OUVRAGES CITÉS
Bricard Journal duCanonnierBricard.
Foucard & Finot La Défense Nationale dans le
Nord.
Ducasse (baron) Le général Vandamme d'après
sa correspondance.
Capitaine François Journal.
Chassin & Hennet Les Volontaires nationaux (de
Paris) pendant la Révolution.
Gabourg (Amédée) Histoire de la Révolution
Française (Directoire). Lahure (Général baron) Souvenirs Militaires. Thiebault (Général). . . Mémoires.
ANNALES MJNKEIIQUOISES
Publiées et ^notées d'après des documents inédits
PAR
Le 3Doote\A2? G-. XDTJRIj^TJ
Président de la Société
Publiées et annotées d'après des documents inédits
PAR
Le Dooteur O. DTXR.I-A.TJ
Président dç la Société
Corps de Garde de la place Jean-Bart
Au commencement du XVIe siècle, la ville avait fait construire une grande maison et une caserne pour s'exonérer de l'obligation de loger la garnison. Cette maison existait à l'endroit où se Lrouve la grande citerne militaire, la caserne lui était contiguë et s'étendait jusqu'à l'angle de la rue Royer en face de l'hospice civil ; elles occupaient tout l'emplacement sur lequel on a construit les maisons situées au côté sud de la rue des Vieux-Quartiers, dont le nom rappelle les casernes.
Lors de leur démolition, on a réservé le terrain nécessaire à la construction d'un corps de garde et le dessus fut laissé à la Ville qui le vendit vers la fin du XVIIe siècle et on y bâtit un étage qui tombait en ruines, lorsqu'en 1840, M.Alliaume le remplaça par un bâtiment à trois étages. En 1847,il y fit diverses installations qui
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permirent d'indiquer, de jour comme de nuit, les aires de vent, le jour du mois, l'heure de la marée; l'heure vraie et l'heure moyenne.
Sollicité par le Maire, le propriétaire consentit à faire fonctionner ces installations, moyennant une indemnité de 150 francs une fois payée et à charge par la ville de pourvoir à la dépense annuelle de l'éclairage. Le 2 janvier 1848, on éclaira pour la première fois ces cadrans. Cet immeuble fut acheté par M. Deherrypon et un traité eut lieu entre lui et la Ville,le 8 février 1851, pour la conservation et l'entretien des dites installations, pendant une période de dix-huit années, sous la condition d'une subvention annuelle de 200 francs.
A l'expiration de ce traité, en 1869, le propriétaire ayant refusé un nouvel arrangement, cette création fut supprimée sans que la population s'e» préoccupât, car depuis plusieurs années tout l'appareil avait été tellement négligé qu'on ne s'apercevait plus qu'une installation aussi complète avait existé.
En 1878, le corps de garde n'étant plus en service, l'Etat vendit à M. Deherrypon ses droits au rez-de-chaussée qui y fit construire l'établissement que l'on voit aujourd'hui sous le nom de Café des Arcades.
Ancien Port au Bois — Palais de Justice
Le Canal de Fûmes, construit en 1638, en vertu de lettres patentes du roi, a dû être embranché sur celui de Bergues, au moyen de la partie connue actuellement sous le nom de canal de jonction. Cet embranchement laissant un enfoncement utilisé au commencement du XVIIIe siècle, par la Ville qui y fit construire un bassin appelé quai au bois ou port au bois. Ce nouveau bassin avait un développement de quais d'environ 155 mètres.
En 1819, les murs du bassin étant en état de délabrement, on dut pourvoir, non pas seulement à une réparation, mais bien à une reconstruction. Alors la question de salubrité fut examinée et on reconnut que les égouts y charriaient des vases et immondices de divers quartiers de la ville. C'était un foyer d'infection et de putréfaction qui, dans les alentours,occasionnait des maladies contagieuses pendant les chaleurs. Notons qu'un certain nombre de maisons étaient sans fosses d'aisance, et force était de jeter les matières fécales dans le fil d'eau de la rue ; mais l'hospice civil en a été dépourvu jusqu'en 1812, de sorte qu'avant cette époque, ces matières s'échappaient par un conduit souterrain les amenant dans l'aqueduc de la rue qui les déversait dans ce port.
