I' <la<tiiin du manuscrit A : « les ports furent
fermés >• n fciglaturm ■
' Dansera*, secrétaire delà reine (AH', «n-., âagUtarn
>t longuement rapporte par Tillières, <<•<% p. 109.
pi<- <!•• 1 .-dit rOTtl 'In M novembre 1625 ■ pour la suppression de la religion papiste » est conservée aux Arch.
nat .
que le bien appartenoit aux sujets du Roi. L'un d'eux, qui étoit du Havre, fut relâché parce que le gouverneur de la place a voit, par représailles, arrêté quelques Anglois.
Les marchandises des autres furent vendues à vil prix, à la vue de Blainville, et ne fut pas permis aux marchands à qui elles étoient de les retirer à l'encan pour le prix auquel les autres les achetoient1.
Buckingham arrive là-dessus, fait semblant d'être marri qu'en son absence on ait lait ces choses, met la faute sur Blainville, la présence duquel il dit être nuisible aux affaires; qu'il adouciroit l'esprit du roi tant qu'il pourroit, bien qu'il eût été traité en Hollande un peu rudement de la part de la France.
Au lieu de le faire, il s'en alla aux champs pour laisser plus facilement, en son absence, traiter mal la reine et les catholiques, sans en pouvoir être apparemment accusé.
Bien que toutes ces choses se fissent en suite du dessein qu'ils avoient pris dès le commencement de chasser les François, il n'osa pas néanmoins se porter alors à cette extrémité, et pendant qu'il fut éloigné les affaires demeurèrent au même état qu'elles étoient; mais celles qui concernoient l'ambassadeur alloient toujours en empirant2.
1. Voyez la dépêche de Blainville du 29 décembre : « La résolution que le Roi a projetée d'arrêter les vaisseaux anglois a mis un peu l'alarme parmi les marchands. Cela a été cause que Buirlemae m'est venu trouver pour me prier de donner ordre que cela ne s'exécutât pas en France et qu'assurément on auroit justice en ces quartiers dans dix ou douze jours au plus tard » (Angleterre 33, fol. 315). Cet incident n'est pas rapporté par Tillières.
DE KII'IIKMEU. 171
Le Cardinal, ■▼erti de toutes DM choeee* en prévoit encore de pires à l'avenir si elles n'« loicnt prévenues par un iage conseil4.
Il considère que l'ambassadeur «lu lloi en Hollande i «miimis une grande faute au refus absolu'2 qu'il a tait, (le la part «lu Roi, au duc de Buclvin^ham de venir eu France, ayant pensé que la dépêche qu'il avoit i e ne «le la cour l'obligeoit «le parler ainsi; au lieu que l'ordre du Conseil avoit été simplement qu'il tint un ige au duc qui le conviât, en venant en France, d'apporter contentement au Roi ;
Que cette faute avoit produit sur-le-champ le rappel dei faiaeeaux des Hollandois, et, ayant animé Buckingham contre la France, lui faisoit promettre tout secours aux huguenots de la part du roi son maître;
Qu'en matière d'État, quoiqu'il n'y ait rien plus facile que de faillir, si est-il plus difficile encore de n parer une faute qu'il n'est aisé de la commettre; BHM que, pour réparer celle-ci, le meilleur moyen étoit
I Ici commence probablement un emprunt à un avis contemporain du Cardinal, qui ne nous est pas parvenu sous sa forme originale.
1 spesses lente de justifier sa conduite dans une dépêche lé* le 25 décembre au Roi : « Je puis dire que, l'[Buckinayant irouvé d'un côté en humeur de subtiliser sur tout et d'autre de ne perdn* nullf occasion, pour légère qu'elle fût, de s'offenser, je me suis trouvé fort empêché, lui voulant faire iili' ation qui m'étoit 1res précisément ordonnée de la part de V. M., jf 'mu rois fortune qu'il ne l'eût pas tenue pour assez forrii.ll. , it je me fusse mis i le trop radoucir et dissoudre en belles paroles, inconvénient que je jugeois plus grand et plus BOUarain à l'intention de V. M. <|ii<- «•-lui de If piquer, dont néanmoins y me suis gardé au possible jusques à user de beaucoup de patience pour lui laisser évaporer sa colère qu'il < pan < huit partout » (Bibl. nat., ms. Français 3686, fol. 30).
d'y employer le crédit particulier1 que M. et Mme de Chevreuse y avoient.
Ce qui lui donnoit peine étoit qu'il jugeoit bien que la jalousie de Blainville, qui étoit en Angleterre, lui feroit, s'il se pouvoit, mesurer ce conseil par l'événement. Mais enfin, après y avoir longtemps pensé, prévoyant qu'il falloit nécessairement2 ou chercher quelque voie d'accommodement, ou venir à une rupture ouverte, laquelle, quoique ledit Blainville, passionné, pensât tout le contraire, ne pouvoit être jugée de saison, il passa par-dessus cette considération. Et, pour exécuter son dessein de l'entremise desdits sieur et dame de Chevreuse, usa de cette dextérité : il fit que le Roi, comme lassé de toutes les plaintes qui lui venoient d'Angleterre, fit reproche au duc de Chevreuse que les secrètes intelligences que lui et sa femme y entretenoient étoient préjudiciables à son service et au bien de la religion, et qu'ayant fait le mal il vouloit qu'il y apportât le remède.
