‹ Mémoires;Chapitre 75 sur 173 · NOUS DÉBARQUONS DEVANT LA MAHOMETTE · texte numérisé non relu

NOUS DÉBARQUONS DEVANT LA MAHOMETTE

Nous arrivâmes à deux lieues de ladite ville Tan mil-six-cent-cinq, la veille de Notre-Dame d'Août, au petit jour. Nous jetâmes à terre nos gens, lesquels avaient à marcher à travers grèves sablonneuses jusqu'à la ville, où nous arrivâmes que le soleil était levé depuis plus d'une heure à vue d'oeil. J'étais un des sept alférez qui portaient sur leurs épaules les échelles. On forma un escadron de cinq cents hommes, tous espagnols, porteurs de javelots et d'arquebuses, mais sans cuirasses. Nous dressons les échelles avec la bravoure dont sont coutumiers tels soldats qu'espagnols et chevaliers de Malte, et nous voilà montant aux échelles, les uns dégringolant, les autres grimpant toujours. En bref, nous gagnons la muraille et tranchons le col aux gardes des ravelins, où s'étaient fortifiés quelques-uns des janissaires qui tenaient garnison en la ville.

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