Enfin le quai était insuffisant pour le placement, le chargement et le déchargement des bélandres. Le bassin ou port fut comblé et le quai au bois actuel construit. Ces travaux, commencés en 1820 et achevés l'année suivante, se sont élevés à une dépense de 73.920 francs, somme qui fut payée par les exercices 1820,1821 et 1822.
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La Ville fut autorisée à percevoir un droit de péage sur les bélandres stationnant à ce quai, aussi longtemps qu'elle ne serait pas devenue indemne de la dépense, intérêts et frai s ajoutés. Elle avait contracté.en vers l'Etat l'obligation d'entretenir et de reconstruire ie quai au besoin.
En 1854, alors que le quai exigeait de. très grosses réparations, le service des Ponts et Chaussées, qui se trouvait dans la nécessité de l'exhausser, établit un projet du chiffre de 30.000 francs. Par une décision du 18 juin 1854, le Ministre des Travaux Publics décida que la Ville devait contribuer dans la dépense pour une somme de 17.700 francs en raison des obligations qu'elle avait contractées.
Un décompte des recettes effectuées, dressé depuis le point de départ, laissa un déficit de 106.455 francs, non compris la dépense d'entretien qui avait été confondue avec celle des propriétés communales. L'impossibilité de rentrer dans cette somme et dans celle de 17.700 francs à dépenser encore, porta le Conseil Municipal, sur la proposition du Maire, à abandonner la perception. Cet abandon fut accepté par décision ministérielle du 27 janvier 1855, l'Etat prenant toute la dépense de reconstruction à sa charge.
Le comblement permit de créer une place plantée d'ormes qui furent de bonne venue, jusqu'au moment où l'usine à gaz érigée dans sa partie face au canal, causa leur dépérissement successif. Cette place retint le nom de Marché aux Pommes que portait anciennement la partie existant entre l'alignement des maisons du côté ouest de la rue Royale et le port en question, place occupée aujourd'hui par le Palais de Justice et aban-
donnée à titre gratuit au département dans les circonstances suivantes :
* La Ville sollicitât depuis plusieurs années la construction d'un Palais de Justice parce que : 1° Klle voulait rentrer dans la jouissance des étages du Palais de la Bourse qui étaient occupés par le Tribunal Civil. Ces parties du bâtiment lui étaient indispensables pour donner de l'extension à son musée et plus tard, après son déplacement dont le projet était à l'étude, ajouter cette partie du bâtiment à son collègue dont les locaux étaient reconnus in su disant s.
2° elle avait intérêt à rentrer dans la possession des parties de THôtel-de-Ville, affectées au service des deux Justices de paix, ces locaux étant devenus nécessaires à la Mairie en raison de l'importance toujours croissante de la Ville.
Ces motifs ont donc déterminé le Conseil Municipal à faire cette cession ; ajoutons encore que la Chambre de Commerce ne cessait de réclamer un local convenable pour le Tribunal de Commerce qui était dans de très mauvaises conditions, rue des Arbres. Sa réclamation fut donc prise en considération, mais on chercha en vain un vaste terrain pfopre au nouveau monument, lorsque par sa lettre en date du 26 mars 1855, le Préfet demanda à la Ville la cession gratuite de la place Napoléon ;le même jour le Conseil Municipal offrit cette place ou l'emplacement du Marché aux Pommes. Cependant le Maire crut devoir prévenir le Préfet que Ton s'exposait à rencontrer de sérieuses diflicultés dans le sous-sol du Marché aux Pommes, parce que antérieurement à 1820, un port y existait dans la partie ouest et qu'il résulte des anciens plans de la ville que, lors de son agrandissement sous Louis XIV, des fossés et fortifications avaient été construits à cet endroit.
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Le département accepta le Marché aux Pommes, malgré cet avertissement et les difficultés furent telles qu'avant l'achèvement des travaux on dut aviser aux moyens d'empêcher le bâtiment de s'effondrer. On soutint le pied droit des caves avec des barres de fer et on diminua avec de la maçonnerie les baies établies dans les caves pour la communication des unes avec les autres et dans des proportions telles qu'un homme a de la difficulté à y passer.
