Dans l'instruction originale, le même paragraphe com
nécessaire si les affaires ne se terminoient promptemciil1, étant certain qu'autrement les Suisses et les (ii mm >i in se trouveroient enfin incommodés des grandes ■finéea qui passeroient et séjourneroient sur leurs
I (afs; au lieu que, la garde des forts ayant été bien établie, le différend de la Valteline ne les empêcheroit
le vivre comme s'ils étoient en bonne paix, et, de plus, ils se rendroient maîtres des lieux que Ton vouloit usurper et des passages dont les Espagnols ne se pouvoient servir que pour se rendre maîtres de l'Italie et de l'Allemagne, ce qui, par suite infaillible, rejailliroit enfin à eux;
Que s'ils ne vouloient entendre à contribuer à la dépense*, mais a fournir seulement d'hommes, pour tenir, avec les François, garnison es dits forts, à la solde de S. M. et de Venise, il seroit au moins de besoin qu'ils entrassent en accord avec eux pour la sûreté et conservation d'iceux envers et contre tous,
I I pour la manutention des Grisons en leurs États et pays, jus(|u« s a ce que le principal différend entre lesdits Grisons et Valtelins fût terminé, et que les choses fussent rétablies entre eux* dans un bon ordre, pour leur repos commun, et que S. M. auroit à plaisir que
menée ainsi : « Le troisième expédient qui consiste à faire convenir les cantons avec S. M. et la république de Venise pour la garde des forts de la Valteline et la conservation du pays ■•te... »
1. Instruction originale : « par une bonne et prompte paix ». [/instruction contenait une appréciation défavorable à l'égard cl.-, Suisses, <ju.- l.-s Mémoire* n*OBl pas reproduite : <• sont gens qui ont accoutumé de se Caire si viraux dépens d'autnii, il y a grande apparence qu'ils n'y voudront pas enlrii'li
les cantons protestants, conjointement avec les catholiques, intervinssent à cet accord par un mutuel désir et consentement.
Ledit maréchal, ayant reçu ce commandement de S. M., s'y achemina au mois de novembre de ladite année1.
Peu après le partement de M. le Légat, les Espagnols, que leurs affaires pressoient de faire la paix en Italie, et qui avoient espéré que, sans qu'ils fissent mine de s'en mêler, elle se feroit avec plus grande réputation par l'entremise du légat, qui ne parloit qu'au nom de S. S., sans qu'ils y intervinssent aucunement, se voyant trompés en leurs espérances, cherchèrent d'autres moyens pour renouer le traité de la paix.
Pour cet effet, ils écrivirent à Rome et sollicitèrent qu'on leur envoyât le légat en Espagne, et donnèrent charge au marquis de Mirabel, leur ambassadeur en France, de voir si dextrement il pourroit, avec la réputation de son maître, en entrer en propos avec les ministres de l'État2.
1. Cette phrase a été intercalée dans le manuscrit A par Sancy, à la suite de l'instruction de Bassompierre. Bassorapierre quitta Paris le 18 novembre et fit son entrée à Soleure, siège de l'ambassade, le 12 décembre. Voyez E. Rott, op. cit., t. III, p. 1001.
2. Les Mémoires reproduisent à partir du paragraphe suivant le récit de la négociation rédigé par Schônberg : « Propos tenus entre M. le maréchal de Schônberg et le marquis de Mirabel. » Ce document, conservé aux Affaires étrangères, Espagne 14, fol. 285, porte des corrections de la main de Sancy, qui a modifié le style direct de la relation (voyez, sur l'ouverture de ces pourparlers, Vittorio Siri, Memorie recondite, t. VII, p. 29, et Bassompierre, Mémoires, t. III, p. 210). L'ini-
Il vit le maréchal de Schônberg1, et commença son discours par le déplaisir qu'il avoit de ce que le légat ttoit parti de la cour sans rien faire, et qu'il sembloit qu'il en voulût rejeter la cause sur l'Espagne, qu'il avoit charge de son maître de déclarer ici que les diflouftéfl ne procédoient point de lui, et le prioit de dire
B M. et à son Conseil que le roi d'Espagne lui avoit donne charge de dire qu'il désiroit la paix, et ne s'ar-
tiative en aurait été prise par Mirabel, qui pressentit Bassompierre à Fontainebleau, le 27 septembre; finalement, avec l'assentiment du Cardinal, une première conférence eut lieu entre l'ambassadeur d' Espagne et Schônberg, dans la demeure de ce dernier, à Saint-Germain, le 27 octobre. Ardier a également utilisa la relation de Schônberg fausses Mémoires sur l'affaire drs Grisons et Valteline (Bibl. nat., ms. Français 4058, fol. 101), d'où l'analogie que présentent son récit et le texte des Mémoires, sans qu'il y ait filiation entre les deux documents. Voyez l'étude consacrée par M. Delavaud à l'œuvre d'Ardier, Rapports et notices, fasc. V, p. 213.
