‹ Mémoires. 4Chapitre 98 sur 133 · BM, de la Soc. des Antiq. de FrancCy 1891, p. 83 et · texte numérisé non relu

BM, de la Soc. des Antiq. de FrancCy 1891, p. 83 et

2. Mitkrxen und andere Denkmaler aus Dacien, dans leSilrcA«t'ologischrepigraphische MiUheilungen aus Œsterreich, t. VIII, 1884, p. 39 et 40, figure.

demande et à eae frais, un moaleur fut envoyé de BttdA- Pesth. Grâce à la note de M. Floaest et à nu calque du dessin donné par M. Studniczka, il reçut enfin, en aoAt 1893, deux moulages, dont un du monument inédit.

• M. Plouesl avait été enlevé à la Société des AntiqnaireB lorsque ces moulages, qu'il avait vivement désiré étudier, arrivèrent à Paris.

Bai-relief trotmé à Varhelg.

• M. le baron de Baye a bien voulu me cbai^er de remplacer notre regretté confrère pour communiquer ces basreliefs dont il offre à la Société d'exrellentes reproduction e. Ils ont été trouvés à Varhely, l'ancienne Sarmizegetusa.

• Leceutre du premierhas-reliefesl occupé par deux grandes figures, placées de face. L'une, imberbe, vêtue d'une longue

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tanique tombant jusqu'aux pieds, représente évidemment une femme. Elle tient devant elle, avec les deux mains, un récipient en forme de vase à base étroite. A la gauche de la femme est un homme portant la barbe et la moustache, vêtu d*un bliaud ou blouse qui tombe, un peu plus haut que le genou, sur une tunique qui descend jusqu'aux pieds. Dans la main gauche , ce personnage porte un marteau ou maillet et dans la main droite un objet incertain en forme d'équerre.

« A gauche de cette figure, on voit très nettement un chien à trois têtes, accroupi sur le sol et tourné vers le groupe.

c A droite de la femme, un enfant, vêtu d'une blouse qui s'arrête à hauteur des cuisses, étend horizontalement vers la femme la main gauche qui paraît tenir un objet incertain ; la main droite levée porte un objet ressemblant à un rameau.

« La hauteur du bas-relief est de 0°>43 ; la longueur, de 0»51. L*angle supérieur du côté de l'enfant est cassé. Le travail est très grossier.

« Un autre bas-relief, de travail meilleur, entré au Musée de Déva quelque temps après le premier, et que M. Studniczka n'avait fieût qu'entrevoir, nous offre une composition analogue à celle du relief précédent.

c Ce second monument a 0°*30 de hauteur sur 0b29 de longueur.

c II représente une femme debout, vêtue d'une longue tunique et d'un manteau qui passe au-dessous des bras et entoure le corps jusqu'aux genoux ; la tête est couverte d'un voile retombant à droite et à gauche. De la main gauche, la figure tient un vase en forme de coupe appuyé contre le corps, et de la main droite levée un instrument muni d'un manche et de forme angulaire. A la gauche de la femme, un homme portant la barbe et la moustache, vêtu d'une longue tunique et d'un bliaud serré par une ceinture assez semblable à une corde, et d'un manteau agrafé sur l'épaule droite. Le bras droit, qui parait nu, tient un grand torques en forme de fer à cheval aux extrémités recourbées. Du côté gauche, dont le bras a disparu presque entièrement par suite d'une cassure, le personnage tient un maillet.

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■ Entre ces denx graodes figures, on distingue en haut nn busie barbu, & mi-corps, qui est malheureusement traversé par des cassures de la pierre. Au-dessous, un chien à trois (êtes, portant ua collier, est a»:roupi sur le sol. A droite de

Auin bai-TtlU/ tntmé à Varhtly.

la Bgure féminine, un petit enfant, tu de face, vâtu d'une longue robe, supporte des deux mains une sorte de corbeille posée sur sa tête.

■ Au-dessouB des personnages on voit une inscription dont les premières lettres, liées ' et diiïciles à interpréter, doivent

1. L'usage des JelLres liées est rrét[neiit daos les inscriplioiis pnt-

renfermer un nom propre. La suite se lit facilement : EX VOTO POSVIT.

« M. Studniczka, en décriyant le premier bas-relief, était tenté de le considérer comme un monument relatif à une famille de tailleurs de pierre.

c Toutefois, l'existence d'un autre bas-relief analogue lui donna à penser qu'il y avait là une représentation de divinités infernales.

