‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 13 sur 89 · II. Ilujoii se rendit auprès de Rohan au début de mars · texte numérisé non relu

II. Ilujoii se rendit auprès de Rohan au début de mars

ll> il>aull annonce son retour à l'ambassadeur d'Aligre le

Le i1 'le Bellujon est de retour du voyage qu il i

i-s M. (!»• Kohan, dont il a apporté toute assurance de

paix du côté du Languedoc et bonnes paroles d'obéissance de

la part dudit duc ; mais il propose trois choses : l'une que l'on

lui donne commission pour lever en France 6,000 hommes de

00 chevaux pour mener en Italie; l'autre que l'on

lr commandement des vaisseaux qui sont en la mer de

i I M -I. Souliisr pour aller s.rvir en Italie, avec paie-

de Sicile pour trois mois; en dernier lieu, il supplie

M. de Savoie et le Connétable de s'entremettre envers 1< Hoi

le rasement du Fort-Louis » (Arch. nat., KK. 1361,

•0 v#). Le 16 avril , il fut chargé d'une nouvelle mission

cendre à quelques conditions de celles que S. M. pouvoit désirer.

Mais, comme leur esprit étoit dans la fureur de la rébellion, ils faisoient incontinent des nouvelles demandes outre les choses qu'ils avoient premièrement proposées, et y avoit une extrême peine pour les faire joindre et mettre à la raison.

Le Roi, qui ne vouloit pas leur faire croire qu'il n'y eût qu'à demander pour obtenir, ce qui eût augmenté leur audace à l'infini, demeura ferme à ce dont il étoit convenu.

Sur1 quoi Bellujon, répondant de leur part que les

auprès des Rochelais et de Soubise (Guillaudeau, Diaire, p. 275-276). L'ambassadeur hollandais Botzelaer rapporte que le Roi, la Reine mère, le Cardinal et Schônberg délibérèrent à Rueil, le 28 avril, « sur le rapport de M. de Bellujon touchant l'accommodement de M. de Soubise, et que, dans cette conférence, ledit cardinal de Richelieu avoit fort vigoureusement parlé pour la paix de dedans le royaume et la continuation de la guerre au dehors, disant que le Roi étoit beaucoup plus intéressé et engagé pour continuer la guerre au dehors que pour la commencer au dedans, et qu'on pouvoit apaiser cette dernière avec peu de chose, en donnant ce que S. M. avoit si solennellement promis à ceux de la Religion, et que cela étoit son seul sentiment qui provenoit d'un cœur véritablement françois et qui aimoit la prospérité et le bien du royaume, ajoutant toutefois à la fin qu'il remettoit tout à la prudence et à la discrétion de S. M. » (Bibl. nat., ms. Français 17940, fol. 254). Finalement, Bellujon se rendit pour la seconde fois à la Rochelle et reçut le 7 mai les propositions écrites du corps de ville (Guillaudeau, Diaire, p. 269, et lettre d'Herbault à Bullion : Arch. nat., KK 1361, fol. 326 v°, 9 mai 1625).

1. Ici commence un emprunt à un mémoire adressé le 25 mai 1625 par le Cardinal à Bellujon et publié par Avenel, t. II, p. 87, d'après le vol. France 780, fol. 29. Ce document, qui est de la main de Charpentier, porte la mention « Employé » ;

noiiYt'Ik's demandes1 ne se faisoienl pas par capitulalion, mais étoient seulement prétendues de grâce, le Roi lui donna charge tl«' mander a Soubise, et à ceux <lt- la Rochelle, qu'à cette condition ils pouvoient envoyer au plus tôt leurs députés bien intentionnés et autorisés, et leur faire savoir, comme de lui-même', qu'étant auprès de S. M. ils pouvoient bientôt

■ >udre ce qui étoit à polir et éclaircir, pour ajuster ( ntièrement leurs demandes avec l'intention de Sadite Majesté3;

nue pour faciliter le moyen de l'envoi de leursdits députés et faire voir comme même le Roi les convioit derechef à la paix sûre et perpétuelle qu'il vouloit donner à tous ses sujets, ledit sieur de Bellujon obtint de S. M. tous les passeports nécessaires qui leur nt envoyés;

nu< m le sieur de Soubise n'avoit déjà dépêché au duc de Rohan, avec le passeport du sieur de Praslin*,

il a été reproduit dans le manuscrit A, à l'exception des deux

premières phrases qui ont été omises ; ultérieurement, Sancy a

entièrement modifié l'ordre des cinq derniers paragraphes, en

ayant recours, pour guider le copiste, aux signes convention-

-i>. B-F, (■ il

nr ces propositions des Rochelais reçues par Bellujon

mt son s.-jour à Marans, le 16 mai, voyez Guillaudeau,

Diaire, p. 282.