1 Henri de Schônberg avait reçu, en juin 1625, la charge de maréchal de France, rendue vacante par la mort de Roquelaure. Selon l'ambassadeur vénitien Morosini (dépêche du 22 juin, Calendar of state papers, Venice, t. XIX), ce choix avait paru comme un gage donné par le Roi aux partisans de la guerre contre les huguenots et semblait devoir préparer la disgrâce du Cardinal et le rappel à la cour du prince de Condé. I i la lettre adressée d'Amiens par Marie de Médicis à Louis XIII, le 18 juin 1625 : « Je suis très aise du choix que vous avez fait du comte de Schônberg pour remplir la charge de maréchal de France que tenoit mon cousin le maréchal de Roquelaure. Cette marque d'honneur que vous lui donnez loublera le courage pour continuer à vous servir dignement i-omiiie il a fait jusques ici » (Bibl. n.it., m s. Français 3708, 1 M lettre de Richelieu au cardinal de la Valette de septembre 1624 (ms. Nouvelles acquisitions françaises 1 ;i 9 faisait déjà allusion à la rentrée en grâce de Schôn-
btrg.
rêtoit point à cette vanité qui parlerait le premier; qu'il traiteroit ici par ledit marquis de Mirabel, ou bien enverroit, pour cet effet, quelque autre vers le Roi, et le prioit qu'il lui voulût faire prompte réponse, d'autant que les affaires pressoient.
Après cela, il voulut rentrer dans la négociation de M. le Légat et dans le traité du commandeur de Sillery, disant qu'il falloit avoir égard à contenter le Pape. Puis après il parla des passages, et insista qu'il en fût fait quelque petite mention, en telle forme que le Roi ne fût pas blessé en sa réputation. Et cela en termes si honnêtes qu'il étoit aisé à juger qu'il s'en départiroit, moyennant que S. M. ne demandât en iceux que les mêmes choses qu'elle avoit eues au passé. Il ne fit point d'autre difficulté audit maréchal, reconnoissant même qu'il ne seroit juste que les Grisons perdissent leur souveraineté sur les Valtelins1.
Le maréchal lui répondit que l'état des affaires ne permettoit pas de faire un nouveau traité; que, si la négociation duroit plus d'un mois, les choses seroient engagées entre les deux couronnes; qu'il en falloit demeurer au premier article du traité de Madrid, et que, pour parvenir à un accommodement, il étoit nécessaire que les deux rois ne prétendissent tirer aucun avantage sur l'honneur, les États et les alliés l'un à l'autre ; que de rentrer dans les difficultés de M. le Légat et celles du traité de Rome, ce ne seroit
1. Comparez le texte de la relation de Schônberg : « En termes si honnêtes qu'à mon avis il s'en départira, moyennant que S. M. ne demande en iceux que les mêmes choses qu'elle a eues au passé, et ne m'a point fait d'autre difficulté, reconnoissant même qu'il ne seroit pas juste que les Grisons perdissent leur souveraineté sur les Valtelins. »
jamais l'ait, et qu'il falloit voir quelles ditlieull. pourraient rencontrer entre les deux couronnes pour < . l mommodemeot; et puis, si les parties convenoient ensemble, qu'elles trouveraient bien aisément après l<s moyens «le contenter le Pape.
Ils demeurèrent d'accord que leur entretien devoit être tort secret.
S. M., ayant su ce discours, commanda qu'on dit, de sa part, au marquis de Mirabel ■ :
Qu'il avoit eu fort agréable la proposition qui avoit Hé faite par ledit marquis, avec la candeur et franchise dont il avoit usé, qui faisoit connoitre l'affection du roi d'Espagne envers S. M., laquelle de sa part ooatribueroifl ce que l'on pouvoit justement désirer d'elle pour le maintien de cette bonne intelligence;
Que !<• vrai moyen de taire la paix étoit que les deux
M voulussent pas en icelle tirer l'avantage l'un
sur l'autre, parce que, désirant tous deux conserver
leur honneur plus que leur vie, ils hasarderaient de la
perdre plutôt que délaisser entamer leur réputation;
Que le roi (TflnpigUf ne pouvoit rien prétendre le* GrtSOtlS d MB 1rs Valtelinsqui ne tût préjudiciable a l'homieor du Roi, puisque ce serait une nouveauté et un accroissement I l'Espagne sur les alliés de S té;
Que le seul moyen donc de taire la paix serait que ledit roi, de bonne foi, se départit de la prétention
1 La source de ce passage est la « Réponse qui sera faite au nom du Roi au marquis de Mirabel » (Vff. étr., Espagne 14, IM de guider le copiste, les lettres Cet D, portées sur ce document, indiquent le coiinm-m «nient et la fin du passage à transcrire.
des passages, qui sont toute la cause de ce différend.
Et pour le regard du Pape, Sa Majesté procureroit avec effet tous les avantages que Sa Sainteté pourroit raisonnablement désirer pour la religion catholique, et les deux rois, en l'exécution de ce traité, observeroient tout ce que des enfants très affectionnés au Saint-Père doivent et peuvent faire pour sa satisfaction.
