

Travaux.

M. Femand MazeroUe, associé correspondant national, expose que, contrairement à Topinion généralement admise, Nicolas Briot ne fut pas l'inventeur du balancier et que cet

— uo —

instrument était connu en Allemagne dès la première moitié du ZYi* siècle :

« 8ur Tordre du roi Henri U, un de ses valets de chambre, Guillaume de Marillac, était allé en Allemagne acheter à rinventeur le secret de ce procédé de fabrication. En même temps que le balancier, furent établis à Paris, à la Monnaie du Moulin, des coupoirs ou emporte-pièce et des laminoirs mus à Taide d'une roue de mouZiti, d*où le nom donné à la nouvelle monnaie. Les monnaies obtenues à cette époque avec ces divers instruments sont d'une frappe excellente. Ce ne fut que par suite de l'opposition systématique de la Cour des Monnaies que le balancier ne servit, jusqu'au milieu du xvn« siècle, qu'à la fabrication des médailles, des jetons et des menues espèces ; les monnaies continuaient à être frappées comme auparavant au marteau.

« Au commencement du xvn« siècle, Nicolas Briot voulut établir en France, pour la fabrication des monnaies, un procédé, alors en usage en Allemagne, qui avait le grave inconvénient de rendre les monnaies ovales et cambrées. Il ne put remédier à ces défauts et se vit débouter de ses propositions. D'ailleurs, ses tentatives méritaient d'être condamnées d'avance, car, si à cette époque la €!our des Monnaies avait voulu faire fabriquer mécaniquement les monnaies, elle n'aurait eu qu'à employer les balanciers de la Monnaie du Moulin.

ff Nicolas Briot se rendit compte de l'inutilité de ses propositions, car, en 1625, lorsqu'il quitta la France pour aller en Angleterre, il établit à la Monnaie de Londres le système du balancier, tel qu'il fonctionnait à la Monnaie du Moulin à Paris.

« Ainsi, Nicolas Briot, loin d'être un inventeur, ne fit que s'approprier successivement deux procédés déjà connus à son époque, l'un, très défectueux, celui qu'il voulait faire adopter par la Cour des Monnaies, l'autre, très perfectionné, celui de la Monnaie du Moulin. »

M. Yauvillé, associé correspondant national, fa^ une communication au sujet de fouilles exécutées à la « Cité de Limes, » près de Dieppe, sur laquelle il prépare un mémoire.

M. Charles Ravaisson-MoUien, membre résidant, expose que quelques coiffures des statues de style archaïque ont été mal interprétées, par exemple celle de TApollon de Piombino. En effet, les cheveux de ce bronze, acquis par le Musée du Louvre en 1834, ont été constamment décrits comme se relevant au-dessus de la nuque et ornés, à leur partie inférieure, d'une rosette. Or, ils sont en réalité séparés, coupés au-dessous d'un anneau qui les serre, et on voit là, au lieu d'une rosette, quatre terminaisons de mèches analogues aux boucles du front, dont deux appartiennent à la masse principale de la coiffure et deux à la partie supérieure qui va passer sur le strophion.

M. l'abbé Duchesne, membre résidant, signale une découverte très importante.

M. l'abbé de Baint-Gérand , curé de Tipaza (Algérie) , a fouillé, auprès de cette ancienne ville romaine, une basilique chrétienne dont le pavé contient plusieurs inscriptions en mosaïque. L'une d'elles est l'épitaphe d'un évéque nommé Alexandre; une autre commémore les travaux exécutés par son ordre dans cet édifice, où pouvaient bien avoir été réunies les sépultures des anciens évèques de Tipaza.

Séance du SI3 Mars.

Présidence de M. le comte de Lastbtbie, président.

Ouvrages offerts :

Archaeologia or miscellaneoui tracts rélating to aiUiquity

publùhed hy ihe Society of Antiquariu of London^ t. LU.

Londres, 1890, in-4*.

Atti délia reale Accademia dei Linceij 1891. Notisie degli icavt,

nov. 1891.

BeiirSge xur vaterlândischen Geschichte^ heratagegeben von

der kutor, und antiquarisch, GeseUtchaft xu Baselj nouv.

série, t. IV, l'«livr., 1892.

BvUetin cntique, XIII« année, n» 6. Paris, 1892, in-8«. — de la Société de statûtique des lettres et arts du départe--

ment des Deux-Sèvres, t. VIII, n<» 10-12. Niort, 1891, in-8-.

BMettino di archêologia $ storia DalnuUa^ déc. 1891-févr. 1892 .

— deUe opère moderne etramere aquistate daUe btl>Uoteehe puhbliche govemcLtioe del regno d^Italia, t. Y, n^'* 5-12 ; t. YI, n- 12; t. Vn, no 14, 1890-1892.

CcUcdogue général des manuscrite des bibliothèques publiques de France. Bibliothèque de VArsenaly t. IX; Archives de la Bastille. Paris, 1892, in-8o.

