PAUL TERQUEM A LA SOCIÉTÉ DUNKERQUOISE XIX
Etude sur les Courants de la Manche et de la Plage de Dunkerque.
Si le tome XIX de nos Mémoires présente un aspect satisfaisant, c'est que M. Olry Terquem, sur les instances de son gendre, avait très aimablement consenti qu'on y publiât, avec de remarquables planches, son Essai sur le classement des animaux qui vivent sur la plage et dans les environs de Dunkerque.
Cette étude d'une haute portée scientifique était continuée dans le volume suivant et ne fut terminée qu'en 1880.
On trouve dans ce XXe volume une étude de l'abbé Bertein sur L'Anthropologie du P. Liberatore ; l'auteur abordait un des problèmes les plus diffciles de la philosophie : le composé humain. Le sujet prêtait à la discussion ; M. Terquem souleva des objections et les échos de la paisible salle où se tenaient les séances répercutèrent des controverses auxquels ils n'étaient point accoutumés.
La situation se tendait de plus en plus ; le foyer que Derode, de Bertrand et Cousin avaient allumé menaçait de s'éteindre faute d'aliments, les membres qui auraient pu l'entretenir se désintéressaient de ses destinées, les séances étaient désertées, la barque faisait eau de toutes parls.Paul Terquem, d'accord avec Mordacq qui fut son auxiliaire dévoué, prit en main le gouvernail et, résolu à sauver sa chère Académie, se détermina à «sortir de la légalité pour entrer dans le droit». Tous deux firent appel à toutes les personnes que leurs efforts ne laissaient pas indifférentes, les réunissaient à l'Hôtel de Ville, el, le 24 novembre 1878, notre vieille Académie reprenait des forces nouvelles par l'admission de nouveaux adhérents.
Est-ce à dire pour cela que, par le seul fait qu'elle se
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trouvait reconstituée, le sauvetage de la Société Dunkerquoise fût complet? Il y aurait témérité à le prétendre. Il fallait maintenant reprendre la tâche en sous-œuvre, ne pas laisser fléchir toutes ces bonnes volontés de nouveaux venus, provoquer celui-ci, aiguillonner,encourager celui-là, tenir compte de l'esprit de chacun, et pourtant maintenir dans la Compagnie les traditions qui avaient fait sa force, sa grandeur, son utilité dans le passé comme elles assureraient sa prospérité dans l'avenir.
Trois hommes ont assumé la responsabilité de cette entreprise ardue : il ne m'appartient pas de dire comment ils ont réussi, mais moi aussi, qui date un peu des temps anciens puisque mon élection en qualité de membre correspondant remonte à 1872, j'adresse un hommage de gratitude à ceux qui ne fcont plus : Frédéric Duriau, Paul Terquem, et je salue respectueusement celui que je vois près de moi : M. le Dr Vézien.
L'influence d'un conseiller et d'un guide sur une association, fût-elle une Société savante.est souvent beaucoup plus la conséquence de son action personnelle que celle de l'activité effective de sa collaboration .aux travaux communs.
Cette remarque m'est inspirée par ce que je puis deviner derrière la sécheresse des procès-verbaux, du rôle de Paul Terquem à la Société Dunkerquoise au cours des années qui suivirent 1879. Le tableau de nos membres inscrit son nom comme Vice-Président de 1881 à 1885, comme Président en 1890 et 1891 , mais,s'il assiste très fidèlement aux séances, si sa voix se fait souvent entendre pour formuler une motion, soutenir une proposition ou la combattre, traiter une question d'ordre intérieur, imprimer une direction, il ne livre plus de mémoires à notre commission d'impression ; c'est ailleurs que se