M quatre mots ne figuraient pas dans le manuscrit original. L'envoyé porteur des lettres de Bellujon arriva à la telle le 28 mai (Guillaudeau, Diaire, p. 284). rance 780 : < leurs réponses avec lesdits articles, c'està-dire avec les articles du 7 mai » .

Iiarles de Choiseul, marquis de Praslin, maréchal de France et lieutenant général au gouvernement des pays de Saintonge, Angoumois, Aunis et ville de la Rochelle.

pour le faire convenir à même intention que lui et faire cesser tous actes d'hostilité de sa part, il lui seroit envoyé un passeport du Roi pour un des siens, afin qu'il le dépêchât en diligence vers ledit sieur de I loi uni et fit que son député, bien autorisé, se trouvât à la cour en même temps que les autres;

Que S. M., croyant que le sieur de Faye-Saint- Orse1 étoit bien intentionné et informé de ce qui étoit à faire, selon la volonté du Roi, pour cet accommodement, S. M. trouvoit bon qu'il retournât diligemment vers M. de Rohan, avec les lettres dudit sieur de Bellujon et des députés généraux, pour l'informer des réponses rapportées de la Rochelle par ledit sieur de Bellujon et de ce que le conseil du Roi avoit répondu sur icelles2;

Qu'il procureroit que les députés de Montauban, Castres, Nîmes, Uzès et Milhau vinssent en même temps que celui de M. de Rohan faire leurs protestations au Roi, suivant ce qui étoit porté par lesdits articles du 7e mai3;

Et procureroit aussi de faire retirer de la campagne les gens de guerre que M. de Rohan y avoit mis, afin que les troupes du Roi ne fussent point obligées à agir contre eux, dont il arriveroit des effets tout contraires

1. N. de Peyrebrune, seigneur de Saint-Orse, gouverneur de Clairac; il avait accompagné Bellujon à Castres en mars 1625 et fut chargé d'une nouvelle mission auprès de Rohan au début de mai (Bouffard-Madiane, Mémoires, p. 81).

2. Cet alinéa était l'avant-dernier dans le mémoire original.

3. Les articles du 7 mai remis par les Rochelais à Bellujon avaient été déjà cités dans le préambule du document que les Mémoires n'ont pas reproduit : « les articles du 7 mai dont on ne prétend point se départir ».

;i l'accommodement que S. M. désiroit voir en ces affaires, par le moyen du(|u<-l elle auroit le contentement de voir sefl sujet* délivres des appréhensions et malheurs que les guerres civiles apportent1 ;

l'.l «|iie cependant il seroit mande auxdits sieurs de l'raslin et de la Rochefoucauld de contenir les troupes du Roi sans rien altérer, afin que, par mésintelligence, cette all'aire, qui étoit en très bon état, ne se gâtât; pourvu mm que les vaisseaux du sieur de Soubise et des Rochelois ne tissent aucun préjudice durant ce temps-là aux sujets de S. M.;

Que Ton ménageroit au plus tôt aussi l'amiral Haultam2 pour le disposer à l'échange de cinq vaisseaux3, MO convenir de la qualité d'iceux, de ce qu'il fera des hou unes qui sont dedans, et autres particularités à d< mèl. r avec lui, s'il n'étoit trouvé plus à propos de M mander de venir en cour en diligence, puisqu'il est h iv côtes de la France4, de peur que l'on ne se trouve avoir compte sans son hôte au fait du change desdits vaisseaux5.

1 < Sa paragraphe formait la conclusion du mémoire original.

2. Guillaume Haultain de Zoete, amiral de Zélande, commandant de la flotu- hollandaise prêtée à Louis XIII.

3. Il s'agit Là des cinq vaisseaux hollandais que devait recevoir Soubise, après avoir restitué les navires enlevés à Blavet. Le journal de l'ambassadeur hollandais Botzelaer, en date du 21 avril, nous apprend que Soubise se refusait à « accepter les cinq navires du Hoi, après avoir rendu les dix ou douze, sous la condition offerte que S. M. y vouloit mettre des capitaim s. .(liciers et matelots à sa dévotion; à quoi ledit •' de

rèpoadoit qu'en tel cas il seroit mis comme en une i. » Itil.l. nat., ms. Français 17940, fol. 253). I \" Il .race. Lettre d ll-i hault à Aligre, 26 mai

\rcb. nat . U 1 {91, fol. 315).

Ici s'arrête l'emprunt à France 780.

Par les ordres susdits, il se voit qu'on n'oublioit précaution, industrie, ni diligence quelconque, pour rassurer ces esprits dévoyés et les faire rentrer en leur devoir.

