‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 24 sur 89 · Première version du manuscrit A : a connut · texte numérisé non relu

Première version du manuscrit A : a connut

6. François Barberini (1597-1679), cardinal, secrétaire d'État (octobre 1623), légat a latere en France (avril-septembre 1625) et en Espagne (1626), vice-chancelier de l'Église, évêque d'Ostie et de Velletri.

lion et faire instance particulière que la souveraineté de la Yalh'lim' lut otée aux Grisons1.

Le Roi, ayant eu avis de sa résolution2, commanda au sieur de Béthune d'en empêcher l'exécution, attendu qu'elle n'alloit qu'à la diminution de sa gloire et au dommage de ses alliés3.

Il travailla en vain. Le légat part de Rome*, arrive à Paris le 21" mai, où il est reçu avec toutes les magnificences dues à sa qualité3, dit à Fontainebleau la messe6 à la mi-août, où il communia le Roi et les

1. Comparez Mercure françois, t. XI, p. 184, d'où ce passage est tiré.

2. Klle fut annoncée, en consistoire, par Urbain VIII, le 19 février 1625 (Aff. étr., Rome 36, fol. 102, Béthune à Herbault .

3. L'ambassadeur avait pour mission d a éluder » la nomination du légat et de demander que les négociations fussent pour- <«uivies directement avec le pape à Rome (Aff. étr., Rome 36, fol. 125, Béthune à Herbault, 24 février 1625).

4. Il s'embarque à Cività-Vecchia le 22 mars (Aff. étr., Rome 36, fol. 188). A son passage à Gènes il fit proposer par le dataire de la légation, G.-B. Pamphilio, une suspension d'armes entre cette ville et le duc de Savoie : Bullion à Herbault, 9 avril 1625 (Aff. étr., Turin 5, fol. 180).

5. Sur l'entrée du légat à Paris, voyez Mercure françois, t XI, p. 625, et Journal inédit d'Arnauld d'Andilly, p. 27. Il fut r< (,u en audience publique par le Roi le 27 mai, a à trois heures du soir » : Herbault à Aligre, 30 mai 1625 (Arch. nat., KK 1361, M. 315 y").

6. Ces détails sont empruntés au Mercure françois, t. XI, p. 851. Voyez également le P. Dan, le Trésor des merveilles de la maison royale de Fontainebleau, p. 305 : « Durant cette messe, les chantres de la chapelle du Roi, avec la musique de sa chambre et des Reines, composant divers chœurs, se firent admirer. > Le légat était logé au château, a en un très beau dép.i », tout proche de ceux du Bol 0t de la Reiii'-,

Reines; le 19e, dîne avec S. M.1, aux dépens de laquelle il fut toujours traité et défrayé, lui et sa suite, avec une dépense convenable à la grandeur de cet État. A peine le légat étoit-il arrivé que Buckingham, qui avoit été favori du roi Jacques d'Angleterre et, par une fortune peu ordinaire, l'étoit encore du roi son fils2, vint le 24e mai en France, son ambassadeur extraordinaire, sous couleur de témoigner la joie du roi son maître sur le sujet de son mariage, mais en effet pour deux autres fins3.

« à savoir entre l'un des pavillons et le grand escalier de la cour du donjon, département qui ne se donne point qu'à quelque souverain ou à quelque prince du sang ».

1. Une relation du repas est donnée par le manuscrit de la Bibliothèque nationale Brienne 269, fol. 265 : L'ordre de l'assiette au festin royal fait à Fontainebleau le 19 août 1625 : « On avoit dressé [dans la grande salle du bal], au-devant de la cheminée et sur le haut dais qui est élevé de trois degrés, une longue table avec deux couverts d'un même côté, l'un pour le Boi, l'autre pour M. le Légat. »

2. Emprunt au Mercure françois, t. XI, p. 365; Buckingham était descendu à l'hôtel du duc de Chevreuse, rue Saint-Nicolas-du-Louvre, « le plus richement meublé qui soit à présent en France ».

3. Avec ce paragraphe commence un long emprunt à la « Belation de ce qui s'est passé avec le duc de Buckingham » (Aff. étr., Angleterre 33, fol. 155-159). Ce dernier document est un exposé, au style direct, fait par le Cardinal, de la part qu'il avait prise aux pourparlers engagés avec l'envoyé du roi Charles ; il porte des corrections de forme faites par Charpentier en vue de son entrée dans les Mémoires. Nous possédons en outre un « Avis sur les propositions du duc de Buckingham » (Angleterre 33, fol. 221-222), adressé par le Cardinal au Boi, au cours même de la négociation; il présente certaines analogies avec la relation, composée ultérieurement et insérée dans les Mémoires, et porte en tête de la première page la mention a employé ».

première pour empêcher la paix entre nous et e, dont la venue1 du légat leur donnoit appréhension;

La seconde pour avancer le dessein que les Anglois avoient toujours eu, depuis la perte du Palatinat, de (tire une ligue offensive2 avec nous3.

Il ri 'ou Nia rien de ce qui se pouvoit imaginer pour l'effet qu'il désiroit; mais le Roi ne fut pas conseillé de se relâcher ni en l'un ni en l'autre, n'y ayant appan n< <• de faire une ligue offensive et défensive, ni à se lier les mains pour ne pas faire la paix*.

On lui fit connoitre que l'on vouloit bien promouvoir la restitution du Palatinat, mais qu'il n'étoit pas raisonnable »!e nous y engager jusques à ce point de I i 4 ue offensive et défensive 5 ;

Page 1