CHAPITRE VII
ce qu'elle a ; elle répond : « — J'ai chu de dessus râne, hier au soir, si bien que j'ai fondu en sang, et, qui pis est, avorté. )) Je remarque, à ces mots, que plusieurs soldats se parlent à l'oreille, dont me vient quelque soupçon. Je presse la femme de me dire la vraie raison ; peine perdue, je n'en peux tirer davantage. Je sors de la salle, et, appelant un soldat en qui je me fiais, je lui demande s'il s'était passé quelque chose. Il répond: « — Senor, scélératesse aussi grande, pas possible de la taire. Le capitaine est ici venu et a mis la sefiora Isabel en cet état parce qu'elle est prude femme. Et, j'en jure Dieul ni moi ni mes camarades ne serons de la compagnie demain à pareille heure. Lui, nous ne le connaissons pas ; c'est pour Votre Grâce que nous quittâmes nos chez nous. » Je dis : <( — Modérezvous. Quoi qu'ait fait le capitaine, Isabel a dû lui en donner occasion.» — « Non, vive Dieul C'est qu'elle n'a pas voulu coucher avec lui. »