COMMUNES
Nombre
de Vacheiies
Nombre des laiteries où la
Tuberculose a été cunslalée
Effectif des élobles où la Tuberculose a été constatée.
Nombre d'animaux
leconnus alteiUs de Tuberculose
Dunkerque .....
Rosendael
Malo-les-Bains. .
Sl-Pol-sur-Mer. .
Petile-Synthe . . .
CooMerqne-Branehe. . . .
Totaux
De l'examen des chiffres ci-dessus nous arrivons à ce résultat que sur 98 laiteries appartenant aux communes de Dunkerque, Rosendael, Malo-les-Bains, Saint-Polsur-Mer, Petite-Synthe et Coudekerque-Branche, 49, soit exactement la moitié, ont abrité des animaux tuberculeux, et que sur un cheptel de 475 bovidés, constituant l'effectif de ces dernières, 138 ont été trouvés, à l'abatage, porteurs de lésions tuberculeuses plus ou moins étendues. Le chiffre de 138 tuberculeux constitue un minimum, car un certain nombre d'animaux des 49 laiteries ayant été frappées d'arrêtés d'infection ne sont pas encore sacrifiés.
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L'éloquence des chiffres ne se discute pas et ceux-ci prouvent, mieux que toute démonstration, à quel point est défectueuse la salubrité des laiteries de notre région.
A quoi peut donc tenir celte situation ? Les causes en sont multiples et résultent de facteurs différents.
Tout d'abord, notre législation sanitaire, régie par la loi du 21 juin 1898 et le décret du 6 octobre 1904, n'a prévu aucune mesure de surveillance à l'endroit des laiterics.Toul au plus, l'article G9 de la loi de 1898 prévoitil timidement la surveillance de ces établissements, mesure qui est restée lettre morte jusqu'à présent. En ce qui concerne les animaux tuberculeux qu'ils peuvent contenir, elle décrète l'abatage de ceux reconnus cliniquement atteints et la séquestration des animaux présumés infectés par cohabitation. Ces derniers ne peuvent avoir qu'une seule destination, la boucherie, à moins que le propriétaire ne se décide à leur faire subir. l'inoculation révélatrice de la Tuberculine qui, si elle est négative, lui rendra la libre disposition des animaux n'ayant pas réagi. Et c'est tout.
Par un oubli inexplicable, aucune mesure n'a été prévue relativement au lait provenant des dits animaux. Alors que le décret ministériel de 1888, rattachant la tuberculose à l'ancienne loi du 21 juillet 1881, prévoyait l'interdiction de vendre à la consommation le lait produit par des animaux tuberculeux, la loi de 1898 et le décret de 1904, qui ont abrogé les loi et décret précités, sont muets à cet égard. Aussi voyons-nous celte situation paradoxale qui veut que la seule partie réellement dangereuse que peut donner un bovidé tuberculeux soit la seule qui puisse être vendue au public librement et sans contrôle ! I. s'ensuit naturelllement que le laitier, plus soucieux de ses intérêts immédiats que de la santé
publique, s'empresse de profiter de cette circonstance. Ne pouvant, quoi qu'il arrive, être gêné dans son commerce, il ne craint aucunement l'arrêté d'infection qui peut frapper son exploitation. Il ignore la tuberculine qui lui est facultative, ou mieux, fait semblant de l'ignorer. En un mot, il ne fait rien et, en cas d'arrêté, se contente, à la lin de la période de lactation, de se munir d'un laissez-pas ser imposé par les règlements sanitaires pour l'envoi de ses animaux à leur destination normale, l'abattoir.
A celte coupable façon d'agir vient s'ajouter la disposition souvent défectueuse des étables et leur mauvais entrelien. Les animaux qui y sont tenus en slabulation permanente y subissent un régime alimentaire insufïisant, constitué en grande partie par des résidus industriels, riches en eau, dont la valeur nutritive est plus que médiocre. Leur situation s'aggrave encore par le surmenage fonctionnel, le manque d'air et la cohabitation étroite. Toutes ces causes expliquent la fréquence de la tuberculose parmi eux et font de nos laiteries un milieu favorable pour la pullulalion du bacille de Kock. Et cela est si vrai qu'il suflit de jeter un regard sur le tableau statistique pour s'en convaincre. Nous y voyons tout de suite que les laiteries situées « inlra niuros » sont les plus éprouvées et que celles de Dunkerque, notamment, presque toutes atteintes, ont donné une proportion de M) tuberculeux sur un effectif de 112 animaux.
Ou a essayé depuis longtemps à limiter le danger qui pouvait résulter de l'absorption du lait de vache et pour ce faire on a préconisé l'emploi des laits stérilisés, pasteurisés ou bouillis. Mais hàtons-nous de dire que la sécurité qu'ils peuvent donner est trompeuse et que la pasteurisation souvent mal conduite, fébullition insuf-
.Urinuit-t < «A- la Socittt Dnnl<rrifHois> — l'Juo
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fisamment prolongée sont le plus fréquemment inefficaces pour assurer Innocuité des laits virulents.
A cet égard, nous ne pouvons mieux faire que de citer les résultats d'examens bactériologiques pratiqués sur le lait stérilisé par MM.Roberlsonet Mair, résultats qui ont été publiés dans « La Presse Médicale » de Mai 1904.
Sur 100 flacons provenant d'une maison où le lait était stérilisé par un séjour d'une demi-heure dans la vapeur à 100°, 15 flacons seulement contenaient du lait parfaitement stérile. Du lait des autres flacons gardé à la température de 11 à 20° pendant 2 jours présentait 4.400 bactéries par centimètre cube ; à 20» 100.000 bactéries par centimètre cube et à 32°4. 000. 0(10 bactéries par centimètre cube en moyenne.