Mémoires de r Académie natùmaU des scienceSy arts et bdles" lettres de Caen. Gaen, 1891, in-8^

— de la Société de statistique^ scienceSj lettres et arts des DeuxSkvres, t. VIII. Niort, 1891, in-S*.

-^de la Société d'émulation de Montbéliard^ t. XXU, 1891.

Proceedings of the Society of Antiquaries of London^ t. XIII,

Revue des Pyrénées et de la France méridionale^ t. III, 2* trim.

Toulouse, 1891,in-8o.

Ferrière (comte Hector de la). Lettres de Catherine de Médi-

ds^ t. IV, in-4».

WiTTE (Â. de). Trouvaille de Beveren à Bruxelles^ 1892. Iii-8*.

Travaux.

La Société fixe à la première séance d'avril l'élection des membres honoraires en remplacement de MM. de Niewerkerke et Maury, décédés.

Il est donné lecture d'une lettre de M. Fàbre, relative aux observations de M. l'abbé Batiffol sur cinq bulles du pape Galixte (BulleHn de 1891, p. 184) :

a Depuis sa communication à la Société, M. l'abbé Batiffol est revenu sur cette question et a publié, dans la Revue des questions historiques du 1«' janvier dernier, un article où il maintient ses conclusions.

f Je demande la permission de présenter quelques observations à ce sujet. On ne saurait, en ces matières, user de trop de circonspection.

c Les cinq bulles incriminées proviennent d'un même dossier : elles se trouvent, à la suite de la fausse chronique de

— us —

TreS'TaberTute^ dans un manuscrit du xyi« siècle, conservé à la bibliotlièque du Vatican.

t J'avoue que l'une de ces bulles me parait fausse : c'est celle du 28 décembre 1121, par laquelle Galixte II déclare que Gatanzaro sera désormais le siège de Tancien évèché de Taverna, qu'il vient de rétablir. Ughelli a produit contre son authenticité des arguments fort sérieux, que M. Batiffol a eu raison de reprendre. Mais il s'en faut qu'on puisse invoquer contre les autres bulles, qui ne concernent que le relèvement de Tavema, des raisons aussi convaincantes.

c Celles-ci sont irréprochables, au point de vue strictement diplomatique : tout le monde en convient. Mais M. Batiffol, fort bien renseigné sur les conditions canoniques de la Galabre au xii« siècle, déclare que ces bulles sont contraires aux règles canoniques alors en vigueur; pourtant, il n'apporte pas, je crois, de raisons suffisantes à l'appui de son affirmation.

c Sans doute, en 1117, le comte Roger avait reçu du pape Paschal II les pouvoirs de légat a kUere; mais je ne vois pas en quoi pareille concession (si exorbitante qu'elle fût) pouvait empêcher, en 1131, le pape de procéder, avec Tassentiment du comte, eomitis eonsensuj et après enquête préalable confiée à un cardinal de son choix, au relèvement d'un ancien évôché de Galabre.

f II faut, il me semble, d'autres motifs pour rejeter l'authenticité d'une série de bulles, dont l'une, fort étendue et revêtue de souscriptions nombreuses, n'offre, dans son style ni dans les souscriptions, aucune prise à la critique.

c Elles présentent, dira-t-on, de grandes ressemblances avec la fausse chronique de Tres-Tahemae^ et M. Batiffol met cela très bien en lumière.

c Une seule chose empêche M. Batiffol d'admettre que l'auteur de la fausse chronique s'est servi des bulles incriminées, c'est que son récit est en contradiction avec la bulle du 28 décembre 1121, qui substitue en fait Gatanzaro à Tavema.

c Mais la question est précisément de savoir depuis quand les cinq bulles forment, comme le dit M. Batiffol, f un seul

▲irr. BULLETIN. 8

et unique doasi'er. » Il est impossible d'établir qu'elles ont toujours constitué un inséparable faisceau. £n fait, nous ne les trouvons réunies qu'au xn* siècle.

f Aussi je demanderais, pour ma part, la disjonction.

« L'auteur de la fausse chronique n'aurait-il pas eu sous les yeux les quatre bulles que je cherche à soustraire à la condamnation de M. Batiffol, précisément à une époque oii on ne leur avait pas joint encore la fausse bulle destinée à substituer Gatanzaro aux anciens droits et prérogatives de Tavema?

c Au reste, il ne s'agit pas seulement ici d'un voisinage compromettant.

« La tendance même des bulles que je voudrais défendre suf&t à les rendre suspectes, et c'est là, au fond, le grand grief qu'on a contre elles.

• On y sent le dessein bien marqué de créer une confusion entre Tévéché de Tres-Tabemaê^ dont il est question dans la correspondance de saint Grégoire, et la petite cité de Tavema en Galabre.

