Première rédaction du manuscrit A : « favorablement
tne dans la version du Mercure franrois. La correction a
mcy.
Quant aux huguenots, que la signalée victoire que le Roi avoit obtenue sur eux les avoient mis si bas qu'ils ne sauroient s'en relever ;
Et que les grandes offres que feroit le clergé suffiroient pour les subjuguer entièrement, sans toucher aux finances du Roi, qui seroient réservées pour la guerre étrangère, à laquelle le Cardinal conclut.
Le légat ayant reçu cette dernière résolution, en donna avis à S. S., qui ensuite écrivit au Roi, l'exhortant à la paix, remettant le surplus en créance sur son nonce, qui, en vertu d'icelle, déclara que S. S. vouloit envoyer six mille hommes en la Valteline1.
Le Roi, pour réponse, assura le Saint-Père qu'il n'avoit jamais eu autre intention que de procurer de tout son possible la paix en la chrétienté2;
1. Le bref d'Urbain VIII, daté du 14 janvier 1626, fut rerais au Roi le 28 février : Ardier, Mémoires sur l'affaire des Grisons et la Valteline (Bibl. nat., ms. Français 4058, fol. 97 v°). L'objet de l'expédition, dont les dépenses devaient être supportées par le roi d'Espagne, était la reprise sur les Grisons des forts de la Valteline. Torquato Conti, qui avait reçu le commandement des troupes du Saint-Siège, se rendit à Ferrare le 22 février. Voyez E. Rott, Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses, t. III, lre partie, p. 968 et suiv.
2. La lettre de Louis XIII porte la date du 10 mars 1626. Nous en donnons le texte d'après le registre des Archives nationales K.K 1363, fol. 161 v° : « Nous avons reçu par les mains de notre cousin, le cardinal Spada, nonce de V. S. près nous, le bref qu'il lui a plu nous écrire du 14e janvier, par lequel V. S. continue de nous exhorter à la paix publique, ledit cardinal nous ayant toutefois fait entendre la résolution qu'elle a prise sur les concurrences présentes de la Valteline, sur quoi nous dirons à V. S. que notre conduite et nos actions
Que S. S. savoit bien que le vrai moyen de l'établir la maintenir « toit d'empêcher que le fort n'opprimât le toil>le, qui étoit la seule raison pour laquelle il avoit entrepris de défendre ses alliés, en quoi l'Italie n'avoit pas peu d'intérêt;
S. M. se promettoit que, comme S. S. le conviait à li paix, elle ne ferait aucune action qui l'en dût détourner, l'assurant qu'honorant particulièrement sa personne comme elle faisoit, elle serait extrêmement tachée qu'elle le contraignit a prendre une
ont toujours fait connoître, et nous l'avons plusieurs fois déclaré, que nous n'avions autre intention que de procurer et assurer autant qu'il nous a été possible la paix de la chrétienté,
Bine \ , S. sait que le vrai moyen de l'établir et de la maintenir est d'empêcher que le foible soit opprimé par le plus fort, aussi est-ce la seule raison qui nous a mû d'entreprendre la juste défense de nos alliés, en quoi nous estimons que tous les princes, et principalement ceux d'Italie, ont un notable intiit't. Nous HOU promettons aussi que V. S., nous conviant à la paix, ne fera aucune action qui nous en puisse par nécessité détourner, l'assurant que, comme nous honorons particulièrement sa personne, nous aurions un extrême déplaisir si nous étions contraints à prendre une résolution contraire au\ uit. nti nu, que nous avons eues jusques à présent, et nous i - m- it.uit «lu surplus à ce que le sieur de Béthune lui dira de part, nous prierons Dieu, Très Saint-I'i re, qu'il railla veiller Y. S. » Ardier, dans le manuscrit cil»-, rapporte la • de Louis Mil au nonce : « A cette déclaration v M
Mit qu'elle eût plutôt attendu de la prudence de S. S. une sage entremise pour éteindre et pacifier les troubles entre les résolution qui les pût brouiller davantage, que S. M. ne laisserait pas de cons<r\< i tout \r. respect qu'elle la dignité du Saint-Siège, mais que, les gens du Pipe étant joints avec les Espagnols, ses soldats ne pourraient pas les distinguer et Ul traiteraient désormais comme gens de solde et de faction espagnole. »
résolution contraire à celle qu'elle avoit toujours eue jusques à présent ; que le sieur de Béthune lui en diroit davantage.
