‹ Mémoires;Chapitre 82 sur 173 · CHAPITRE IX l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX l

et lui assène sur la tête une estocade de telle force qu'il choit par terre, son écritoire à la main; et, cette écritoire, si je ne Tavais vue, je recommençais. L'autre, qui était un alguazil, dégaine aussitôt. J'esquive le coup, et, traçant sur le sol une raie avec mon épée, je dis : u — Que nul ne passe outre, sinon je le mets en pièces. » L'alguazil étancha le sang du blessé avec des mouchoirs, et voilà comme ils me notifièrent de ne plus entrer à l'Escurial sans licence du roi, sous peine de mort. Je dis : a — Et ma mule qui est à l'auberge? Je ne puis non plus l'aller chercher?» Ils dirent : u — Non. Nous vous l'enverrons. » Et ils furent en grande hâte panser le tabellion et rendre leurs comptes à qui les avait envoyés.

Il paraît qu'on en rit fort au dîner du roi. Un paysan m'amena ma mule, et je me mis en selle dans la direction de Madrid. Mais pendant ces sept lieues j'entrai en compte avec moi-même et me résolus à aller servir Dieu au désert, et à planter là Cour et Palais.

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