‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 12 sur 89 · Première rédaction du manuscrit A : « Amadeau · texte numérisé non relu

Première rédaction du manuscrit A : « Amadeau

4. Louis XIII obtint finalement la libre disposition des vais-

Le temps justifia bien l'utilité de ce conseil non seulement par le gain de la bataille navale1, où les Aiii;l< fussent pas trouvés s'ils eussent été sur

lissraux, et où il fallut que le chevalier de Sajnt- Julien portai l'épée à la gorge d'un capitaine hollandois sur le vaisseau duquel il commandoit, parce qu'il m vouloit pas aborder un vaisseau ennemi*; n u if, en outre, par les instances et poursuites pressantes que les Anglois et Hollandois, touchés du

• lé-plaisir du gain de cette bataille, firent plusieurs l'ois depuis pour ravoir leurs vaisseaux, ce qu'on empêcha

seaux, Buckin^ham ayant enjoint aux capitaines de « recevoir en leurs bords autant de soldats qu'ils en pourront porter » : lettre <ie ÛhsvraMC et Ville-aux-Clercs à Louis XIII, Londres, 10 juillet 1625 (Gardiner, op. cit., p. 220). Voyez aussi la d'Herbault à Béthune, du 25 juillet 1625 : « Les vaisseaux anglois qui, après avoir été en nos côtes, s'étoient retii Angleterre, ont été renvoyés par le roi de la Grande- Bretagne, avec ordre et commandement exprès à ceux qui les

• "inuiJiidVnt d'y recevoir tel nombre de François que S. M. ordonnera, et de faire tout ce qui leur sera commandé par

Unirai, tellement que ce soit paix ou guerre le Boi aura moyen de réduire ceux de la Bocbelle à la raison » (Bibl. nat., 7<)2, fol. 95). L'embarquement eut lieu à Dieppe; le chevalier de Bis prit le commandement des vaisseaux et rallia la flotte de Montmorency : lettres du Boi et du secrétaire Potier d'Ocquerre à M. d 'Elliat, 15 août l<ir> (Bibl. nat., luze 154, fol. 254 et 264). Voici un extrait de cette dernière lettre : « Puisque l'amiral l'ennington est devenu homme ni (jue votre dépêche m'a lait voir, je vous dirai qu'elle a donné une réjouissance au Boi et à toute la cour, »

I l.a bataille navale du Pertuis-Breton, livrée les 15, 16 et 17 leptembre.

'robahlemeal le fttpfîtinf hollandais de I.\ tt'aihre. Le fait n'est pas rapparié* ÉMH les relations contemporaines de la

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par les mêmes façons qu'on avoit obtenu contre leur gré ledit secours.

Les légèretés et inégalités ordinaires des Anglois feront assez juger la peine qu'il y eut d'obtenir d'eux leurs vaisseaux et résister aux importunités avec lesquelles ils les redemandoient. Il est impossible de les concevoir toutes, si on ne sait qu'en même temps le parlement d'Angleterre, animé contre le duc de Buckingham, lui imputa à crime ce secours de vaisseaux, ce qui le rendoit d'autant plus soigneux de les ravoir.

Durant les peines qu'on avoit à obtenir ces vaisseaux anglois et hollandois en la manière que le Roi les demandoit et qu'il savoit être seule utile à son service, on traitoit avec les huguenots par l'entremise du connétable de Lesdiguières l , qui, voyant bien que ce soulèvement retranchoit toute l'espérance de la gloire qu'il avoit conçue de son voyage en Italie, obligeant le Roi d'y employer les vaisseaux qu'il avoit destinés pour le secourir, employa tous ses efforts pour le terminer par une bonne paix.

Il envoya, pour cet effet, avec la permission du Roi, le sieur de Bellujon2, en qui il avoit beaucoup de con-

1. Le 22 janvier 1625, Bullion écrivait de Vizille à Richelieu : « M. le Connétable a dépêché de tous côtés pour empêcher de tout son pouvoir que les huguenots ne remuent du côté du Dauphiné, Provence et Languedoc. J'appréhende le dernier à cause de Castres et de celui qui est dedans. » Voyez aussi la lettre de Lesdiguières à Herbault, 31 mars (Aff. étr., Suisse 18, fol. 244).

2. Bellujon arriva à la cour en février 1625; il avait été annoncé à Richelieu par une lettre du Connétable du 3 février : « Il a si bien réussi en son voyage de Hollande et témoigne tant d'affection et de fermeté au service du Roi que je ne crains

ti;ni<v. \»is les sieurs de Rohan et de Soubise, les ville s du Languedoc et de la Rochelle1, et fit tant, par remontrances et par menaces, qu'il les fit condes-

point d'assurer S. M. et vous-même qu'il continuera jusques à s.i lin ci qu'elle n'en sera jamais que très satisfaite » (Aff. étr., Turin 5, fol. 66). Néanmoins, sa mission souleva d'abord des difficultés. Voyez la lettre d'Herbault à Bullion du 21 février « M. de Bellujon, que vous nous avez envoyé par deçà, I tait quelque* propositions pour retirer M" de Rohan et de Soubise de la débauche où ils sont et leur donner emploi dans l'armée delà les monts; d'abord ledit sr de Bellujon, ayant voulu mêler les ambassadeurs d'Angleterre, Venise, Savoie et Hollande en ce sujet et assemblé aucuns des principaux de sa religion pour en conférer à grand mouvement, éloigna le Roi l' mli' ; depuis, les choses ayant été modérées et réduites à la seule entremise de M. le Connétable, sans y engager ni |)( n ni prou le nom du Roi, ni celui des autres princes, la r lios,- | été mieux reçue et semble qu'il soit en terme de se len lr de cet expédient. » Bullion répondit le 3 mars : « Quant I Bellujon. il va trop vite; prenez occasion de nous le renvoyer; il est allé trop avant de mêler les ambassadeurs dans une telle négociation, où les étrangers, moins qu'en toute autre affaire, doivent avoir part ni communication » (Aff. étr., Turin 5, fol. 145 v°).

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