‹ MémoiresChapitre 14 sur 111 · XXVIII EM. BOUCHET · texte numérisé non relu

XXVIII EM. BOUCHET

avons la persuasion profonde qu'entre toutes les œuvres auxquelles, sans compter, il a prodigué son dévouement, c'est parmi nous que ce vaillant travailleur a creusé le plus avant son sillon, a laissé véritablement l'empreinte persistante de sa personnalité. Nous tous qui sommes ici, Mesdames et Messieurs, nous maintiendrons fidèlement ses traditions et lorsqu'à notre tour nous aurons disparu, ceux qui reprendront et poursuivront notre tâche, au moment de distribuer le « Prix Paul Terquem • que la libéralité de ses enfants nous accorde, apprendront en lisant dans nos Mémoires ces pages qui ne vous disent rien que vous ne sachiez, quel deuil cruel a frappé notre Compagnie le 1er Janvier 1908.

Voici en effet la lettre que Madame Paul Collet, MM. Edmond, Lucien, Maurice et Henri Terquem ont adressée à M. le Président Gustave Duriau :

« Dunkerque, le io Janvier 1908.

« Monsieur le Président,

« Depuis la fondation de la Société Dunkerquoise notre » père n'a jamais cessé de s'y intéresser et a apporté à sa » vie et à son développement plus.d'un demi siècled'activité.

« Il a eu Ja satisfaction de voir entre vos mains et dans « celles de vos collaborateurs la Société grandir, prospérer « au-delà de ce qu'il avait même rêvé. *

« Si, au cours de sa longue carrière, son appui a pu être « bienfaisant, nous vouloir, maintenant qu'il n'est plus, « que son nom et son influence se perpétuent, particulière- « ment dans Tordre d'idées qui lui tenait le plus à cœur, « les Sciences et la vulgarisation scientifique.

« Nous remettrons, si vous le voulez bien, au trésorier,

PAUL TERQUEM A LA SOCIÉTÉ DUNKERQtlOISE XXIX

« des valeurs dont l'intérêt annuel de 75 francs servira à

« décerner une médaille « Paul Terquem » soit à des lau-

« réats de concours, soit à des auteurs d'ouvrages de

« vulgarisation scientifique, soit à des personnes qui se

« seront dévouées pour faire à des ouvriers des cours de

» mécanique, d'électricité, et en général, de Sciences, soit

» à des conférenciers, en un mot à l'auteur de tout effort

» de découverte ou de vulgarisation en matière de science

» théorique ou appliquée.

« En raison du peu d'importance du revenu affecté à ce « prix, il parait préférable qu'il ne soit pas attribué obliga- « toirement tous les ans, mais nous pensons que pour « tous les détails d'organisation, la Société pourra rédiger a un programme sur les termes duquel nous serons aisément « d'accord, voulant seulement aujourd'hui indiquer les « grandes lignes de ce que nous désirons faire.

« Puisse cette initiative contribuer à la prospérité de la « Société à laquelle nous sommes profondément attachés.

« Veuillez agréer, etc(1;. »

(1) Le Bureau répondit à cette communication par la lettre suivante :

« Dunkerque, le 12 Janvier 1908.

» Madame, Messieurs, Chers Collègues,

» Au nom de notre Compagnie toute entière unie dans un même sentiment do profonde gratitude, nous vous adressons l'expression de notre vive reconnaissance.

» Le don d'un capital dont les arrérages assurent la fondation d'un « Prix Paul Terqoem », n'est pas seulement un acte touchant de piété filiale, il témoigne encore, arec une exquise délicatesse, de votre attachement envers la Société que votre regretté Père avait contribué à fonder, avait inspirée, avait dirigée pendant plus d'un demi siècle avec tant de distinction. Si vous avez voulu rendre ainsi hommage à sa mémoire, nous voulons que cette généreuse libéralité resserre encore les liens qui attachent la Société Dunherquoise à une famille où elle a trouvé ses plus fermes appuis.

• D'accord arec vous» Messieurs, nous prendrons toutes les mesures nécessaires

XXX ËM. BOUCHET

Que peut-on ajouter à ces lignes, sinon qu'elles confirment ce que nous écrivions avant de les connaître, dès les premiers mots de cette notice, l'existence de liens plus forts que la mort qui unissent la Société Dunkerquoise à son dernier fondateur, l'existence de liens indestructibles entre la famille naturelle et la famille intellectuelle de Paul Terquem. Et, dans notre deuil commun, notre dernier mot apportera à nos collègues et amis l'expression profonde de notre vive gratitude.

pour que le prix « Paul Terquem » soit décerné en conformité de vos généreuses intentions.

» De la sorte, la mémoire de Paul Terquem sera conservée parmi nous, et ceux qui recevront l'héritage des traditions qu'il nous a léguées, uniront dans un même souvenir reconnaissant le nom de celui qui fut « l'âme de la Société » aux noms des fils dévoués qui, dans leur douleur, ont reporté leur penséo vers son œuvre do prédilection, vers cette famille intellectuelle qui s'associe si intimement à votre deuil.

» Veuillez agréer, etc.

Le Bureau :

G. Duizau, Président ; Em. Bouchot, Em. Dkbacxea, Vice- Présidents ; Gory, Secrétaire-Adjoint; Ison£, Trésorier; G. Laxcvy, Archiviste ; E. Lahoiib, Archiviste- Adjoint. j»

Par le Dr G. LANCRY

Ancien Interne des Hôpitaux de Paris Membre de la Société

Mémoires de ta Sotiété Dunkerquoùe — 1908

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