Ici prend fin l'emprunt au mémoire du Cardinal
i ependant, Soubise entra le 11* juin* en la rivière de Borde. < suivante-quatorze voiles, descendit
tillon en Médoc elle prit, mil «lu canon en terre, lit quelques courses pour épouvanter I»- pays et voir si quelques-uns se voudroient joindre à lui; mais le maréchal de Praslin, qui étoit à Tentour de la M<»« licll.'. \ envoya le sieur de Toiras* avec ses forces, (jui le lit retirer eu ses vaisseaux et quitter la rivière.
|i Roi, ne pouvant pas assez promptement faire équiper en son royaume nombre suffisant de navires pour s'opposer à la Botte de Soubise et ne tenant l'asce »l< s huit vaisseaux anglois qui lui avoient été promis sutlisant, demanda secours de vingt vaisseaux ;m\ lloll uidois, selon qu'ils étoient obligés par l'alliance renouvelée avec eux en juin 16243, et [»Iu> particulièrement parle contrat qu'avoit t'ait avec SU Beoujoo au nom du Connétable, bien que ce fût pour employer i la guerre de Gênes4.
! s ni : . luttait mettre à profit l'absence du duc d'Éperii'.n. cpii diii-f.iit le « dégât * de la région de Montauban [Mercure françois, t. XI, p. 7«.K)-800).
I. roini connuadait, outre ses chevau-légers, treize compagnies de gens de pied. Venu du Fort-Louis, il gagna Morpassa la Gironde i BUye >t attaqua Soubise dans Castttloti ; il .[iii.i ensuit.- | Bordeaux à la tête de ses troupes M. Bauditr, ><p. eiLt p. 33). Une lettre de Rabeni à linfante 15 marfl L625 (Correspondance, t. III, p, .'{43), nous moiitr> lu. Ii. lieu et la Reine raère « contrecarrant » l'inlliK-nce de Toiras a autant qu'ils peuvent ».
ur la conclusion du traité de Compiègne (10 juin 1024), voyez t. IV, p
I I rai fut envoyé à la Haye afin de hâter le
t des vaisseaux promis à Bellojoo; il rendit compte de sa
mission par lettres adressées au Cardinal les 0 et 11 février
Ils l'eussent volontiers refusé contre leurs frères s'ils eussent pu; mais au moins s'opposèrent-ils à une condition avec laquelle le Cardinal vouloit absolument qu'on les leur demandât; c'est que, prévoyant bien que, si on en venoit aux mains avec Soubise, ils eussent fait un faux bond au Roi et n'eussent pas voulu combattre, ou l'eussent fait foiblemerit, si les vaisseaux eussent été en leur puissance et commandés par eux, il leur fit dire que le Roi vouloit mettre sur douze de leurs vaisseaux des capitaines et des soldats françois ' .
Ils y firent grande résistance et le refusèrent entièrement2. En l'absence du Cardinal, on se relâcha de cette condition3; mais le Cardinal la reprit et montra que, bien que le corps des États eût bonne intention, la malice d'un seul capitaine particulier pouvoit ruiner une armée et donner victoire aux ennemis, dont jamais on ne relèveroit, étant certain que, si une fois ils avoient du succès, les huguenots et catholiques mal affectionnés y courroient tous.
(Aff. étr., Hollande 10, fol. 5 et 224). Il fut rejoint le 16 mars 1625 par Saint-Julien et Mantin, chargés de procéder au « choix des matelols et de faire faire les victuailles et munitions de guerre » (Bibl. nat., ms. Français 3682, fol. 118 v°).
1. Voyez les instructions données le 28 février 1625 par le Roi à l'ambassadeur à la Haye, Espesses (Bibl. nat., ms. Français 3682, fol. 127).
2. Notamment par une lettre adressée le 23 mars à leur représentant à Paris, l'ambassadeur Langerack, dont copie est conservée aux Aff. étr., Hollande 10, fol. 11.
3. Probablement à la fin de mars 1625 et durant un séjour de Richelieu à Limours. Voyez Bibl. nat., ms. Français 3667, fol. 129 v°.