Cependant, pour ce que le Roi se voyoit être peu assuré des Suisses en cette occasion, attendu que le duc de Féria avoit, depuis peu, levé aux cantons catholiques trois régiments qui font sept mille hommes1, dont il se servoit en son armée d'Italie contre le Roi, afin de voir quel secours il pouvoit attendre d'eux en l'affaire de la Valteline, les choses ne venant pas à être terminées si promptement, et pour les exciter à s'employer de tout leur pouvoir en une occasion si importante, S. M. se résolut d'envoyer en Suisse le maréchal de Bassompierre en qualité de son ambassadeur extraordinaire2.
Il lui donna charge3 de représenter ce qui s'étoit passé en la négociation de M. le Légat, et comme le Roi n'avoit rien oublié de tout ce qu'il avoit jugé convenable à sa cordiale affection vers la république helvétienne, et à sa dignité royale qui doit procurer le bien
1. Notamment les deux régiments de Beroldingen et de Flechenstein (E. Rott., op. cit., p. 868). La demande en avait été présentée aux députés catholiques réunis à Lucerne (31 janvier 1625) par l'ambassadeur d'Espagne, Ogliani.
2. L'ambassadeur ordinaire était Robert Miron, qui représenta le roi de France auprès des cantons suisses du 16 novembre 1617 au 19 juin 1627.
3. Les Mémoires reproduisent de longs extraits de 1' « Instruction baillée à M. le maréchal de Bassompierre, allant ambassadeur extraordinaire en Suisse, du 28 octobre 1625 » (Aff. étr., Suisse 19, fol. 247-257). Ce document ne porte toutefois aucune trace d'utilisation par Sancy ou ses collaborateurs. Les instructions données à Bassompierre ont été minutieusement analysées par M. E. Rott., op. cit., p. 922-924.
1 1 l< repos de ses alliés, pour induire S. S., avec tout le respect qu'elle lui vouloit rendre, à moyenner, rumine père commun, le rétablissement de toutes choses en la Valteline, comme elles étoient par le pute, <-t la paix en Italie;
Qu'il en avoit fait de grandes instances, mais que tout cela ne s'étant pas terminé à la fin qu'il eût désiré, S. M., voyant que les choses prenoient le chemin de tin i en longueur, l'a voit dépêché vers eux pour les disposer, ou d'entrer en ligue avec elle, la république de Venise et M. le duc de Savoie1, pour procurer la restitution entière de la Valteline et desdits comtés aux Grisons, ou, sans entrer en ligue, de continuer leurs instances particulières au Pape et au roi d'Espagne de remettre les Grisons en ce qui leur appartient, ou de faire un accord par lequel la France, Venise et eux eoDtribueroîeni a la garde des forts tenus à présent par S. M. en la Valteline et aux Grisons, pour la conservation desdits pays;
Qu'ils dévoient considérer qu'il y avoit grande différence1 des intentions de cette couronne à celles d'Esoe en leur endroit;
<Jue la France n'avoit tra\ aillé qu'à leur repos et conservation, ft raffermissement d'une bonne union3 et
1. Il s'agissait d'obtenir l'adhésion des cantons aux stipulations du 7 février 1623, connues sous le nom de ligue d'Avignon.
2. Manuscrit A : a qu'il y a ». La plupart des corrections de temps n'ont été faites, pour les huit alinéas qui suivent, que sur I' manuscrit B.
i i commence le vingt et unième cahier du manuscrit A, ainsi résumé par Charpentier : « Suite des ordres du mar< •< liai de BassMinpi! rrt .illant m Suisse. Espagne recherche la paix. »
correspondance entre les uns et les autres; au contraire, les Espagnols travailloient incessamment à les diviser et désunir par les jalousies qu'ils jetoient entre les catholiques et les protestants, en dessein, lorsqu'ils les auroient affoiblis, de les assaillir et les assujétir les uns après les autres, sous divers prétextes de religion ou de prétentions anciennes de la maison d'Autriche sur leurs États, de laquelle ils disoient que lesdits cantons s'étoient soustraits, et que de ce dessein lesdits cantons en dévoient avoir d'autant plus de défiance, qu'outre les avantages qu'avoient les Espagnols de les environner et enfermer par les États de Milan, de Bourgogne et d'Allemagne, il étoit évident que leur ambition n'avoit point de bornes, et qu'ils aspiroient à l'invasion entière de l'Italie, de l'Allemagne et de tout leur pays;
Que le Roi n'avoit entrepris cette affaire de la Valteline que pour l'intérêt qu'ils avoient de ne pas permettre le démembrement que l'on vouloit commencer de l'État des Grisons;
Que la bonne ou mauvaise issue de cette affaire leur pouvoit causer du trouble ou du repos pour l'avenir ;
Qu'ils déclarassent à S. M. quels remèdes ils estimoient plus convenables pour terminer les maux présents, tous lui étant indifférents, pourvu qu'ils fussent bons et utiles pour eux et pour leurs alliés1 ;
1. Les Mémoires omettent la fin de la phrase, qui précise l'attitude à suivre par Bassompierre : « Essayant avec adresse dans l'examen des expédients qui se pourroient y prendre de les faire tomber d'eux-mêmes à l'un des sus-exprimés, qui sont les seuls dont ils peuvent retirer avantage » (Aff. étr., Suisse 19, fol. 251).