Ces circonstances ont occasionné une dépense supplémentaire de plus de cent mille francs et onl justifié les paroles du Maire qui disait au Préfet : « Vous exigez ce terrain, mais jl pourra vous coûter plus cher que celui que vous pouvez acheter». En effet, il pouvait s'en procurer un au centre de la ville pour cinquante mille francs.
Le 14 avril 18G4, le Palais de Justice fut inauguré par M. Vallon, Préfet du Nord, M. Mollet, Maire de la Ville et M. Verleye, Président du Tribunal Civil.
Tous les services ressortissant de la Justice y ont leur emplacement : Tribunal Civil, Tribunal de Commerce, les deux Justices de Paix. .
Hôtel des Sapeurs-Pompiers
La Compagnie des Sapeurs-Pompiers date de 1817, époque de la réorganisation de la garde nationale. Il n'existait antérieurement qu'une réunion de 15 ou 16 mai très-ouvriers, nommés maîtres-pompiers et porteurs d'une plaque indiquant leur qualité laquelle était également désignée p<?r une enseigne apposée à la demeure de chacun d'eux.
C'est à partir de cette époque que la Ville se préoccupa du soin de réformer le matériel qui, à part la pompe, dite ballon, était défectueux et insuffisant, eu égard à l'emploi des pompes d'invention nouvelle, ce qui se fit graduellement jusqu'en 1850.
Jusqu'à la Révolution de 1789, les corps de métier étaient tenus de mettre à la disposition de la Municipalité tous les hommes valides pour combattre les incendies, chaque homme était porteur d'un seau en cuir. La corporation des charretiers envoyait ses chariots et les brasseurs leurs galères pour le transport des tonnes d'eau. La direction du service aux incendies était confiée à 16 personnes appelées égards et placées elles-mêmes sous l'autorité du Magistrat qui, en 1774, décerna à chacune d'elles une médaille en argent aux armes de la Ville en reconnaissance de leurs bons services. Ils ont été remplacés plus tard, en 1789, par les maîtres-ouvriers.
La Compagnie de pompiers, formée en 1817, s'érigea plus tard en société avec un règlement intérieur ne modifiant en aucune manière, bien entendu, la loi sur la
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garde nationale. Chaque année elle avait un banquet suivi d'un bal, et auxquels assistaient les femmes. Les réunions mensuelles avaient lieu à l'Hôtel 'de Ville,dans la salle de la Justice de Paix. En 1851 l'effectif du corps était de 87 hommes.
Après la dissolution de la garde nationale en 1852 le Maire s'occupa de la formation d'une nouvelle compagnie de sapeurs-pompiers ; mais ses démarches n'aboutirent pas parce que le service n'était pas obligatoire : 30 citoyens seulement consentirent à entrer dans les rangs et ce nombre, loin d'augmenter,se trouva réduit à moins de 20 hommes par la suite ; encore convient-il d'ajouter que la plupart de ces hommes n'avaient pas l'aptitude désirable pour un bon service.
Ainsi réduit ce personnel qui, d'ailleurs, manquait de bon vouloir, rendit impossible le service des incendies au théâtre, à ce point que le Maire dut y pourvoir par un piquet de la garnison exercé à ce service et qu'il obtint en le rémunérant.
Un tel état de choses ne pouvant se continuer sans danger pour la sécurité publique, le Maire fit prendre l'uniforme de manœuvre à 50 préposés du bureau de pesage, à qui l'instruction nécessaire fut donnée : ces hommes reçurent la dénomination de pompiers auxiliaires et furent supprimés dès 1859, alors que le nombre des sapeurs-pompiers dépassant le chiffre de 100 hommes rendait désormais leur concours inutile.
En 1857 M. François, s'étant présenté pour réorganiser et commander la compagnie, parvint à lui donner un effectif de 74 hommes.
Le 7 mai 1858, à la séance du Conseil municipal, le Maire disait : « Messieurs, le 22 mars 1852, vous avez voté la création d'une Compagnie de Sapeurs-Pompiers
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municipaux dont l'effectif serait de 120 hommes, jusqu'en 1857, je dus employer 50 auxiliaires du bureau de pesage, mais depuis, le recrutement des pompiers titulaires a lieu avec un succès marqué ; de jour en jour l'augmentation est croissante, on peut donc espérer que l'effectif du corps atteindra bientôt les 120 hommes déterminés par votre vote de création, si vous voulez nous aider en envoyant à l'examen d'une commission la demande de M. François ».