Par ailleurs, la stérilisation, en admettant qu elle soit toujours efficace, altère sensiblement le lait en provoquant la disparition des ferments solubles et en modifiant la caséine, le lactose et les sels ; elle diminue donc notablement ses qualités nutritives et le rend facilement indigeste à l'estomac des nourrissons.
Quoi qu'il en soit, et sans vouloir insister plus qu'il ne convient sur la stérilisation du lait que nous qualifierons, en l'état actuel de la question, de mal nécessaire, le lait ainsi préparé n'est utilisé que par le petit nombre et la grande masse des consommateurs s'adresse encore au lait cru provenant de nos laiteries.
C'est donc à ce dernier que doivent aller nos préoccupations et il est de notre devoir de veiller à ce que sa salubrité soit assurée aussi complètement que possible tant au point de vue tuberculose qu'au point de vue des autres affections microbiennes dont il peut être le véhicule.
En l'absence totale de réglementation générale nous avons pensé que l'initiative des municipalités pouvait y suppléer sans grande difficulté et que, par des mesures simples et peu coûteuses, il était possible d'organiser une surveillance effective et efficace relative aux qualités sal libres du lait de consommation.
La loi récente de 1905 sur les fraudes veille de son côté à ce que cet aliment dv premier ordre ne soit pas falsifié au point de vue des qualités quantitatives de ses éléments constituants.
Mais si le contrôle commercial du lait permet d'en poursuivre ses falsifications, il est impossible pour l'instant d'écarter du commerce les laits contenant des bacilles tuberculeux, et cependant la question mérite qu'on s'y arrête, étant d'importance primordiale et étant une des causes de dépopulation.
C'est donc pour combler cette lacune que nous avons cru possible de faire intervenir la loi municipale du 5 avril 1884.
En effet, aux termes de l'article 97, paragraphe 5, le Maire d'une commune a le droit et le devoir de s'assurer de la salubrité des denrées alimentaires mises en vente sur son territoire. S'il est démontré qu'un lait contient le bacille tuberculeux, sa qualité noscive sera suffisamment établie pour permettre à l'Administration Municipale d'interdire la vente de ce lait jusqu'au jour où le propriétaire de la laiterie contaminée pourra prouver, par certificats authentiques, que son étable a été assainie et que tous les animaux tuberculeux qu'elle pouvait contenir ont été éliminés.
Pour atteindre ce résultat il suffirait donc de créer un petit laboratoire de recherches dont les agents seraient chargés de prélever, non sur les marchés, mais au domi-
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cile même des laiticis, des échantillons de lait qui seraient soumis à l'analysé par les méthodes scientifiques concernant la recherche du bacille tuberculeux. Ces méthodes comportent l'examen bactériologique qui, laborieux et quelquefois infidèle par lui-même, doit être complété par l'inoculation intra-péritonéale au cobaye, animal réactif très sensible à la tuberculose.
Par ce procédé, il serait facile de déceler la présence du bacille tuberculeux qui, dûment constaté dans le lait de consommation, permettrait, à notre avis, d'en interdire la vente au propriétaire de l'exploitation d'origine jusqu'au moment où il pourrait donner les garanties de salubrité spécifiées plus haut.
Après quelques exemples et sous la menace permanente de cette interdiction suspendue sur leurs intérêts commerciaux, les laitiers de notre région, jusqu'ici réfractaires aux injections de tuberculine, seraient les premiers aies réclamer, et utilisant cette bonne volonté, un peu forcée, il serait alors facile d'instituer un service municipal ou mieux intennunicipal de Tuberculinisation qui serait assuré par le personnel du laboratoire a créer.
«LaTuberculinisalion systématique des bêtes laitières, dit M. Vallée dans le rapport présenté à la Commission permanente de préservation contre la Tuberculose, constitue au point de vue scientifique le meilleur de no> moyens d'action dans la lutte contre la propagation de la Tuberculose par le lait. »
Celle-ci, en effet, pratiquée annuellement, réglementer et contrôlée par le personnel du laboratoire de rechercher donnerait des résultats inappréciables en amenant sûrement et en un laps de temps très court l'éradicalion totale de la Tuberculose dans nos laiteries.
A côté de cette question importante de contamination par le lait tuberculeux, et qui dans notre esprit reste le point important de cet exposé, il est d'autres causes qui peuvent influer sur la salubrité du lait de consommation et le rendre mauvais pour l'alimentation. Sans être aussi graves que l'affection tuberculeuse, elles doivent cependant suflire à nécessiter le contrôle de la production du lait pour enfants par suite des accidents qu'elles peuvent produire et dont la terminaison est souvent mortelle.
Signalons-les rapidement.
Les divers états pathologiques des laitières ne suppriment pas toujours la fonction de lactation et la mamelle, devenant alors émonctoire, rejette avec le lait soit des produits organiques, soit même des produits virulents.
Cette condition se trouve quelquefois réalisée dans les premiers temps d'évolution des maladies générales aigués et toujours dans les affections chroniques de la mamelle qui comprennent les mammites à streptocoques, lesmammites sporadiqueset les mammites contagieuses.
Ces dernières affections, fréquentes dans nos laiteries, sont compatibles avec la persistance d'une lactation assez abondante, et entraînent non seulement la modification chimique du lait, mais le chargent encore d'éléments microbiens qui, sans être directement pathogènes pour les nourrissons, favorisent considérablement les infections intestinales.
Puis viennent les variations d'étal physiologique telles que la gestation, le vêlage, les chaleurs qui, modifiant profondément les qualités du lait de consommation, le rendent momentanément impropre à l'alimentation.
Ces causes diverses, obligeant à l'élimination permanente ou momentanée de la production laitière les ani-