« Or, dit M. Batififol, dans les documents du xn« siècle, Tabema ne s'appelle que Tabemae ou TaSéç/mi, jamais Tret^ Tabemae.

c C'est là une erreur.

f Le Liber censuum de l'Église romaine, composé à la fin du xn« siècle, contient une curieuse liste (qui n'a pas été remarquée, bien qu'elle ait été publiée dans les Aniiquitaiea de Muratori, t. V, col. 899-900) des évéchés qui dépendaient directement du saint-siège à une date certainement antérieure à l'avènement d'Innocent II, second successeur de Galixtell. Or, parmi les évéchés de la Galabre, se trouve indiqué celui de TreS'Tabernae,

c Ce ne sont donc pas les faussaires du xv« siècle qui ont inventé cette appellation de Tres-'Tabemaej pour Tavema de Galabre.

c Quant à l'application que Galixte n semble faire à Taverna de la bulle de saint Grégoire relative à un évéché de TreS'Tabênuu, cela n'a rien d'extraordinaire.

c J'ajouterais même, pour ma part, — il serait trop long

de le démontrer ici, — que Galixte II avait pleinement raison et que ce sont les éditeurs modernes qui ont eu tort en prétendant que les Tres-Tahemae de saint Grégoire doivent être identifiées avec les Tres-Tabenuie du Latium, aujourd'hui Gistema (diocèse de Yelletri).

c II me semble par conséquent qu'il y a lieu d'en appeler de la condamnation portée par M. Tabbé Batiffbl. »

M. Adrien Blanchet, associé correspondant national, fait une communication au sujet d'antiquités gallo-romaines trouvées en 1891 à Saint-Honoré-les-Bains (Nièvre).

Il présente un couvercle en bronze, décoré d'une magni-* fique tète de Méduse, avec patine verte; puis un groupe en terre cuite blanche, représentant Vénus debout, entourée de petits génies. Parmi ceux-ci, l'un tient sur ses genoux un coffret ou alabastrothèque ; un second présente d'une main à la déesse un alabastron contenant Thuile parfumée ; de l'autre main, il tient une colombe, l'oiseau de Vénus. Un troisième, Ëros, porto un arc, et, au-dessus de lui, une petite figure féminine tend un miroir à la déesse. M. Blanchet rapproche cette terre cuite de plusieurs autres monuments représentant la toilette de Vénus et constate qu'aucun n'offire une composition aussi importante que le groupe de Saint-Honoré. On a trouvé en ou^re deux statuettes de Vénus Anadyomène, du type ordinaire, avec des vases de formes et de dimensions diverses , des débris de chaîne , une clef en fer, une meule en grès et un objet en bronze représentant un fleuron.

M. l'abbé Bouillet, associé correspondant national, communique la photographie d'un fragment de couverture d'évangéliaire, qui a été appliqué sur le dos de la statue d'or de sainte Foy, conservée dans le trésor de Gonques. M. Darcel, dans son beau travail relatif à ce trésor, regrettait de n'avoir pu examiner ce fragment, qui est caché en grande partie par le fauteuil sur lequel est assise la sainte. Il représente le Ghrist bénissant, et, de chaque côté, on voit les mains de deux personnages, tendues vers le Sauveur. Ges représentations sont repoussées en relief sur une plaque d'or

ou d'argent doré. Le travail, très barbare, semble remonter an IX* siècle, ou peut-être même au vm«.

M. Molinier, membre résidant, présente quelques observations au sujet de ce fragment d'évangéliaire, dont il croit très difficile de déterminer exactement la date. Il exprime le désir que Ton puisse démonter et mouler la plaque de cristal de rocbe gravé, fixée sur le dossier du trône de sainte Foy. Cette pièce serait très utilement comparée avec les autres pierres gravées de l'époque carolingienne, notamment avec le disque représentant Tbistoire de Suzanne, monument qu'il se propose de communiquer à la Société dans une prochaine séance.

M. Paul Durrieu, membre résidant, rappelle le séjour £ait à Rome par le peintre Jean Fouquet sous le pontificat d'Eugène IV (1443-1447) et s'attache à démontrer que le peintre a reproduit dans ses miniatures des monuments de Rome. Dans le Mariage de la Vierge, il a imité, dans le temple de Jérusalem, la basilique de Saint-Pierre et copié les colorutae vUineae^ dont quelques-unes sont encore aujourd'hui conservées et qui passaient pour provenir du temple. Dans une autre miniature, représentant le roi Robert apportant le manuscrit d'une hymne composée par lui à Saint-Pierre de Rome, le miniaturiste reproduit le ciborium de la basilique.

M. Durrieu pense que la tradition relative à l'apport de Jérusalem à Rome des colonnoê vitineae remonte au moins à l'année 1438.

M. l'abbé Duchesne ajoute que la légende relative à l'hymne composée par le roi Robert est mentionnée dans la dernière recension du lAber pontificalis (xv« siècle).

Séance du 30 Mars.

Présidence de M. le comte R. de Lasteyrie, président.