Le duc, pour sa justification, consentit que Bautru allât en son nom en Angleterre pour dire de sa part, au roi et à Buckingham, ce que S. M. trouveroit bon.
Il partit avec charge de dire3 ingénument qu'il étoit
1. Première rédaction du manuscrit A : « pour réparer celle-ci, il proposa d'y employer le crédit particulier ».
2. Première rédaction du manuscrit A : « Cependant, jugeant bien que la jalousie de Blainville qui est en Angleterre feroit, s'il se pouvoit, mesurer ce conseil par l'événement, il différa longtemps. Enfin, prévoyant qu'il falloit ou chercher quelque voie d'accommodement ou venir à une rupture ouverte. » — Ce passage, comme le précédent, porte trace de corrections de Sancy.
[16 JV DE RICHELIEU. 173
envoyé dudit sieur de Chevreuse, à qui on imputait
<ii France tout ce <|iii arrivoit de mal en Angletcnv. Ce |iii avoit t';iit qu'y voyant les affaires prêtes d'en venir a lY\treiiiité, il avoit désiré voir s'il y avoit lieu • le remède, pour prendre ses mesures sur cela;
Que sa femme était celle qui avoit fait naître le tant au désespoir de se voir réduite à quitter pour jamais la cour si les choses n'alloient bien1;
Que, pour son intérêt particulier, elle ne voudroit pes donner conseil qui leur lût contraire ; mais que, si îfaires le leur pouvoient permettre, ils l'obligeraient grandement de faire en sorte que toutes choses s'accommodassent, afin qu'elle eût triple contentement : l'un, de n'être point maltraitée de ses proches, «le qui elle recevoit mille mauvais offices en cette occasion ; l'autre, de n'être point soupçonnée de tout le monde universellement qui la maudissoit; le troisi» tut. de pouvoir voir ce qu'elle aiTectionnoit ;
tru, allant en Angleterre »; cette instruction, qui est certainement l'œuvre du Cardinal, n'est pas signalée par Avenel. La copie du document qui a servi aux secrétaires des Mémoires nservée à la Bibl. nat., ras. Français 15990, p. 143-l'i4; Il de la main de Le Masle des Roches; en tête figure la mention i employé » écrite par Charpentier. D'après le témoignage de l'ambassadeur vénitien Morosini, Richelieu aurait lui-iiii'-m.- établi l' s inxtnii tions de Guillaume Bautru, ne mettant dans la confidence que le nonce, Chevreuse et Morosini (dépêche du lo' décembre), et l'envoi de cet agent en Angleterre .mi. m !■• ncontré la plus vive opposition de la part du Roi lies du 17 et du 30 décembre). Ces documents ont été publiés par M. Allen B. Minds, Calendar of State Papers, Venice, vol. \l\. 1913, p. 249-263.
1 sur 1<- retour à la cour de la duchesse de CLflfrf m en juillet 1(12"», fOjm !.. Matillol. la Duchesse de Chevreuse, p, 7."..
Que ledit duc avoit parlé aux ministres1, de tous lesquels il a appris qu'ils ne pouvoient croire qu'il2 vînt en France sans apporter tout contentement au Roi ; qu'y venant ainsi il seroit bien venu et bien reçu, ce qui paroissoit bien, en ce que, quand il viendroit autrement, le Roi seroit très fâché de ne pouvoir, par considération de sa dignité et par raison d'État, le recevoir comme S. M. le désireroit.
Et sur ce qu'il s'étoit plaint qued'Espesses3, ambassadeur du Roi en Hollande, lui avoit bien tenu un autre langage, il eut charge de lui dire que l'intention du Roi n'avoit jamais été autre que ce qu'il lui disoit, et que M. de Ghevreuse s'en étoit fort bien éclairci; mais que, s'il se met sur les rodomontades, il lui fit connoître vertement qu'il trouveroit qu'on ne les appréhendoit point, et qu'il étoit à craindre que par là ils ne nous portassent à faire la paix avec l'Espagne.
S'il disoit qu'il secourroit la religion, qu'il argumentât avec lui comme de lui-même4 en cette sorte :
Qu'en premier lieu, ils seroient blâmés de tout le monde en le faisant, nul ne pouvant approuver qu'un prince secourût des rebelles en l'État d'autrui; que, comme l'exemple en est mauvais, la conséquence pourroit n'en être pas bonne ;
1. Sancy a corrigé sur l'instruction originale : « de la part du mari, il dira qu'il a parlé aux ministres », remplaçant ces mots par : « que ledit duc a parlé aux ministres ».