‹ Mémoires;Chapitre 108 sur 173 · CHAPITRE XI l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI l

se disant docteur du cardinal de Joyeuse. Ce que j'en ai fait, moi, c'était pour votre bien. » Oncques ne reparut le médecin en question, d'où je supposai qu'il avait été envoyé par ces deux hommes qui avaient dégringolé l'escalier. Par ainsi cette affaire en resta là, et, redevenu bien portant, je partis pour Naples avec mon camarade, de là pour Messine, et de là pour Malte.

CHAlPITRE XII

Comment, arrivé à Malte, je retournai en Espagne et fus capitaine d'infanterie espa^ gnole, et d'autres aventures.

A Malte je trouvai des lettres d'Espagne. L'une, du roi, adressée au Grand Maître, lui mandait de me donner licence d'aller en Espagne lever une compagnie d'infanterie, car j'avais été désigné à cet effet dans une promotion de huit capitaines qu'on avait nommés. L'autre m'était adressée par D. Bartolomé de Anaya ^ du Conseil de la Guerre, et me notifiait ma nomination. Je m'occupai de mon départ qui eut lieu dans les quinze jours, et le Maître me chargea de passer chemin faisant par Marseille, pour y aviser deux galères de la Religion d'avoir à passer dans le plus grand secret à Carthagène, pour y embarquer deux cent mille ducats de mortuaire ^.

I. De l'ordre de Malte. Fut secrétaire du Conseil delà Guerre sous Philippe H, III et IV.

a. Revenu d'une commanderie qui, à la mort du titulaire, faisait retour à l'Ordre jusqu'au r*^ mai de l'année suivante.

l86 MÉMOIRES DE CONTRERAS

Je passai par Barcelone jusqu'à Madrid, le tout en vingt-sept jours depuis Malte, et, lorsque j'arrivai, on était déjà parti lever les compagnies, et la mienne, un mien cousin, alférez des Flandres, rétait allé lever à Osuna. Comme aucune compagnie ne lui était échue, il s'était offert à lever la mienne en mon nom, au titre d'alférez, et, si je n'arrivais pas à temps pour rembarquement, éloigné comme je Tétais, à rester à sa tête. Le Conseil y avait consenti ; mais je me démenai si bien que j'arrivai plus de quatre mois avant l'embarquement, qui était pour les îles Philippines.

POISON qu'on me donna a OSUNA.

Donc je partis de Madrid pour Osuna où j'arrivai par la poste avec les lettres patentes qu'on m'avait délivrées à Madrid, et lorsque le cousin me vit, il en resta quasi mort : il se tenait déjà capitaine. Nous parlâmes. Je lui offris tout ce qu'on peut attendre d'un bon ami et parent. Il me dit qu'il voulait faire la campagne. Je l'en estimai, mais je ne savais pas son intention damnée.

Or, il circonvint un mien page, porteur de ma lance de commandement, et Tinduisit à me donner de l'arsenic pour me tuer. Et, la première

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