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COMMENT JE PRIS AU TRAQUENARD QUATRE BRAVACHES

J'arrivai à Écija. Le Conseil se réunit; je présentai ma patente. Il advint qu'on me désigna la tour de Palma pour y arborer mon drapeau. Je fis par mes tambours battre les bans accoutumés, et je me mis à enrôler des soldats, et sans beaucoup

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de mal, car le Gorregidor et les chevaliers me faisaient la grâce de s'y employer.

C'est la coutume, dans les compagnies qu'on lève, de tenir jeu. C'était un petit tambour qui était chargé de la cagnotte. Il la mettait dans une tirelire de terre ; le soir, il la cassait et recueillait ce qui en tombait, avec quoi nous soupions.

Un jour, au corps de garde — c'était une salle basse de la tour, avec une grille sur la rue, — entrent, comme ils avaient fait d'autres fois, quatre bravaches. Voilà mes gaillards qui cassent la tirelire, se mettent à compter tranquillement ce qu'il y avait dedans, soit vingt sept réaies. L'un d'eux les met dans sa bouge tte en disant au petit tambour : « — Dis à Talférez que c'est quelques amis qui ont eu besoin de cet argent. » Sur quoi le petit tambour appela le caporal ; quand il arriva, ils étaient partis.

Le petit tambour, qui venait me rendre compte de tout, comme il fit, me trouve. Je lui dis : « — Retourne au corps de garde, et là, tu vas me conter ce qui s'est passé. » Ce qu'il fit. A mon arrivée, il me fait: « — Senor, Acuna, Amador et d'autres de leurs camarades sont venus ici. Ils ont cassé la tirelire et en ont retiré vingt-sept réaies, en disant : ce — Dis à l'alférez que des amis en ont eu besoin. » Moi je fis : « — Coquin!

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