En même temps Fargis1, ambassadeur du Roi en Espagne, mandoit de deçà qu'il voyoit bien que les Espagnols désiroient bien passionnément la paix, pressés par l'état présent de leurs affaires en Italie et en Allemagne8, et que le comte d'Olivarès lui avoit deux ou trois fois tenu des discours par lesquels il montroit qu'il la désiroit absolument.
Sur ces avis, le Roi lui fit réponse, le 29e octobre3, qu'il prît bien garde à conserver tellement la dignité de S. M., qu'il ne fit rien dont ceux qui raffinent le point d'honneur pussent tirer avantage ;
1. Charles d'Angennes, seigneur du Fargis, conseiller d'Etat, maréchal de camp des armées du Roi. Il occupa l'ambassade de Madrid de 1620 à 1629. En juillet 1625, il sollicita la succession de M. de Béthune à Rome (Aff. étr., Espagne 14, fol. 212); mais Marie de Médicis, « affectionnée à tout ce qui vous convient », dit Herbault à Fargis, jugea la demande prématurée (Arch. nat., KK 1362, fol. 155, 26 août 1625).
2. Comparez la lettre du Roi à du Fargis du 29 octobre : « Sollicités et pressés, comme j'estime, par l'état présent de leurs affaires en Italie et en Allemagne » (Aff. étr., Espagne 14, fol. 283).
3. Louis XIII donna ses instructions à l'ambassadeur du Fargis par deux lettres datées du 25 et du 29 octobre et adressées par le même courrier, qui ont été l'une et l'autre reproduites en partie dans les Mémoires. La lettre du 29 a été la première utilisée.
Qu'il y ■ tant «l<" différence entre ce que les Espagnols «lisent et œ qu'ils l'ont, voire même en ce qu'ils disent un jour <t œ qu'ils dieenl l'antee, qu'on ne saurait l'aire un jugement certain des intentions et desseins de telles gens.
Il seurotl donc que, si la paix se pouvoit faire à conditions honorables et ftàra, en sorte que la chrétienté n \ trouve rien à redire, et que ce qui seroit arrêté lût nel et effectif1, S. M. ne s'en éloignerait pas, ains au contraire y entendroit volontiers, n'ayant point entrepris cette guerre par aversion qu'il eût à . mais par la nécessité qu'il avoit de conserter ses stt
nue les conditions que le Roi demandoit n'aboutissoient qu'à deux principales : l'une à l'exclusion des passages, l'autre à la conservation de la souveraineté des Grisons;
Que le légat n'a jamais (ait difficulté invincible que pour la souveraineté, croyant bien que sur les pas- MSjSs l'Espagne s'accommoderoit à ce que la France e raisonnablement, et de la souveraineté encore il ne l'. n suit difficulté que sur ce que c'étoit le Pape srul ijin t'aisoit le traité, sans qu'aucune des deux couraonee y intervint; «'t il lui sembloit honteux que le Saint-Pérc soumit, par un acte qui provint purement
de lui. les catholiques I le domination des hérétiques, -l'on il ee Noii rnsntiestemenl <|u»\ si l'Espagne inter-
\« nuit* avec la France en un traité, S. S. n'auroit
la lettre du 25 octobre : « et que ce qui sera i réellement exécuté ».
2. Lettre du 25 octobre : « Mais afin que \<>us jttgfol mieux de tout, je tous envoie un mémoire succinct des principaux
peine quelconque d'adjuger ladite souveraineté à qui elle appartient;
Que la question donc consisteroit à ce que les deux rois y intervinssent ensemble; que, puisque le comte d'Olivarès n'en fait pas difficulté, mais seulement de savoir qui commencera à témoigner désirer que son compagnon intervienne, ledit Fargis, s'il est assuré que la paix s'en ensuive, pourroit dire au comte d'Olivarès :
Que le légat étant venu en France, et ayant presque tout ajusté, fors ce qui est de la souveraineté, faute de l'intervention d'Espagne1, le Roi sera bien aise de savoir si ce sont eux qui font cette difficulté ;
Qu'ils pourront répondre que ce n'est point eux, et sur cette demande et réponse il faudra convenir et intervenir pour lever cet empêchement.
Et d'autant que le comte d'Olivarès pourroit2, sur l'ouverture de cette intervention, répondre, selon les termes qui ont été tenus vers le Pape, que le roi d'Espagne est prêt d'entrer en traité, pourvu que les forts soient remis, avant toutes choses, es mains de S. S., que S. M. entend que cette difficulté soit vidée avant que faire la proposition qu'elle lui3 a ordonné, et que
points qui ont été agités en la négociation dudit légat, par où vous verrez que si l'Espagne intervenoit... »
1. Lettre du 25 octobre : « Fors ce qui est de la souveraineté des Grisons, à laquelle il dit ne pouvoir toucher sans lin tervention d'Espagne... »
2. Les trois paragraphes suivants reproduisent un fragment de la lettre du Roi du 29 octobre (Aff. étr., Espagne 14, fol. 283). En regard du passage à transcrire, Sancy a tracé les lettres G-H à la marge.