Le rapport de la Commission fut adopté le 17 juillet 1858, mais cette délibération fut déclarée comme non avenue à la suite de l'exposé du maire en date du 14 août 1858 et le Conseil Municipal adopta les nouvelles propositions, en votant en principe la construction d'un hôtel communal pour le corps des sapeurs-pompiers et en nommant une commission pour examiner les plans et devis à dresser à cet effet par l'architecte de la Ville.
Voici l'exposé de M. Mollet, Maire, le 14 août 1858 :
«Le 8 mai dernier, j'ai communiqué au Conseil Municipal une lettre de M. le Capitaine commandant les Sapeurs- Pompiers, tendant à obtenir de la ville un local servant de lieu de réunion et d'exercices pour sa compagnie.
» La demande prise en considération, a été renvoyée à l'examen d'une commission.
» Dans sa séance du 17 juillet, le Conseil Municipal a adopté les motifs et les conclusions du rapport de la Commission, dont voici le résumé :
» Vote d'un hôtel pour le corps des sapeurs-pompiers et la musique; choix pour cet établissement de l'ancienne école mutuelle, située rue Emmery et appartenant à riiospice civil ; autorisation donnée au Maire de faire les démarches nécessaires pour parvenir à l'acquisition de la propriété et enfin invitation à ce magistrat d'aviser
Mémoire* de la Société Dunkrrquoise — 1908
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aux moyens de subvenir aux dépenses d'achat et d'expropriation.
» En conséquence J'ai écrit le 28 juillet à la commission administrative de l'hospice pour savoir le prix et les conditions auxquels elle céderait à la ville l'ancienne Ecole mutuelle ; elle m'a répondu le 6 août courant en posant des conditions acceptables, mais en demandant un prix supérieur à celui sur lequel je devais compter d'après l'estimation contradictoire qui a été faite de l'immeuble le 7 juillet 1852. Ce motif, joint aux considérations tirées de l'état de vétusté des bâtiments, de la dépense qu'entraînerait leur appropriation et surtout de la situation de l'hôtel, tout proche de mauvais lieux publics, m'a engagé à voir s'il ne serait pas possible de placer cet hôtel dans une situation convenable, tout en faisant une construction neuve qui remplirait parfaitement l'objet de sa destination et qui, en définitive, coûterait infiniment moins à la Ville.
» Il y a dans la Basse-Ville, rue du Fort-Louis, un terrain communal, faisant face à la rue et touchant par derrière à deux édifices de la ville, l'école de filles et une salle d'asile, et ce terrain réunit les dimensions désirables pour la construction d'un hôtel de sapeurspompiers dans de bonnes conditions et à beaucoup moins de frais que tout autre, puisque le sol appartient à la commune. Pour éclairer la religion du Conseil, j'ai fait dresser un dessin représentant l'hôtel et ses dépendances dans le terrain communal en question et, en le livrant à l'examen de MM. les Conseillers, j'ai l'honneur de leur proposer :
» 1° de rapporter, comme non avenue, la délibération du 17 juillet dernier ;
» 2° de voter en principe la construction d'un hôtel dans le terrain communal, situé rue du Fort-Louis ;
» 3° de nommer une commission pour examiner les plans et devis à dresser à cet effet par l'architecte de la ville.»
La Commission, composée de MM. Quillacq père, Carpentier et Carlier,fit un rapport qui fut lu à .la séance du 6 octobre 1858.
Après avoir entendu le rapport, le Conseil Municipal déclare, en adopter les motifs et les conclusions, en conséquence, le Conseil Municipal :
» Vu les devis descriptifs et avant-métrages suivis du Cahier des Charges, ainsi que les plans du projet de construction d'un hôtel pour les pompiers, dans un terrain communal -situé à Dunkerque, rue du Fort-Louis, lesquels documents dressés par M. l'architecte de la ville ;
» Vu l'avis favorable donné par la Commission d'examen dans la séance d'aujourd'hui 6 octobre ;
9 Vu le n° 6 de l'art. 19 de la loi du 18 juillet 1837 ;
» Considérant que la construction projetée est indispensable et que les plans et devis qui s'y rattachent sont bien établis ;
» Considérant qu'il existe au budget supplémentaire de 1858, art. 24, un crédit de 40.000 francs destiné à faire face à la dépense de construction d'un second gril de carénage, lequel crédit restera sans emploi pour l'exercice courant, ce qui laissera des fonds libres sur lesquels pourra être imputé le paiement de la somme de 35.000 francs compris celle à valoir de 1.742 fr. 20, nécessaire à l'exécution dont il s'agit.
