CHAPITRE XIV
Comment je secourus la forteresse de la Mamora, et d'autres événements.
Je partis et pris mes mesures — il y a quarante-deux lieues — de manière à me trouver dès Taube emmi des vingt-huit vaisseaux. J'eus si bon temps que tout succéda comme je l'avais pourpensé.
J'avais jugé que la flotte ennemie devait mouiller au moins à une lieue au large pour être hors de portée de l'artillerie, et aussi parce que la barre du fleuve est si dure et soulève de tels coups de mer que les vagues s'y précipitent à l'escalade dès une lieue de distance. Ceci compris, en me trouvant à l'aube au milieu de ladite flotte, je piquerais sur la barre, je la franchirais, porté par les flots amoncelés des coups de mer ; que si quelqu'un se déterminait à me poursuivre, force lui serait de pénétrer à ma suite dans le fleuve ou de se jeter à la côte. Or, en advint donc comme j'ai dit. Lorsque les ennemis m'aperçurent, tout ce qu'ils purent faire, ce fut de me lâcher quelques
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mousquetades et canonnades, et encore en petit nombre. Tout fut fait si rapidement qu'ils ne purent me faire dommage.