« En effet, il est évident que les sculptures du Musée de Déva nous fournissent des figurations nouvelles des divinités auxquelles on a donné les noms de Dispater et Aerecura. Ces deux divinités, de sexe différent, sont très souvent associées dans les inscriptions et sur les monuments.

f Ainsi, sur l'emplacement de l'antique Garnuntum (auj. Petronell), on a trouvé une inscription débutant par les lettres D - P - ET (liés) M' G' qu'il faut certainement lire Diti Patri et Jirecurae*, Je n'ai pas besoin de m'étendre longuement sur cette déesse, à laquelle on a consacré divers articles^.

« Sur les monuments, elle est fréquemment représentée avec Dispater, et toujours à la droite de celui-ci. L'autel d'Ober-Seebacb montre la déesse appuyant sa main droite sur une corne d'abondance^. Sur le bas-relief de Marseille, elle tient la corne de la main gauche^. C'est dans cette même position qu'un bas-relief de la collection BuUiot, à Âutun, la représente assise à la droite de Dispater*.

« Sur les monuments du Musée de Déva la déesse porte le vase. Voila y que l'on trouve ordinairement dans la main

venaat de l'andenae Sarmizegetusa. C, i. l^^U III, n** t530, t539,

1. (?. /. L., t. IIL »• 4395. Cf. C. /. L., t. V, 725 et 8970».

2. Roscher, AusfflhrUches Lexicon der Mythologie, t. I, p. 86.

3. A. de Barthélémy, Un mot sur Vune des figures du menhir de Kemuz, dans la Revue archéologique , 1879, t. XXXVII, p. 377, pi. XII.

4. Ed. Flooest. Les bas-rélieft antiques de la place Lenche, à ManeUle, dans le tome LI des Mém. de la Soc. des Ànliq, de France, 1890. p. 40.

5. Trouvé dans la commone de Jooey (Gôte^'Or). Voir J.-G. Bal-

liot et Félix Thiollier, La mission et le euUe de saint Martin

dans le payé éduen, 1892, p. 246^ fig. 152. Cf. p. 88, fig. 42.

droite du dieu au maillets Ge déplacement d'attribut montre bien quels liens étroits unissent ces deux divinités. La présence d'un troisième personnage, plus petit, et assez différent sur les deux monuments, n'est pas facile à expliquer. Il y a lieu de se demander toutefois si cet enfant ne compléterait pas une triade. Le torques tenu par Dîspater paraît pour la première fois comme attribut de ce dieu. Les autres attributs portés par les personnages ne semblent pas pouvoir être déterminés d'une façon certaine ; le travail grossier des basreliefs est une des causes qui font hésiter sur Texplicatioii de certains détails.

c Quant au chien, sa présence est constatée sur les autels d'Ober-Seebach, de Nîmes, de Montceau, sur la statne d'Ëscles^, sur le bas-relief de Toul^, sur les autels de Stuttgart^. Sur plusieurs monuments, il a trois tètes; c'est indubitablement le chien infernal, Cerbère.

c II semble donc évident qu'il faut reconnaître dans le Dispater figuré sur les monuments une divinité infernale. Pour ma part, je ne puis adopter la théorie formulée de la façon suivante :

c Le dieu gaulois armé du maillet ou marteau était, c croyons-nous, le dieu du tonnerre et du feu céleste', t

a C'est avec raison que l'on a identifié le dieu au maillet avec Dispater, c'est-à-dire avec Pluton®. On sait que le Charon étrusque porte un maillet, et Tertullien nous dit :

Vidimus et Jovû firairem gladiatarum cadavera cum malleo deducentem'',

1. Ed. Flouest cite les stèles de Nolay (Gète-d'Or) et do col de Gevssat (Puy-de-Dème), qui présentent la même particularité.

i. Ed. Flouest^ Deux itèles de laraire. Paris, 1885, pi. IX, X et XI.

3. J. -Adrien Blanchet, Lettre à M, Alexandre Sertrandy dans la Rei>ue archéologiqWy 1888, t. II, p. 114, pi. XXI.

4. Article de H. Oaidoz, dans \^ Revue archéologiquef 1890, t. I, p. 168 et 170.

5. H. Gaidoz, dans la Rewte archéologique^ 1890, t. I, p. 172; cf. p. 176 : c Car ce diea est Taranis (peat-étre mieux Taranas), et Tarants est Thor, c'est-à-dire Donar. t M. Gaidoz rapproche le diea an maillet de Valcain.

6. Saint Augustin, CUé de Dieu, YII, 16 et 23, assimile Dispater à Orcos, frère de Jupiter.

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