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» Approuve les devis, suivis du cahier des charges, ainsi que les plans sus-visés, pour les travaux être adjugés publiquement en la forme ordinaire, après approbation du Préfet du Nord, et pour le paiement de la dépense de 35.000 francs, être effectué sur les fonds libres de l'exercice 1858. »
L'adjudication fut passée le 21 avril 1859, au profit du sieur Papegeay, maître menuisier, moyennant un rabais de 6 fr. 35 °/0. Plus tard un second devis de 7.050 francs fut encore approuvé, mais le sieur Papegeay ayant été mis en faillite dans le courant de 1860, on dut faire achever les travaux par voie de régie économique aux frais de l'entrepreneur.
On ne saurait attribuer la ruine du sieur Papegeay à l'entreprise qu'il venait de faire, puisqu'il a pu soustraiter pour les travaux étrangers à ceux de sa profession, non seulement aux conditions de* l'adjudication, mais encore avec quelques avantages.
La dépense de construction, puis d'ameublement, s'est élevée à 60.357 fr. 37 centimes.
Le bâtiment occupe une surface de 325 m. q., et la cour celle de 845m. q., total 1,170 m.q.;or si on ajoute aux frais de construction, la valeur du terrain qu'on peut évaluer à 30 francs le mètre, soit 35.100 francs, on trouve un chiffre total de 95.457 fr. 79.
L'hôtel a été élevé sur un terrain, situé rue du Fort- Louis, et qui a fait partie des terrains composant la concession de 1785. Ce terrain, appelé la Poulerie, fut divisé par moitié : la première, faisant face à la rue de la Paix, avait servi à partir de 1852 à la construction successive d'une salle d'asile et d'une école de filles.
Une source qui existait au milieu du terrain avait fourni de l'eau potable à la Basse-Ville jusqu'en 1836;
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mais alors l'eau perdit ses qualités et la mare assez considérable dans laquelle on la puisait fut comblée à partir de 1845.
Les fondations de l'hôtel ayant nécessité une fouille très profonde, on retrouva la source et avec elle une eau qui ne laissait rien à désirer sous le rapport de la limpidité et du goût. D'abord on profita d'une partie de l'excavation pour faire un petit puits dans la cave du bâtiment et en 1860, on fit dans la cour un second puits d'une grande dimension, en établissant une pompe adossée au mur de clôture face à la rue du Fort-Louis, pour alimenter le quartier.
Les principales causes du supplément de dépenses sont : 1° la Commission, ayant tenu à ce que l'architecte restreignit la dépense à 35.000 Francs, celui-ci dut recourir à des économies, en employant la pierre dite de Saint- Louis pour les cordons et l'ornementation de la façade, laquelle, surprise par un froid de 12 à 15 degrés à la fin de 1859, ne put résister à l'action du temps ; on dut enlever cette pierre en grande partie et la remplacer par celle dite de Vergelé d'un prix plus cher ;
2* Rien n'avait été prévu pour exhausser le mur face à la rue et celui du côté Nord ;
3°On n'avait pas prévu l'ameublement pour 8.000 francs;
4* Ni l'aménagement du dépôt des pompes et du matériel ;
5° Ni la construction du puits et de la pompe ;
6° Enfin les travaux de terrassement, selon le vœu de la Commission, qui ont été assez considérables, furent payés par le crédit d'entretien des propriétés communales.
Le chiffre de 60.000 francs comprend cette dépense.
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L'hôtel a été mis en service à l'occasion des fêles des 2, 3 et 4 septembre 1860, toutefois les travaux n'ont été terminés qu'en 1861. Il a donc fallu deux années pour construire ce bâtiment, parce que la direction donnée aux travaux par l'architecte a laissé à désirer sous le rapport de l'activité.
L'hôtel a, depuis, rempli le but que le Conseil Municipal a voulu atteindre, puisque les pompiers s'y réunissent assidûment, se conformant à leur règlement intérieur.
