‹ Mémoires;Chapitre 146 sur 173 · MON SEJOUR AUX CASALES DE CAPOUE · texte numérisé non relu

MON SEJOUR AUX CASALES DE CAPOUE

Au bout de huit jours, le comte m'envoya patente pour me loger aux Casales^ de Gapoue ; ce que je fis. Là, nous recouvrâmes partie de ce que nous avions perdu. De Nola, on m'apporta deux coffres de vêtements ; c'est tout ce qui restait de ma maison, — miracle encore d'avoir sauvé mes coffres.

En ces Casales, il y a une coutume la plus pernicieuse du monde pour les pauvres, savoir : Les riches en état de loger des troupes font donner les premiers ordres sacrés à un de leurs fils; après quoi, ils lui font donation de tous leurs biens, en sorte que les voilà dispensés de loger. L'archevêque tient pour eux qui le soutiennent. Moi, je rends compte à l'évêque de cette canaillerie. Il me répond : « — Mais c'est justice. » Moi, je m'indigne, retire les soldats des maisons des pauvres et les mets en celles des riches. Je demandais : « — Où est la chambre de l'ordonné ? »

Page 1