Ouvrages offerts :

BuUetùu de la Société des JÙUiquaires de VOutii^ 4« trim. 1891. In-8*.

Proceedinga of the ameriean phUosopMcaî Society held at Phù

ladelpkia, t. XXIX, j aille t-déciembre 1891. Bordeaux (Paul). Le maréchal de Toire» et les monnaies o6n-

dionales de Casai. Paris, 1891, in-8».

EsPBRANDiEU (le Capitaine). Revue des publications épigra^

phiques relatives à rantiquité chrétienne ^ année 1891. Lille,

1892, in.4o.

Phillips (Henry). Ldst of surviving memhers ofthe ameriean

phUosophical Society held at Philadelphia^ 1892. Yaissière (Pierre de). La découverte à Augsbourg des instru'

ments mécaniques du monnayage moderne, Montpellier, 1892,

in-8'.

M. de Barthélémy, membre honoraire, présente une notice de M. de Yaissière, archiviste paléographe, relative à la découverte à Âugsbourg des procédés du monnayage moderne importés en France par Charles de Marillac. Cette étude complète la communication faite par M. Mazerolle dans l'une de nos dernières séances :

Voici, à cette heure, Tétat de la question au point de vue des recherches faites par plusieurs érudits.

En 1867, dans VAnnuaire de la Société de numismatique, Albert Barre a signalé, d'après des documents conservés aux archives de la Monnaie de Paris, la part prise par Guillaume da Marillac à rétablissement en France des nouveaux engins ; il était contrôleur général et intendant des finances et maître de la Monnaie de Lyon. — Dernièrement, M. Mazerolle (séance du 16 mars) nous a entretenus des efforts plus ou moins heureux tentés par Nicolas Briot à l'effet de réformer les procédés de la fabrication des monnaies. — M. de Yaissière fait connaître le rôle rempli dans l'invention des nouveaux procédés par Charles de Marillac, frère de Guillaume et ambassadeur de France à Augsbourg. Il publie, pour la première fois, les dépêches diplomatiques trouvées par lui à la Bibliothèque nationale, dans le fonds Brienne. Eu adressant à la Société des Antiquaires de France un extrait de la thèse soutenue par lui, en janvier dernier, à l'École des

chartes, M. de Yalssiëre désire établir sa priorité dans la publication de ces curieux documents.

M. Héron de Villefosse, membre résidant, offire à la Société, de la part de M. le capitaine Ém. Espérandieu, un travail intitulé : Revue des publications épigraphiquea rélaivoes à Vantiquité chrétienne, année 1891. Lille, 1892, in-4o (extrait de la Revue de F Art chrétien). L'auteur a relevé toutes les inscriptions chrétiennes publiées dans le courant de Tannée 1891 en Angleterre, en France, en Allemagne, en Italie ou en Grèce ; il en donne le texte, accompagné d'un court commentaire s'il y a lieu. C'est un travail utile et que M. Espérandieu publie chaque année.

Traoaux.

Le Président annonce que le Bureau a décidé que les assoclés correspondants, môme ceux de passage à Paris, auront désormais droit au prêt des livres de la bibliothèque de la Société, au môme titre que les membres résidants.

MM. de Barthélémy, Duplessis et Delaborde sont désignés pour étudier les nouvelles modifications à apporter au règlement intérieur, en ce qui concerne les associés correspondants étrangers.

M. l'abbé Guichard, associé correspondant national, envoie le dessin d'une figurine égyptienne en bronze, du poids de 600 grammes, haute de 0»175. Cette statuette, qui est de l'époque saïte, vers le v« ou le vi« siècle avant J.-C., représente un Osiris du type commun, forme de momie, les coudes plies sous le maillot, les bras dégagés et tenant le fouet et la houlette du souverain. Il a sur la tète la couronne blanche. La barbe, l'uraeus et les deux plumes de la coiffure étaient rapportés en bronze et ont disparu, laissant des trous vides aux points d'attache. Les pieds manquent.

M. Héron de Villefosse, membre résidant, donne lecture de la note suivante, qui lui a été adressée par M. Vincent Durand, associé correspondant national à Allieu (Loire) :

< Dans ses belles Études iur VarchUeeture religieuse de FAgeuais^ notre confrère M. 6. Tholin a décrit (p. 130, 175, etc., et pi. XXn) plusieurs roues symboliques dans lesquelles est inscrit le monogramme du Christ et dont quelques-unes sont peut-être tirées d'édifices plus anciens que ceux où on les voit aujourd'hui. Trois de ces roues, celles des églises de Lagupie, de Gocumont et de Gueyze présentent une particularité insolite : le X et le P y sont associés comme d'ordinaire à Ta et à Vfù suspendus aux branches du X, mais, en outre, une S s'enlace autour de la haste du P. Cîomment