Les noms des capitaines depuis 1817 sont : MM. Landau, Poncin, Vernimmen, Yanrycke, François, Goyard, E. Pol.
Chapelle Saint-Eloi. — Eglise Saint-Martin
Chapelle. — Le cimetière SLEloi, créé en 1642 par la confrérie de ce nom et qui a été en service jusqu'en 1793, époque où Ton dut en ouvrir un autre, avait sa chapelle. Le gouvernement s'empara de la chapelle et du cimetière pendant la Révolution de 1789 ; la remise fut faite au département de la guerre qui, en 1809, établit une salle "d'artifice dans la chapelle. En 1819, elle revint à la Ville qui ne tarda pas à la rouvrir au culte ; cependant la messe n'y fut dite que les jours de grande fête par un ' vicaire attaché à la paroisse de S'-Jean-Baptiste, mais on y tint catéchisme. C'est alors que le nom patronymique du doyen de cette paroisse lui fut donné ; elle fut donc appelée chapelle S'-Martin, elle avait une superficie de 400 mètres. En 1822, la Ville acheta ce qui restait de l'ancien cimetière,dont la superficie étaitde 10.393 mètres, moyennant une somme totale de 3.000 francs.
Agrandissement. — En 1842, les habitants de la Basse- Ville demandèrent à la Mairie l'autorisation d'agrandir la chapelle à leurs trais ; la Ville y consentit. Cette demande fut envoyée à l'avis de l'architecte de la Ville qui termina son rappoit par les lignes suivantes qui pressentent déjà la nécessité de construire une nouvelle église: «Quant au projet en lui-même, l'architecte croit, de son devoir de déclarer qu'il considère l'agrandissement projeté de la chapelle comme fort regrettable, à cause de sa situation dans le voisinage de l'abattoir. Cette chapelle est dénuée de toute espèce d'intérêt sous le rapport artistique et, quelle que soit la dépense que
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Ton y fasse, on ne parviendra jamais à lui donner une étendue suffisante pour y célébrer les offices religieux et contenir les habitants du quartier dont la population sera considérablement augmentée avant peu par l'adjonction à la ville du hameau le Jeu de Mail (16 février 1842 — Develle) ».
L'agrandissement a coûté 5.513 fr. 06 et par les soins de M. Delattre, Vicaire, et Nakernié, rentier, qui avaient recueilli les dons, le travail fut exécuté dans le courant de cette même année.
Cure et Doyenné. — A la séance du 15 mai 1851, le Conseil Municipal fut saisi d'une pétition des habitants de la Basse-Ville, tendant à l'érection de la chapelle Saint-Martin en succursale. Elle fut accueillie et il s'en suivit le vote d'une somme de 300 francs, à titre d'indemnité de logement pour le futur desservant.
Let,15 avril 1854, un décret impérial érigea la chapelle en succursale ; le 21 juin suivant, une ordonnance de l'évêque de Cambrai la rendit paroisse. Le 31 décembre 1854, un autre décret éleva la succursale en cure inamovible de 2e classe et enfin une ordonnance de l'arche- •vêque du 16 mars 1857 convertit la Cure en Doyenné et y attacha un vicaire.
Projet d'une nouvelle église. — Déjà dans le courant de 1856, le Conseil Municipal avait voté en principe la construction d'une église pour la paroisse Saint-Martin et à la séance du 8 août de la même année, le projet d'une dépense de 400.000 francs lui fut présenté.
L'affaire resta pendante jusqu'au 24 juillet 1857, époque où la Commission fit un nouveau rapport à l'appui d'un projet de construction réduisant la dépense à 300.000. francs Après avoir sanctionné le travail, le
Conseil invita le Maire à comprendre la somme à dépenser dans le projet d'emprunt conçu pour réaliser d'autres améliorations. Ce projet fut présenté séance tenante par le Maire, M. Mollet, et le 9 octobre suivant, le Conseil adopta les résolutions, mais l'autorité supérieure fit connaître que la délibération n'était pas susceptible d'être accueillie.
