‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 20 sur 89 · Les Espagnols] consommèrent devant cette bicoque · texte numérisé non relu

Les Espagnols] consommèrent devant cette bicoque

une armée de quarante mille hommes, leurs chefs y perdirent

1 li-.riiifiir, leurs armes n'en furent pas peu discréditées. »

3. Voyez la lettp <l IL-rbauIt à Bullion du 21 novembre 1625:

Bprésenttt la <•. institution des affaires présentes

de cet État, les troubles où nous sommes avec les rebelles de la

le secours de ses alliés, il ne fut pas moins dommageable à la défense de Bréda, laquelle néanmoins le Roi n'abandonna pas entièrement, mais bien n'eut-il pas moyen d'y faire tout ce qu'il eût fait sans cela.

Le Roi avoit résolu avec le roi d'Angleterre d'y envoyer Mansfeld avec ses troupes ; l'infanterie devoit être angloise et la cavalerie françoise. Il y en eût envoyé davantage s'il n'en eût eu de besoin contre ses propres sujets.

Il y avoit diversité d'opinions sur le moyen qu'il falloit tenir pour l'y faire passer. Le comte Maurice sollicitoit fort le Roi de l'y envoyer par terre et proposoit quatre divers chemins qu'il devoit tenir1 :

Le premier marchant dans la Flandre tout du long de la côte jusques à Dunkerque, se rendant

religion prétendue réformée, les armées que le Roi entretient dans le royaume par mer et par terre, celle de la Valteline, le secours de deniers donné à M. de Savoie et à plusieurs princes et États d'Allemagne, vous conclurez vous-même que, quand le Roi propose d'entretenir dix-sept régiments de pied dans son armée d'Italie, quatre autres qu'elle a résolu de faire lever, 28,000 chevaux et un attirail d'artillerie, elle entreprend, si j'ose dire, au delà de ses forces, et que l'on ne doit prétendre aucune augmentation de François, moins encore de Suisses » (Arch. nat., KR 1362, fol. 377 v°).

1. Les propositions adressées par le comte Maurice à Louis XIII ne sont connues que par les extraits qu'en donnent les Mémoires. Elles remontent vraisemblablement à la fin de l'année 1624 et furent peut-être apportées au Roi par le commissaire Doublet, qui avait été annoncé au Cardinal par le prince d'Orange le 20 décembre (Aff. étr. , France 246, fol. 17 v°), et dont l'arrivée est mentionnée le 5 janvier par Potier d'Ocquerre : « Le sieur Doublet est arrivé ce soir chargé de très amples instructions » (Bibl. nat., ms. Français 3682, fol. 68). Le manuscrit A, dans sa rédaction primitive, devait

maître, en passant, de deux forts qui y ont été faits, assez incapables de résistera une si puissante armée, et toutefois si bien situes qu'étant entre les mains de Mansl» M ils se pourraient aisément garder et donneraient moyen d'avoir par mer autant de vivres et coumioclit. s qu'on voudroit, par le bénéfice du canal appelé le Scheurken ou la Tente.

Le second faisant marcher son armée plus haut dans la Flandre, entre les rivières de Leye1 et de l'Escaut, ou bien vers les villes d'Ypres et Bruges, où il y a plusieurs places ouvertes et fort riches, lesquelles, sans aucun doute, eussent bien pressé Spinola de leur donner une vigoureuse assistance.

Le troisième attaquant les pays d'Artois et Hainaut, lesquels («uisistant2 en une puissante noblesse et bonnes villes, les Espagnols eussent assurément fait tout devoir pour ne les point abandonner et les assister promptement, de crainte d'une plus grande cons. -quence et du soulèvement général de ce pays-là, glorieux et non accoutumé d'être laissé en proie aux ennemis.

suivre de très près le mémoire du prince d'Orange, mais des corrections importantes ont été effectuées par Sancy lors de la ion du travail; nous signalerons les plus importantes de ces variantes.

1. La Lys ou Leye, rivière de France et de Belgique, affluent de l'Escaut.

remière rédaction du manuscrit A : « Lesquels, ayant fait toujours si grande gloire de leurs privilèges et consistant en une puissante noblesse et bonnes villes, n'eussent jamais pensé ii •!!>• invasion et feroient tout devoir pour n'être point Abandonnés, ains assistés promptement de crainte d'une plus grande conséquence et combustion. >

Le quatrième allant droit vers le Cambrésis et poussant jusques à Bruxelles, là où et aux environs il demeureroit campé, faisant contribuer Brandtschatter, brûler et piller tout le pays sans distinction, ce qu'il faudroit faire aussi tenant les autres trois chemins ci-dessus spécifiés; et si, nonobstant cela, l'ennemi ne vouloit point encore déloger de devant Bréda, qu'il faudroit alors marcher plus avant vers les villes de Lumen1, Thienen2, Hasselt3 et les pays circonvoisins qu'on trouveroit abondants en fourrages4, vivres et autres commodités pour nourrir longtemps l'armée, joint que les deux armées se pourroient aider d'armes et de conseil, selon les besoins qu'ils en pourroient avoir.

Le premier chemin de Dunkerque lui sembloit le plus sûr et profitable, pour ce qu'il étoit le plus court, qu'il n'y falloit pas grand attirail de chariots, de chevaux et autres choses nécessaires pour le train d'une grande armée; que cette entreprise se pouvoit faire, sans crainte de résistance, en tout temps et en toutes les marées basses, à la faveur du fort que S. M. avoit fait faire sur la frontière près de Gravelines ; qu'on se pouvoit aisément emparer des villes de Dunkerque, Bourbourg et autres places voisines, lesquelles prises tout le pays d'alentour, qui est fort riche, seroit mis

Page 1