Boue symbolique avec le monogramme du Christ,

expliquer la présence de cette lettre latine? La chose serait sans doute assez difficile, si une quatrième roue, figurée par M. Tholin, celle de l'église de Gazeaux, ne semblait donner le mot de l'énigme. Le X s'y combine avec une croix, et, entre les huit branches de l'étoile qui en résulte, sont inscrites autant de lettres, dont l'ensemble forme les mots PAX YOBIS. Je suis porté à croire que le môme texte évangélique se cache sous le monogramme décrit plus haut, les lettres qui le composent étant prises, non plus avec leur valeur dans l'alphabet grec, mais avec celle des caractères similaires de l'alphabet latin. Le P, l'A et le X fournissent immédiatement les éléments du mot PAX; la moitié du X donne le V, le cercle enveloppant le monogramme donne TO, la double

boucle de r<o, appliquée par ses pointes à une branche du X, simule un B, 11 est représenté par la haste du P, et i'S,

Roue symbolique de Végliit de Caxeaux,

ajoutée au pied de celui-ci, complète le mot VOBIS. Si cette interprétation est exacte, et M. Tholin m'a fait l'honneur de m'écrire qu'il la trouve très acceptable, il y aurait là une adaptation du monogramme primitif non encore signalée et qui pourrait remonter à une époque reculée du moyen &ge. Les caractères grecs qui entrent dans le monogramme étant incompris du vulgaire, il est naturel qu'on leur ait cherché une autre signification. Une déviation analogue se produit de nos jours, précisément au sujet d'un autre monogramme divin qui fut en grande faveur aux xv" et xvi« siècles, je veux parler du groupe JHS, représentant la charpente du mot Jhesus, Gomme Tusage d'écrire ce mot est tombé en désuétude, beaucoup de personnes interprètent le groupe dont il s'agit par Jésus hominum salvator. t

M. le Président signale d'autres monogrammes du môme genre dans le département des Landes.

M. Héron de Yillefosse donne ensuite quelques renseigne-

mente sur les trayaux actuels de la Société de la Diana, qui lui sont transmis également par M. Vincent Durand :

c La Société de la Diana fait exécuter en ce moment des fouilles à Saint-Paul d'Uzore, non loin de Montbrison, aux abords immédiate et dans Tenoeinte d'une église abandonnée qui peut remonter au xi« ou au xii* siècle. Cette église est bâtie au milieu de substructions antiques qui paraissent appartenir à une villa. Les murs ont encore un mètre de hauteur sur quelques points et présentent un exemple assez rare, du moins dans la région, de petit appareil allongé (hauteur d'assise, 0»iO, joint compris). H semble qu'on soit tombé sur un établissement de bains. Malheureusement, la récolte en objete mobiliers est jusqu'à présent très maigre ; pas une médaille, pas une sculpture, pas môme un vase. On espérait des mosaïques, un champ voisin, défoncé par la culture, ayant fourni une quantité de cubes qui avaient cette destination, mais, jusqu'à présent, cet espoir a été déçu. Il restera au moins un bon plan des ruines mises à jour, t

M. Babelon, membre résidant, fait une communication sur une monnaie de la collection de Luynes, à Teffîgie de Thémistocle, qui est demeurée unique jusqu'à présent. Cette médaille a été frappée en Perse lorsque Thémistocle exilé s'y était réfugié. M. Babelon signale un certain nombre d'autres monnaies, frappées par des Grecs exilés et réfugiés en Perse et auxquels le roi de Perse avait, comme à Thémistocle, donné le droit de frapper monnaie. En outre, il montre à qui Ton doit attribuer ces dernières monnaies.

M. Ulysse Robert, membre résidant, lit un mémoire sur les monastères espagnols de Cluny au moyen âge ; il montre la situation morale et matérielle des couvents et décrit la vie des prieurs et des moines.

EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX

Séance du 6 Avril.

Présidence de M^ le comte de Lastetrib, président.

Ouvrages offerts :

Annuuiirê de» bibliothèque» et des arehxoe» peur i892. Paris,

in-16.

BuUetin critique^ 13* année, n« 7. Paris, 1892, in-8^.

— de la Société archéologique d^Eure^et^Loir^ mars 1892, n» H. Chartres, in-8».

^ de la Société archéologique d^IUe-et'VHaiHe, t. KXI, !»• partie. Rennes, 1891, in-S».

— de la Société industrielle de Mulhouse, février- mars. Mulhouse, 1892, in-8*.

Mémoires de la Société nationale d^ agriculture^ sciences et arts d'Angers, 4* série, t. V, 1891, in-8«.

Retme de VArt chrétien^ 5* série, t. lU, 2* livr. Lille, 1892, in-8o.

Babelon (Ernest). Mélanges numismatiqueSj {'• série. Paris, 1892, in-8û.

Barthélémy (â. de). Le comté d^Astenois et les comtes de Dampierre-le-Château. Arcis-sur-Aube, 1891, in-8«.

Deloghe (Maximin). Dissertation sur une monnaie mérovingienne. Paris, 1879, in-4*.

