‹ MémoiresChapitre 6 sur 111 · PAUL TERQUEM A LA SOCIETE DUNKERQUOISE XI · texte numérisé non relu

PAUL TERQUEM A LA SOCIETE DUNKERQUOISE XI

traduit du flamand par Yvonnet : «- Le grand et nouveau flambeau de la mer ».

N'en soyons pas surpris ; un événement de famille avait, un instant, détourné de ses préoccupations habituelles notre cher doyen ; à la fin de 1852, il avait ramené de la terre lorraine la fidèle compagne qui, pendant plus d'un demi-siècle, devait être associée à sa vie, et fondait ce foyer si hospitalier, que nous avons vu entouré de deux générations parmi lesquelles la Société Dunkerquoise a trouvé ses plus fermes appuis.

Notre Compagnie avait promptement « conquis dans le monde savant une place honorable » ; elle ne la devait pas seulement aux travaux de ses membres, elle l'avait aussi méritée par cet esprit d'initiative que Paul Terquem (de même que, plus tard, le Dr Frédéric Duriau) aiguillonnait de tout son pouvoir. Bien avant que l'opinion publique y songeât, elle se préoccupait en séance, en section, en commission, des améliorations matérielles et des embellissements dont il était désirable de doter Dunkerque. Ainsi dès 1854,elle chargeait une commission dont notre doyen faisait partie, d'étudier la grave question des eaux potables et de leur adduction en ville afin de les substituer aux eaux pluviales accumulées dans les citernes. Pendant bien des années, le problème sera souvent posé avant d'être résolu pratiquement ; nos devanciers ont le mérite de l'avoir soulevé pour la première fois.

A partir de 1859, notre doyen sort de l'ombre où jusque là il s est discrètement maintenu et apporte à nos Mémoires une précieuse collaboration dont d'autres travaux lavaient détourné.

Nous trouvons de lui dans le tome VI :

Eléments de trigonométrie loxodromique suivis d'applications à la navigation.

Dans le Tome VII :

De la Détermination de la Déclinaison de Vaiguille aimantée à Dunkerque en Mars 1860-1861.

Dans le Tome VIII :

Suite des Observations Magnétiques à Dunkerque, 1861-

Le premier travail, d'après L.-A. Gruneert, est une étude de hautes mathématiques ; le second et le troisième qui se complètent, condensent brièvement des recherches qui avaient réclamé â railleur de longues et mi nu lieuses observations faites en collaboration avec Y von Villarceau. Ces pages n'étaient qu'un résumé d'un travail beaucoup plus considérable qui fut inséré dans les Annales hydrographiques. Désormais la position géographique de Dunkerque fut déterminée avec une rigoureuse précision grâce à des opérations effectuées au moyen d'instruments établis sur une stèle posée dans le Parc de la Marine. Vers la même époque, Paul Terquem étudia avec un soin minutieux le réglage d'une Lunette Méridienne, avec le concours de M. Herrebrecht, opticien, pour permettre aux capitaines relâchant dans le port de vérifier l'exactitude de leurs chronomètres.

Le même tome VIII de nos publications insérait également un mémoire qui portait pour titre :

Note sur les Observations à faire sur les Côtes dislande pour déterminer la roule des bancs de morues.

Note, c'en était bien une, car elle ne comptait guère plus de deux pages, mais combien suggestives et pratiques, car le traducteur de l'ouvrage de Maury, grâce au con-

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cours de quelques capitaines qui lui prêtaient le secours de leur expérience, mettait à profit les enseignements du maître pour exposer la nécessité de rechercher au sein des mers, par des observations thermoniétriques, la couche d'eau à température constante où la morue aime à se tenir. La trouver et la suivre c'était le moyen de faire une pèche fructueuse. Nul n'est prophète dans son pays,dit le proverbe et le dicton semble, une fois de plus, s'être justilié,car ces judicieux conseils n'ont guère été suivis ; toutefois Paul Terquem s'engageant le premier en France dans une voie où les Suédois et les Norvégiens qui ont poussé si loin l'étude rationnelle de l'art de la pêche. l'avaient précédé, faisait preuve d'intelligente initiative.

La part importante que Paul Terquem prenait aux travaux de la Société (l) (Le Résumé des Observations magnétiques faites à Dunkerque en 1863 était donné dans le tome IXe des Mémoires) assignait pour lui une place au Bureau ; il y montait pour la première fois en 1862 pendant que M. Gojard, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, s'asseyait au fauteuil de la Présidence. Notre historien, Mordacq, appréciait ainsi cette double élection :

« La Société ne pensait pas qu'il fût nécessaire de conti- « nuer la Présidence à M. Cousin.... Elle plaçait à sa « tête M. Gojard, qui méritait cet honneur à tous les titres « et donnait la Vice-Présidence à un savant dans toute « l'acception du mot, président-né de la section des « Sciences, un des membres fondateurs dont les rangs « s'étaient bien éclaircis déjà par la mort et les déplace-

(1) En 1862 il était chargé officiellement d'étudier le Théololite magnétique de la mer et de rédiger l'instruction sur son emploi. A la suite du mémoire rédigé sur ce sujet, il reçut une lettre de félicitations du Ministre de la Marine.

« ments. Homme d'un vaste savoir, aux vues nettes et « sûres, tout dévoué aux intérêts de la Société, M. Ter- « quem,dont les discours présidentiels joindront la solidité « des fortes études scientifiques h l'élégance des travaux « purement littéraires, prouvera facilement qu'on faisait « bien de l'appeler au Bureau. »

On fit mieux en 1864.

Paul Terquem, qui avait été un instant, en 1863, Secrétaire-général, fut élevé à la Présidence.

Dès le début, à la séance du 15 janvier, où il prit possession du fauteuil, le nouveau dignitaire prononça une allocution dans laquelle, célébrant l'union des Sciences, des Lettres et des Arts, il témoignait hautement l'intention d'étendre le champ d'action de la Société. Nous possédons seulement, dans Y Histoire de Mordacq, quelques fragments de ce discours qui n'a pas été recueilli dans les Mémoires ; il y trace tout un programme qu'il allait appliquer persévéramment désormais. Il en eut peu après l'occasion.

Ex\ 1864, Victor Duruy, Ministre de l'Instruction publique, désireux de répandre dans le grand public et dans les milieux populaires des notions de sciences, de littérature et d'histoire, invita les professeurs à tous les degrés aussi bien que les membres des Sociétés savantes â donner des conférences ou lectures publiques sur des sujets à leur choix. Cette bienfaisante initiative répondait trop aux idées personnelles du Président de la Société Dunkerquoise pour qu'il ne lui donnât pas aussitôt son pi us chaleureux concours; cet esprit qu'attiraient in vincihloment les hautes spéculations de la science et les idées générales, comprenait, avec sa large intelligence des

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