La plus grande difficulté de la part des villes étoit le rasement du Fort-Louis; de la part des sieurs de Rohan et de Soubise, le paiement de ce qu'ils prétendoient leur avoir été promis par le traité de Montpellier. Le premier, outre cela, demandoit de commander un petit corps d'armée pour aller joindre par terre le connétable de Lesdiguières1, et le dernier demandoit être fait duc et pair et employé par le Roi avec des vaisseaux pour son service en Italie. Moyennant cela, Soubise promettoit de démolir ce qu'il a voit fortifié de nouveau es îles de Ré et d'Oléron.

Selon ces propositions, les huguenots envoyèrent, en juillet, des députés à Fontainebleau pour demander la paix au Roi2.

S. M. leur accorda la plupart de ce qu'ils demandoient, mais demeura ferme sur le refus du rasement du Fort-Louis3, le Cardinal y insistant absolument,

1. Le 11 juin, le Connétable demandait au Roi de « pardonner à ceux qui se sont émancipés et d'étouffer la naissance d'un mal dont l'accroissement pourroit donner occasion aux brouillons catholiques mécontents, ou prétendus tels, et à beaucoup d'autres qui n'attendent que leur temps pour l'exécution de leurs mauvais projets » (Aff. étr., Turin 5, fol. 319 v°).

2. Ils furent reçus le 4 juillet par le Roi. « Mémoire de l'arrivée auprès de S. M. des députés de Mrs de Rohan, de Soubise, de la Rochelle, Montauban et Castres » (Aff. étr., France 1743, fol. 25).

3. « Toute la difficulté consiste en ce fort de la Rochelle, dont ils demandent la démolition; S. M. ne peut consentir à leur faire cette grâce en cette conjoncture, mais voudroit

[HHJ DE RICHELIEU. 45

bien que !*• doc <1< (iui.M- ïùt ouvertement d'opinion imnirrifT, fondé sur quelques raisons apparentes, lesquelles furent détruites, < 1 1 1< »î< | n« - non sans hasard pour infini, vu que, si YérrèaétOBBà «ïil été mauvais, il en «fit été responsable.

Il représenta tu Roi1 que, bien que l'audace2 et le trime du nenr de SoubÎK Iusm-iiI tels qu'ils méritanenl no chàtimeot exemplaire, et non aucun pardon. S. M . néanmoins, devoit considérer3 que le t «lu gouvernement des États consistoit à prendre ions les plus propres aux actions qu'on veut faire, et que les -landes et diverses affaires qu'elle avoit Ion sur les bras requéroient que S. M. ne regardai paa présentement l'excès de cette faute, ains la eoiivril de ■ prudence et se contentât de recevoir, pour le présent, des satisfactions qui fussent suffi-

• |u "ils >»<• missent en étal de le mériter par leur obéissance et

nra services, afin qu'elle pût avoir juste sujet de leur

1er » : Herhault à Béthune, \ juillet 1625 (Bibl. nat., ms.

in 3702, fol. 86). Parmi les nombreux pamphlets où la

ition du fort était demandé) re et libre rtis-

court par supplications et remonstranecs très humbles au Roy,

iê salutaire au Boy sur les affaires présentes,

1. Preasi«ère rédaction du manuscrit A : « Le Cardinal donna au R«>i «n eette occasion l'avis suivant. »

Ici commence la repnxlu. tion d'un « Avis sur la rébellion du sr de Soobise », émanant du Cardinal et composé certainement au milieu de juillet, durant les pourparlers de Fontainelocumenl. écrit par le « secrétaire de la main », a Mi<- par Avenel, t. Il, p. 97, d'après France 880, fol. 117; il a été transcrit textuellement dans le manuscrit A, qui port! trace des corrections de temps et de style faites postérieurem. m.

■M 780 : « S. M. considérera s'il lui plait ».

santés au public et n'arrêtassent le cours des desseins de S. M.1, qui pourvoiroit puis après aisément* à tous ces désordres ;

Que les demandes des sieurs de Rohan et Soubise étoient diverses. Les unes regardoient leur particulier et les autres le général de leurs églises prétendues. L'aîné désiroit être employé par terre avec six mille hommes et cinq cents chevaux en Italie et être payé de cent cinquante mille écus qui lui avoient été promis par le traité fait à Montpellier3.

Le second demandoit être employé en Italie par mer, avec les vaisseaux qu'il avoit pris, ceux qu'il avoit et ceux qu'il pourroit mener de la Rochelle.

Pour l'intérêt général des huguenots, ils demandoient tous deux le rasement du fort de la Rochelle.

Que le Roi pouvoit donner emploi à M. de Rohan en Italie*, pourvu qu'on ne lui donnât point plus grand nombre de troupes qu'un régiment et une compagnie de gendarmes5. Gela le pouvoit contenter et ne pourroit lui donner le moyen de desservir le Roi ; mais que le nombre plus grand des troupes qu'il demandoit lui donneroit un corps dans lequel il s'autoriseroit et avec lequel il pourroit revenir en France, au

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