‹ Mémoires;Chapitre 22 sur 173 · PROCÈS QUE JE FAIS A MALTE POUR MON ESCLAVE · texte numérisé non relu

PROCÈS QUE JE FAIS A MALTE POUR MON ESCLAVE

A Malte, je fis procès pour l'esclave que j'avais pris à terre au cap Chelidonia. Le nécessaire fait de part et d'autre, les Seigneurs de l'Armement donnèrent leur sentence ; en vertu de quoi les quatre cents sequins rentraient dans le chiffre de la prise, mais on avait à me donner cent ducats de gratification pour le prisonnier, plus, comme dépouille, l'enseigne avec faculté de la mettre dans mes armes, si m'allait la chose; ce que je fis avec bien du plaisir ; quant à l'enseigne, je la remis aune église de Nuestra Senora de la Gracia. Tant en parts qu'en tour de bâton, il me revînt plus de mille cinq cents ducats que je gaspillai vite.

Gomme les galères de la Religion étaient en partance pour le Levant à dessein d'y faire entreprise, je m'y embarquai comme aventurier. Vingt-quatre jours, ce fut assez pour aller et revenir, après avoir pris une forteresse qui se trouve en Morée et qui s'appelle Pasaba (Platza) ; nous en ramenâmes cinq cents personnes, tant hommes que femmes et enfants ; y compris le gouverneur, sa femme et ses enfants ; des chevaux, trente pièces de canon de bronze ; tout cela sans

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