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PAUL TERQUEM A LA SOCIÉTÉ DUNKERQUOISE XXIII

abstenions ; mais ces témoignages jaillissaient, pour ainsi dire, spontanément lorsqu'une occasion se présentait qui nous permît de manifester nos sentiments intimes.

En 1890, la Société Dunkerquoise résolut de comme- " morer par de fraternelles agapes le quarantième anniversaire de sa fondation : un banquet fut servi, le 15 mai, à une cinquantaine de convives. A l'heure des toasts, plusieurs discours furent prononcés; nous ne mentionnerons que celui de Paul Terquem ; la parole lui revenait de droit au double titre de Président en exercice et de Membre Fondateur. En quelques mots émus, l'orateur salua la Société renaissante et évoqua le souvenir de ceux qui, à ses côtés, avaient posé les fondements de notre Académie, fondements si solides, qu'ils avaient résisté aux épreuves du temps et au choc des tempêtes. Il fut le héros de la fête.

Les années succédèrent aux années sans que la Société retrouvât l'occasion de témoigner, par un acte public, sa déférence à son doyen ; elle ne pouvait même plus la manifester en le portant à la Présidence ; on se heurtait à une volonté formellement exprimée. En 1892, Paul Terquem avait déclaré qu'il déclinerait toute candidature ; il craignait, sans doute, que l'âge ne lui permît plus de s'acquitter comme il le voulait de toutes ses fonctions. Pourtant tous ceux qui le voyaient à l'œuvre, estimaient que l'âge n'avait pas de prise sur lui ; ils en furent convaincus plus encore en entendant la lecture d'une note: Vitesse Navale, dont il donnait communication dans la Séance du 3 février 1895. Cette note était comme qui dirait sa carte de visite, une façon délicate de remercier notre Compagnie qui, dans sa séance du 6 janvier, l'avait noiqmé Président Honoraire.

En formulant cette proposition, le Dr Frédéric Duriau avait dit :

« Messieurs, j'estime que la meilleure manière d'inau- « gurer Tannée 1895 est de témoigner notre reconnais- « sance au plus ancien membre de notre Société, à celui « que nous trouvons assidu à toutes nos séances et qui, « par ses connaissances, a si largement contribué à notre « prospérité; je veux parler de M. Paul Terquem, qui, par « son énergie, sut reconstituer la Société au moment où « elle allait sombrer, en 1876.

« J'ai donc l'honneur de vous proposer de décerner à « M. Terquem le titre de Président Honoraire, et ceci « n'est, à mes yeux, qu'un faible remerciement de la « Société envers un de ses membres les plus dévoués.»

Ai-je besoin d'ajouter la chaleureuse adhésion que reçurent ces paroles dites avec cet accent qui transformait la voix de Frédéric Duriau chaque fois qu'il défendait avec conviction une cause juste et bonne.

Est-ce que les noms de Terquem et de Duriau ne sont pas pour nous synonymes de dévouement à la Société Dunkerquoise ? Nous en avons été si persuadés qu'après le père nous avons élevé le fils de l'un à la Présidence qu'il occupe avec le même éclat et que, lorsque M. Emile Debacker a résigné les fonctions de Secrétaire général, c'est à M. Henri Terquem que nous les avons confiées. Nul choix ne pouvait être meilleur.

L'éminente personnalité de Paul Terquem exerce une telle attraction sur tous ceux qui l'ont connu et aimé que je m'attarde, Messieurs, à vous parler de lui. Il faut se borner. Pourtant je me reprocherais de ne pas vous

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