— Explication d'une formule inscrite sur plusieurs monnaies mérovijtgiennes. Paris, 1881, in-8®.

— Monnaies mérovingiennes trouvées en Limousin. Brîve, 1882, in-8-.

— Renseignements archéologiques sur la transformation du G guttural du latin en une sifflante, et mémoire sur le mon^

nayagt €n Gaule au nom de Vempereur Maurice Tibère. Paris, 1883, in-4«.

— Deicription de deux monnaies antiques, Talle, 4884, in-8*.

— Des monnaies d'or au nom du roi Théodébert /•'. Paris, 1886 et 1888, iii-4o.

— Réponse aux observations présentées par M. P.-Ch. Robert sur le dMurième mémoire concernant les monnaies frappées cm nom de Théodébert i«', roi éPAustrasie. Paris, 1888, in-4*.

— La procession dite la Lunade ou les feux de la Saint- Jean à TuUe. Paris, 1890, in-4o.

— Le jour civU et les modes de computaiion des délais légaux en GauU et en France depuis l'antiquité jtuqu* à nos jours. Paris, 1891, in-4o.

— Discours prononcé sur la tombe de M. de Saint^Mesmin, 1891,iii-8*.

MossMANN (E.). Mélanges alsatiques, Golmar, 1892, in-8<».

Travaux.

L'ordre da jour appelle le scratin pour Télection de deux membres honoraires en remplacement de MM. le comte de Niewerkerke et Alfred Maury, décédés; on procède au vote, et MM. Alex. Bertrand et Wescher, ayant obtenu le nombre de suffrages exigé par le règlement, sont proclamés membres honoraires.

La vacance de leurs places, comme membres titulaires, est déclarée, et l'élection de leurs remplaçants est fixée an l*' juin prochain.

La Compagnie, revenant sur son vote du 25 mai 1891, décide que le manuscrit donné par M. Soultanoff restera déposé dans une des armoires fermées de sa bibliothèque, dont M. le bibliothécaire conservera la clef.

M. Omont, membre résidant, demande la parole pour faire la communication suivante :

c Dès le VI* siècle, et peut-être avant, on trouve en Occident les deux noms latins Jésus Christus abrégés d'une façon constante OlS, XPS. Les manuscrits en onciales, ou en

capitales, copiés en Italie et en France en offrent un nombre infini d'exemples.

c II est facile de reconnaître dans Tabréviation XPS la décomposition du monogramme ancien du Christ :^ en ses deux lettres grecques élémentaires XP, auxquelles est ajoutée la consonne ou la voyelle finale de la terminaison : XPS,

XPÎ, etc. Cette abréviation, malgré la présence de deux lettres grecques, est d'origine et d'usage exclusivement latins ; dans les plus anciens manuscrits grecs, du v« ou vi« siècle, dans les inscriptions, on trouve toujours les noms 'Iviaoûç, Xpioràc, abrégés ÎG, XG, IT, XT, etc., suivant une règle absolue, qui se vérifie pour d'autres mots consacrés, tels que : Oebc, K^SpuK, Tt6ç, 00, KG, YC, er, KT, YT, etc.

c L'abréviation IHS a prêté à une double interprétation : on y a vu tantôt les trois premières lettres grecques de 'I Y) (T oOç, tantôt, au contraire, les trois lettres latines 1 h s. Mais, on vient de le remarquer, Tabréviation IHS, non plus que l'abréviation XPS, ne peut avoir une origine grecque, puisque 'Iviaouç est constamment abrégé IG dans les monuments grecs. Il faut aussi se rappeler que le mot latin «/issux, aujourd'hui réduit à deux syllabes, en comptait primitivement trois : ïès^^ et qu'on a de nombreux exemples de contractions analogues, par exemple : ÏSrûsàlëm^ devenu plus tard aussi JërûsôUèm, L'abréviation IHS est exclusivement employée dans les manuscrits latins anciens, mais elle permet de supposer pour ce mot l'orthographe Ihesus^ conjecture confirmée du reste par la forme Iherosolimû qu'on rencontre dans de très anciens manuscrits^, où l'emploi de la lettre H est fréquent pour noter la diérèse.

« On peut donc considérer IHS comme Tabréviation latine régulière de Jhesus.

1. Bibl. nat., ms. latin 17225, fol. 51 et v*: Evangiles, en onciales, du VI* siècle. — Un dernier argument, en faveur de l'impossibilité de voir les trois premières lettres du nom de 'IyiooOç dans l'abréviation nn. ressort dn rapprochement de cette abréviation et de celle de IHRLM = Iherusalem. ( IvjvoOc et *Iepou(raX^{L.) Dans l'ane et l'autre abréviation, la lettre H est bien latine et ne peut être Yéta grec.