Qq( la proposition d'entrer en ligue avec S. M., Venise et Savoie, n'étoit point hors de raison, pour ce qu'ils ut- Muraient jamais s'engager en une affaire avec l»lu> d'honneur, de sûreté et de justice que celle-là1.
Kt outre cela, que cette union produiroit incontinent la paix et le rétablissement des Grisons en leur pays, tel qu'il se pouvoit désirer, vuque, lorsque les Espagnols verroient que tout le corps seroit joint en cette ligue, et «iue l'on offriroit de pourvoir suffisamment à la de la religion catholique, ilsseroient contraints d'acquiescer et consentir à un accord raisonnable2, parce que, outre qu'ils ne pourroient pas s'opposer à telles puissances, le prétexte de religion dont ils l'< ti. nt servis jusques à présent leur seroit ôté, et Dette résolution ne seroit pas irnprouvée par le Pape, qui (lésii-oit la paix; au contraire l'on devoit juger qu'il r.ini'oit birii tgréable, afin «l'avoir plus de force sur nols pour les induire à lui faire instance de <•« Été restitution de la Valteline aux Grisons, à quoi depuis quelque temps ilsavoient résisté3.
1 La phrase suivante du texte primitif a été supprimée l«>rs de la i lu mamiM-rit : « Étant certain que cette uni. m
produira incontinent la paix. Mais outre qu'ils ne pourraient I s'engager en une affaire avec plus de justice que celle «jui >.- présente avec les princes confédérés, ledit sieur maréchal leor fera connottre... »
Misiru. ti..u |.. ut. : « accommodement ». • inière rédaction du manuscrit A : « Que celle qui leur !■• de demander an Pape le restitution d<- ladite \ alteline an faveur dj esl sans péril et ne peut
tisses «M se venlenl abandonner à eux-mêmes, joint <|u. déjl les «aillons catholiques sont d'eux-mêmes entrés en <:•• paragraphe « été également supprimé lors i"u «lu manuscrit
Que le second expédient1, qui étoit de continuer leurs instances pour la restitution de la Valteline aux Grisons, étoit sans péril, et ne pouvoit être rejeté si lesdits Suisses ne se vouloient abandonner eux-mêmes sur ce sujet; que les cantons catholiques étoient entrés d'eux-mêmes en cette instance2, ayant, en l'assemblée qu'ils avoient tenue à Lucerne le mois de septembre dernier3, déclaré que le seul remède pour terminer les différends de la Valteline étoit de la rendre aux Grisons, leurs légitimes maîtres, avec suffisantes assurances pour la religion catholique, et ensuite avoient écrit au Pape, à S. M. et au roi d'Espagne, pour les exhorter à la paix, ainsi qu'il se voyoit plus particulièrement par Yabscheid de l'assemblée, et par les lettres desdits cantons4;
Que la troisième proposition qu'on leur mettoit en avant, touchant la garde des forts de la Valteline et conservation du pays des Grisons5, étoit aussi du tout
1. Le manuscrit A portait tout d'abord, comme l'instruction : « Pour le second expédient qui aboutit à faire que les Suisses demandent la restitution de la Valteline » ; la correction a été faite sur ce manuscrit par Sancy.
2. Le manuscrit A, dans sa forme primitive, était ainsi conçu : Il est à propos que ledit sieur maréchal sache que les cantons, etc.. ». Les neuf premiers mots ont été biffés lors de la révision du texte.
3. Sur la diète de Lucerne (10-12 septembre), voyez E. Rott, op. cit., p. 906 et suiv. Le recès adopté par l'assemblée des cantons catholiques fut d'ailleurs modifié peu après dans un sens favorable aux demandes du Saint-Siège.
4. Comparez le texte de l'instruction : « Ainsi qu'il se verra plus particulièrement par Yabscheid de l'assemblée et par les copies des lettres desdits cantons qui seront baillés audit sieur maréchal ».