Partant qu'il t'alloit1 avoir des vaisseaux absolument et sans condition et soutint qu'ils n'étoient point en étal de le refuser, vu le secours qu'ils tiroient de nous en irgenl et en hommes, en l'occasion présente du Mansfeld.
Poar cet effet, qu'A t'alloit faire une forte dépèche8
qui témoignât combien le Roi trouva étrange, vu les
obligations qu'ils lui avoient, (|n'ils lui voulussent don-
■ m nu >ecours (|ui lui seroit à plus de préjudice qu'à
Un mousse peut ruiner toute une armée, et un capitaine <Ie navire, étant assuré par les ennemis du paiement de son vaisseau, peut entreprendre de brûler toute l'année, et ce d'autant plus facilement qu'il peneeroil Eure un grand sacrifice à Dieu à cause de sa ! ion.
Rn e» il, le Cardinal se mettoit en grand hasard aoprèfl du Roi; car il soutint absolument qu'en tenant tenue (t menaçant les Hollandois3 de les priver
1 . !.. s eom 'tions de temps que présente le manuscrit A périt de supposer que ce passage a été emprunté à un Avis
du Cardinal au Roi que nous n'avons pas.
I '!•■ lut •■nvoyée à l'ambassadeur d'Espesses, le 2 avril Ma résolution est d'avoir dès à présent et sans délai
l<s vingt vaisseaux destinés pour Rellujon et la disposition
entière sur douce d'iceux pour y mettre tels capitaines et tels
nombre de gens de guerre que je verrai bon être » (Bibl. nat.,
ms. I J683, fol. 51 v*).
aperce le texte de la dépêche royale du 2 avril : « \ ovi
leur [au\ Etats] ferez donc connottre >\n>-, si ces raisons ne les i k ce que je désire et que recevant oTcjax, en cette occa-
aJoa, lai BOarquei d'une froide affection en mon endroit, je obligé de tempérer les miennes, dont ils ont toujours
jusqu. i des effets très avantageux, et ne pourrois faire
du * secours que le Roi leur donnoit, s'ils manquoient à faire en cela ce que S. M. désireroit, assurément ils accorderoient ce qu'on demandoit. En quoi on eut ce bonheur que la chose réussit comme on l'avoit prédite, et le Roi eut pouvoir de mettre non seulement sur les vaisseaux des capitaines françois, mais, qui plus est, sur chaque vaisseau cent François2.
Mais le malheur du temps étoit tel qu'il sembloit qu'on fût responsable de tous les événements, tant parce que la cour étoit pleine de gens qui n'attendoient autre chose qu'un mauvais succès pour se servir du talent qu'ils avoient acquis à faire du mal à ceux qui servoient le public, que parce que les princes
autre chose que révoquer tout le secours que je leur donne, tant d'hommes que d'argent, puisqu'ils manqueroient à celui qu'ils me doivent par leurs traités. »
i. Ici commence (fol. 144) le 16e cahier du manuscrit A. Charpentier a transcrit sur la feuille de garde ce résumé : « Le Roi obtient les vaisseaux hollandois et anglois comme il désiroit. Le connétable de Lesdiguières envoie Bellujon aux Rochelois et huguenots. Négociation de paix avec eux. Avis du Cardinal sur la rébellion de Soubise. Soubise brûle le vaisseau de l'amiral Haultain. »
2. Ainsi que le stipulait le traité conclu le 12 avril par Espesses avec les États et ratifié le 10 mai par le roi de France (Aff. étr., Hollande 10, fol. 2). Aux négociations de la Haye participèrent, avec l'ambassadeur, La Forest-Toiras, le chevalier de Saint-Julien et Mantin. Le 2 mai, le secrétaire d'État Potier d'Ocquerre mandait à Espesses : « Le traité du 12 avril a été approuvé et trouvé conforme aux intentions du Roi » (Bibl. nat , ms. Français 3683, fol. 137 v°). — Une lettre de Herbault à Béthune, 7 mai, mentionne l'arrivée « des vingt vaisseaux de Hollande en bon équipage au port de Vie, à six lieues de Calais; l'on les fera avancera Dieppe pour y prendre les soldats qui ont été levés pour mettre sur les vaisseaux » (Bibl. nat., ms. Français 3702, fol. 45).
d'ordinaire jettent sur ceux qui sont auprès d'eux les mauvais suives des choses qui leur ont été bien conciliées.