« Les abréviations IHS, XPS possèdent une petite biblio* graphie ; sans parler des traités de paléographie^ on d'épigraphie, dans lesquels il en est incidemment question, on peut citer les cinq opuscules suivants, composés exclusivement à leur propos :

Mengkenius (J.-B.), Dissertatio de monogrammate Ghristi. {lÀpsiae, 1696, in-S».)

Gborqius (David), De monogrammate Ghristi Domini dissertatio. (Romae, 4738, in-8».)

— De vetustate et forma monogrammatis SS. nominis Jesu dissertatio, antiquis emblematibus non antea vulgatis ex Musaeo Victorio referta. {Ronuie^ 1748, in-4<>.)

Allegranza (Jos.), De monogrammate Domini nostri Jesu Ghristi. (Mediolani, 1773, in-4*.)

Gavedoni (G.), Deir origine e valore délia scrittura compendiosa IHS. (Modena^ 1846, in-8o.) — Extrait du tome lU, 3* série, des Memorie di religione:^ di morale e di Utteratura,

c Les observations précédentes ne font que confirmer les remarques présentées dans ce dernier mémoire par M. G. Gavedoni et les compléter sur quelques points. »

M. Le Blant, membre résidant, fait remarquer que, dans un travail récent, M. de Rossi donne aux lettres IHS une origine grecque.

M. L.-G. Pélissier, associé correspondant à Montpellier, envoie la note suivante, relative à un tournoi qui eut heu à Lyon en 1500 :

« Jean d'Auton parle, au chapitre xlii de sa Ghronique (éd. de Maulde, I,p. 284 sqq.), d'un tournoi combattu à Ainay, près de Lyon, le 22 mai 1500, entre sept gentilshommes tenants de la reine et sept gentilshommes tenants du roi, tournoi où c plusieurs lances furent rompues et maintz coups c d'espées donnés, t et qui fut suivi de joutes et de combats pendant plus de quinze jours. Sa description est minutieuse, mais assez froide. On peut compléter son témoignage et se

1. Voir notamment le iViottiwau traUé de diplomatique (1757), t. 111, p. 541.

rendre mieux compte de l'impression produite sur les Lyonnais et les témoins de ces oombats dievaleresques en rapprochant du texte du chroniqueur une lettre écrite vers la fin de ces fêtes, le 4 juin 1500, par un gentilhomme espagnol, don Carlo Rufifo Gentelles, probablement parent de cet Adriano Gentelles qui avait jadis fait partie de Tambassade d'Alexandre VI à Louis XII, et adressée à Enea Gonzaga, cousin et capitaine du marquis de Mantoue, auquel le roi venait précisément de pardonner sa semi-trahison de février 1500. Rufifo Gentelles paraît avoir été vivement frappé par le luxe déployé par les seigneurs français dans ces tournois, n dit en efifet :

Magnifico segnor et honorando fratello, li tomiamefUi che quesH segnori Jrancest fanno per amor de lor dame^ ylsan tanti faustusi^ chenverità non saperia scriverle e per zio le remecto ala vista nostra quale spero sera prestissimo.

lo faxo fare un pennacchio al possibile heUo per semime la Signoria Vostra alaquale quanto posso me recomando e la svipplico me ricommandi a tucio lo mondo. De Leone^ un junu

Z>e7 ehe se recomanda a la 8. V. Don Carlo Euffo Gen^ telles.

Suscr, :Mag.co segnor \ honorando \ .Uo M. Enea | ..nsagha capi I .... de lo iU. s \ .... hese di Mantoa*.

f Ge texte est curieux par le mélange de français (ylsan^ /oMftin) et d'italien également corrompus que parle Tauteur; c'est un spécimen du jargon que parlaient tous les foruseiii et aventuriers, italiens pour la plupart, qui affluèrent à la cour de France sous Gharles YÊI et Louis XII. — Le fait indiqué par le second article de la lettre, — la fabrication du plumai! commandé à Lyon, — est une indication intéressante pour l'histoire de l'industrie lyonnaise et de la vogue dont jouissaient dés lors les produits de ses plumassiers.

1. Une déchirure a emporté la première, les deux et quatre premières lettres des quatre dernières lignes de la suscription qu'il ^t aisé de reconstituer. Cette lettre est conservée à ÏArchioio ai Stato de Mantoue, dans la liasse E. xt, 3. Bile est en original et autographe.

« Le principal intérêt de cette courte lettre est toutefois de permettre de contrôler l'affirmation d'un chroniqueur dont l'exactitude est moins sûre qu'il n'est de mode de le dire, et dont le témoignage est souvent infirmé par les dires de témoins plus voisins que lui des événements et plus minutieusement renseignés. »

Séance du 43 Avril.

Présidence de M. le comte de Lastetrie, président.

Ouvrages offerts :

Académie éPM^ppone. Gomptes-rendus des réunions, 1891 , in-8*.

Ancdecta Bollandianaj t. XI, fasc. 1.

Atti délia Accademia deUe scienxe di TorinOy t. XXYU,

fasc. 3 et 4.

