‹ Mémoires;Chapitre 138 sur 173 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Ayant adorné l'église de mon mieux, je demandai à monseigneur le duc d'Alburquerque licence d'aller à Rome avec lui. Il m'accorda de mauvais gré un congé de quatre mois. Je vins à Palerme, m'embarquai pour Naples, et, de là, me rendis à Rome.

LE PAPE m'accorde UN BREF FACULTATIF.

Je cherchai à obtenir un bref qui me dispensât des caravanes et de la résidence exigées par la Religion pour avoir droit à une commanderie. Ce bref, on le sollicita de Sa Sainteté ^ Elle s'y refusa. Tellement que je résolus de lui parler moi-même. Elle me donna audience, je lui fis relation de mes services ; j'ajoutai : « — Le trésor de l'Eglise, mais c'est pour des hommes tels que moi qu'il est fait, pour des hommes qui se sont éreintés à servir pour la défense de la foi catholique. » Alors Sa Sainteté, prenant en considération mes travaux et pleine de zèle chrétien, ne se contenta pas de me concéder un bref facultatif, mais elle le fit à titre gracieux encore ; bien plus, elle me donna un autre bref par lequel Elle ordonnait à la Religion de me recevoir, eu égard à mes services, au titre de frère chevalier, avec jouissance

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