‹ Mémoires;Chapitre 29 sur 173 · Goule vrine de petit calibre · texte numérisé non relu

Goule vrine de petit calibre

44 MÉMOIRES DE CONTRERAS

petits sacs de pierraille, et je fis : a — Laissez-moi faire et celte galiotc est à nous. Tout le monde, l'épée en main et Técu au côté! Les soldats (j'en avais huit, des Espagnols en qui je me fiais), les soldats, à vos mousquets ! )>

Je commençai à marcher sur la galiote. Elle ne bougeait pas, et bien lui en prenait, car fuir je ne le pouvais pas, encore que d'aucuns en fussent d'avis ; mais c'eût été ma ruine totale, sans parler de la vergogne. Je dis : a — Amis, est-ce que vous ne voyez pas que, d'ici en terre chrétienne, il y a cent vingt milles ; que ce bateau a une chiourme renforcée ; qu'en quatre coups de pales il nous aura jeté le grappin ; qu'en fuyant, nous ne faisons que lui donner du courage? Laissez-moi faire ; que diable ! moi aussi j'ai une vie à perdre. Faites bien attention : au moment de les aborder, nous prendrons du large et leur lâcherons la décharge de notre mousqueterie ; eux, se vont mettre à plat ventre pour la recevoir, et, quand ils se lèveront pour nous lâcher la leur, avec la moyenne dont je me charge, je les fauche. » Mes hommes trouvent que ça va ; nous arborons nos couleurs ; nous piquons sur eux, et avec une si grande valeur qu'ils en restent stupides.

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