Dès le principe, tout en s'occupant des moyens d'em" prunt, le Maire était entré en négociation avec l'Etat pour se procurer le terrain domanial, situé rue de Paris et devant servir à la construction de l'église. A sa séance du 8 février 1859, le Conseil approuva un procès-verbal dressé par trois experts établissant : 1° un prix de 18.625 francs pour le terrain d'une contenance de 3.875 mètres ; 2° un prix de 4,120 francs pour la cession à faire par la ville à l'Etat de deux parcelles de terrain, d'une contenance de 528 mètres, situées aux extrémités sud et nord de la caserne Sle-Barbe ; 3° la soûl te à payer par la Ville à l'Etat, soit 14.505 francs. Peu après, la Ville fut mise en possession de ce terrain.
Eglise provisoire. — Le 25 juin 1859, le Conseil de fabrique sollicita l'agrandissement de l'église, mais le Conseil Municipal rejeta sa demande. Déjà en 1854 la fabrique avait élargi l'église, en dépensant 8.651 francs qu'elle a payés au moyen de 6.000 francs donnés au desservant, M. Delattre, pour être appliqués selon sa volonté à une bonne œuvre quelconque, d'un don de 252 francs, de 2.399 francs que la fabrique a pris à sa charge et dont elle s'est acquittée par annuités de 500 francs à partir de 1857.
Le Conseil de fabrique renouvela sa demande d'agrandissement le 9 août 1860, mais il n'y fut pas donné suite.
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En 1864 la fabrique fit construire une église provisoire sur un terrain situé rue du Fort-Louis. Ce terrain lui avait été prêté gratuitement pour cet objet par M. Quillacq, l'un des membres de la fabrique, pour une durée de 7 ans. Cette église a été mise en service le 27 juillet 1861. La dépense s'est élevée à 18.959 francs compris les frais d'installation. La Ville s'était engagée à donner à la fabrique une subvention annuelle de 2.000 francs, soit 14.000 francs pour les sept années, le surplus restant à solder par la fabrique au moyen de ses ressources ordinaires. Plusieurs personnes sont venues en aide à l'Eglise en lui prêtant la somme dont elle avait besoin pour payer les entrepreneurs de la construction qui avaient droit à des intérêts et tout naturellement, elles ont été subrogées dans les droits de ces entrepreneurs pour être remboursées par septième d'année en année.
Nouvelle Eglise. — Le 7 février 1862 fut proposée la disjonction d'un projet de distribution d'eau et d'une nouvelle église ; le Conseil la décida et invita le Maire à lui proposer un nouveau plan fînancier.Le 10 mars suivant, sur la proposition du Maire, un emprunt de 300.000 francs fut résolu, remboursable en 12 ans à partir de 1866, au moyen de 10 centimes additionnels au principal des quatre contributions directes pendant 15 ans et devant produire 409.290 francs, cet emprunt devait servir à la distribution d'eau. Quant à l'église, sur la proposition du Maire à la séance du 25 septembre 1863, le projet de construction fut repris, les plans et devis furent approuvés ; la dépense s'élevait à 250.000 francs ; un emprunt de 200.000 francs fut résolu avec remboursement en 15 années. La dette devait monter en capital et intérêts à 342.600 francs et être payée tant avec le produit de six centimes additionnels donnant 250.065 francs qu'avec
les ressources ordinaires fournissant 92.535 francs pour complément.
Le Gouvernement ayant fait connaître qu'il ne donnerait suite à la demande de la Ville qu'autant que l'emprunt serait remboursable en 12 ans au lieu de 15, un nouveau projet financier présenté par le Maire fut adopté par le Conseil le 30 octobre 1863, qui réduit à 12 ans la durée du remboursement et dès lors éleva de 92.535 francs à 130.448 francs le complément à faire par les ressources ordinaires.
La loi d'emprunt a été rendue le 9 avril 1864 et le 4 juin suivant, le sieur Delporte de Bailleul a entrepris les travaux moyennant un rabais de 6 °/o.
Le budget supplémentaire de 1864 a reçu à la séance du 21 juin, un crédit de 25.000 francs à vak)ir sur la dépense de construction d'un presbytère et à la séance du 5 novembre 1864? le Conseil a décidé en principe la construction d'une vaste citerne ainsi que les travaux de préparation nécessaires pour l'établissement d'un vaste calorifère.
La première pierre de l'église a été posée le 6 novembre 1864, ainsi qu'ilrésulte du procès-verbal suivant :