CHAPITRE XVI
que c'est conscience de la fixer à si bas prix, que cela vaut davantage, et qu'en la haussant il y aura abondance ? » Eux de voir le ciel ouvert et de hausser encore. La taxe bien établie, je leur dis à la ronde : « — Sefiores, moi, chez moi, j'ai tant de bouches. Encore que j'aie franchise comme chevalier de Malte, comme capitaine d'infanterie, comme capitaine de guerre et gouverneur, je veux être le premier à payer suivant la taxe. En même façon, que chacune de Vos Seigneuries achète des vivres en proportion de son personnel et les paie sur l'heure, comme je fais. Quant à vous, — je m'adressai aux marchands, — j'en jure Dieu 1 si vous faites cadeau d'une once de n'importe quoi à ces messieurs, je vous fais fouetter. » Comme ils virent que je n'y allais pas pour rire, ils en passèrent par là. Les jurats de faire : (( — Senor, mais chez nous on ne mange pas de poisson. » — (( Ça ne fait rien, je désire qu'on en mange et qu'on y jouisse de la taxe tout comme moi et comme les pauvres. )> En bref, cela suffît pour faire baisser la taxe de moitié et plus pour tous les articles.
Pour en revenir à notre président ou vice-roi de la province, il avait envoyé la dernière lettre que je lui avais écrite au comte de Monterey. Celui-ci prit le parti de me retirer d'Aquila sur les instances des jurats et dudit président. Mais il
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lui enleva sa présidence au même jour qu'à moi mon gouvernement. Seulement, à moi, il me donna , avant mon départ d' Aquila , une compagnie de cuirasses, et à lui rien. Voilà quelle fin eut mon gouvernement d'Aquila, lequel dura trois mois et sept jours.