Bulletin de la Société archéologique de Touraine^ t. VUI,

3* et 4« trim. de 1891. Tours, 1892, in-8».

— delà Société dunoisey avril, n* 92. Ghàteaudun, 1892, in-8<>. Mémoires de la Société archéologique de Saint'Pétershourgy

t. VI.

— delà Société archéologique de TouraiMy t. XXXVI. Tours, 4892, in-8*.

— de la Société de» lettres ^ sciences et arts de Bar-U^Duc^ 3« série, 1. 1, 1892, in-8*.

Recueil de la Commission des arts et monuments historiques de la Charente^InférieurSy 4* série, 1. 1, 6« livr. Saintes, 1892, in^o.

Gyrus-Thomas. Catalogue of prehistoric works. Ecut of the Bochy mountains, Washington, 1891, in-8«.

DoRSBT (James Owen). Omahir and Pouka letters. Washington, 1891, in-8«.

La Mantib (F. G.). Ordines judiciorum Dei nel messaie gaUicano del XII** secolo délia cathédrale di PaUrmo. Palerme- Turin, 1892, in-8o.

Carreipondance,

M. Alex. Bertrand écrit pour remercier la Société de son admission au nombre des membres honoraires.

M. le colonel G. de la Noë, présenté par MM. Rey et Longnon, écrit pour poser sa candidature à Tune des deux places de membre titulaire vacantes en ce moment Le président désigne MM. Héron de Villefosse, de Barthélémy et Bertrand pour composer la commission chargée de faire un rapport sur les titres scientifiques du candidat.

Trcmaux,

M. le baron de Baye, membre résidant, demande la parole pour faire la communication suivante :

« J'ai eu rhonneur d'entretenir la Compagnie, en 1890*, de la nécropole de Mouranka, découverte en Russie, dans le gouvernement de Simbirsk, par MM. de Tolstoï et Polivanofif. J'annonçais alors que la Commission impériale archéologique de Saint-Pétersbourg devait y pratiquer des fouilles. En effet, des explorations ont été exécutées par son ordre sous la direction de M. Polivanoff. Ces explorations méthodiques, succédant à un véritable pillage, ont amené des résultats fructueux et ont permis d'intéressantes constatations. Les sépultures se trouvent à un mètre environ de profondeur. Les cercueils, en bois, de forme arrondie, renferment des squelettes couchés invariablement sur le côté droit, la face tournée vers l'Orient. Dans les sépultures contenant des sujets du sexe féminin de différents âges, on a remarqué une particularité observée pour la première fois à Mouranka. Il s'agit de tresses de cheveux fixées à l'aide de légers liens sur une tige de bois et placées dans une écorce d'arbre servant de gaine. Aujourd'hui, je puis mettre sous vos yeux deux tresses que M. Polivanoff a bien voulu m'envoyer. La position qu'elles occupaient auprès des crânes et l'absence de

1. Bull, de la Soe, dei Aniiq, de France, séance du 9 avril 1890. — Voir aassi Bévue arehMoçique^ 1890.

traces de section tendent à prouver que les chevelures ainsi enveloppées n'étaient pas détachées de la tête au moment de l'ensevelissement.

« La présence dans les tombes de monnaies^ en cuivre et en argent de khans du xrt* siècle avait fait tout d'abord attribuer la nécropole de Mouranka aux Tartares. Actuellement, grâce aux récentes recherches, cette attribution a été abandonnée. Les archéologues russes, invoquant les témoignages d'historiens arabes du x« et du xn« siècle ^ et les données moins anciennes de Massoudi' et d'Edrisi^, proposent de considérer le champ funéraire de Mouranka comme contemporain de l'occupation de ce pays par les Bourtaces, peuple de race finnoise. Une parenté ethnique reliait ce peuple aux Mériens, aux Mordovites et aux Ghouvaches, qui ont laissé tant de traces dans le bassin du Volga. M. A. Eharousine a été chargé de l'examen anthropologique des ossements humains recueillis à Mouranka. Il est résulté de cette étude que les crânes n'appartiennent ni au type turc ni au type mongol, mais que leur origine finnoise peut être admise '.

c Aucune trace des Bourtaces ne subsiste parmi les nombreuses populations de l'empire russe, leur nom lui-même a disparu. Leur existence indépendante a été de courte durée, car ils ont été soumis de bonne heure aux Bulgares leurs voisins, et ces derniers ont été eux-mêmes engloutis au xm> siècle par l'invasion mongole, t

1. Ces monnaies sont de Onssbeck (1322-1339 après J.-C.), de Djanibeck (1340-1355), de Berdibeck (1357-1359) et de Konina (1359).

2. Voir Fren, Mémoires de l'Académie de Saint- Pétersooura^ VI* série, 1. 1, 1832, et Chwolson, Les rapports d^Ibne-Dcuia. Saint- Pétersbourg, 1869.

Page 1