Qui se fût considéré soi-même n'eût peut-être pas [>ri> 06 chemin, <|ui. étanfl le meilleur pour les affaires, l pas l<- plus mii pour ceux qui les traitoient; mais, sachant que la première condition de celui qui ;i |>;ui m gouvernement des États est de se donner «lu tout au public et ne penser point à soi-même, on passa par-dessus toutes eousidérntions qui pouvoient arrêter, aimant mieux se perdre que manquer à aucune chose nécessaire pour sauver l'État, auquel on peut
• lin- que les procédures basses et lâches des ministres passés avoient changé et terni toute la face.
il «ut h même difficulté avec les vaisseaux anglois1. Bans lui. on les eût reeus pour ruiner les affaires du Roi, et non pour y servir; car les matelots, soldats
• ! capitaines ;m^lois disoient ouvertement qu'ils ne lir< roirnt pas un coup de canon contre les huguenots, qu'on ssvoU d'ailleurs s'en tenir tout assurés2.
■i < M asité qu'en avoit de vaisseaux étoit si grande
1 ! f*s huit vaisseaux commandés par John Pennington arrivèrent à Dieppe le 13 juin. Pennington, s'appuvant sur les instru< ti.>ns du r<>i d'Angleterre datées du 20 mai, refusa d'embanjuer les détachements français concentrés à Dieppe et prit le large le 27 juin, au lendemain de l'arrivée de Montmorency, r en revue les TitiflfOTi (S. R. Gardimr. utd, i N . |>. 379, et Ch. B. de la Roncière, op.
uni' note marginale de a l'Avis sur les propositions
du dm <I. Km Lin^'ham ». ■ Il ne faut oublier ce que les vais-
tnglois ont dit à Rasillv en s'embarquant, qui etl on un
■04 |u lu m- vouloient point aller contre la Rochelle » (Aff.
Vnglcterre 33, l«»l. 221 v*).
que tout le Conseil étoit d'avis qu'on les devoit prendre à ces conditions plutôt que de ne les avoir point. Le Cardinal1 seul soutint le contraire, dit qu'il valoit mieux ne les prendre point que de les prendre ainsi, pour plusieurs raisons aisées à concevoir et trop longues à déduire; qu'au reste il ne doutoit point que, si on opiniàtroit à les avoir sans -matelots, officiers et soldats anglois, le roi de la Grande-Bretagne ne les dénieroit pas à l'extrémité, quoi qu'il eût fait et dit jusqu'ici ; que la chaleur d'une alliance fraîchement laite et la nécessité qu'il avoit de la France en beaucoup d'autres choses ne lui permettoient pas de faire ce refus;
Que, pour parvenir à ce qu'on désiroit, il n'y avoit qu'à renvoyer les vaisseaux2 et faire entendre clairement que le Roi aimoit mieux ne les avoir point que de les avoir en sorte qu'il n'en fût pas le maître.
Tout le monde fut d'avis contraire, et cependant le Roi, déférant par sa bonté à celui du Cardinal', il succéda en sorte que le roi d'Angleterre envoya les vaisseaux au Roi avec plein pouvoir d'en user comme bon lui sembleroit4.
1. Première rédaction du manuscrit A : « Araadeau ». Sur ce surnom de Richelieu employé dans l'intimité, voyez Avenel, t. VII, p. 541.
2. Comparez la lettre du Roi du 27 avril 1625 au duc de Chevreuse et à M. de la Ville-aux-Clercs, où il déclare qu'il renoncera aux vaisseaux plutôt que de les a recevoir à conditions telles qu'ayant l'apparence de quelque secours je n'en puisse avoir l'effet » (S. Gardiner, Documents illustrating the impeachment of the Duke of Buckingham in 1626, p. 184).