‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 46 sur 89 · Var. de France 246 : « de glorieux au dehors · texte numérisé non relu

Var. de France 246 : « de glorieux au dehors

de nniir Itt

la guerre dernière, <le vouloir profiler de l'occasion;

Partant, qu'il n'y avoit point è douter que le premier efl principal d marin que S. M. devoit avoir De lût de ruiner ce parti ;

Mais qu'il falloit voir si le temps et l'occasion y étaient aussi propres, maintenant (|ue l'on avoit de l'occupation au dehors, comme le sujet qu'ils en avoient donne par leur longue rébellion efl étoit grand et odieux à tout le monde ;

Que, pour le bien juger, il falloit voir les raisons qui pon\ oient donner lieu de continuer sans délai cette entreprise, et celles au^si qui pouvoient convier à remettre la partie à une autre fois;

Que tous les peuples et communautés, et la plupart des compagnies souveraines de ce royaume, étoient tellement prévenues en l'opinion que l'on devoit faire présentement la guerre aux huguenots1, et que leur mine était aisée, qu'ils tenoient et publioient pour mauvais catholiques ceux qui parloient seulement contre ce sentiment, étant fomentés en cette pensée par plusieurs grands mécontents*;

I Comparez la Harangue des députés généraux de ce in <{<• la religion, présentée par M. de ManiaUl au Roi le 21 noo*$nhrt 1025 : « Si la Rochelle deraeuroit en l'indignation du Hoi, il leroil impossible doter (appréhension à tous les peuples qui foui profession de la religion que par la raine de cette ville ne se commençât la leur générale. Vu principaleiii. 'ut . | u < >n en voit déjà les menaces qu'en ont fait publique-

le clergé il qnekxaee-vnJ dee parlements et d< s principales personnes de l'Etat, qui parient ouvertement d'extirper

sie et de commencer par la Rochelle, dont lei Imprimée se sont vendus publiquement à Paris » (Aff. étr., France 780, loi 93).

•ans une lettre au ll<<i. <|m lut rendue publique, le prittCC

Qu'il étoit à craindre que, s'il l'on arrêtoit le cours des armes contre les huguenots, l'on ne commençât à jeter dans le cœur des peuples des impressions capables de produire une ligue, comme autrefois l'on avoit t'ait sur pareil sujet ;

Que le malheur du siècle vouloit que les zélés, levant les épaules avec un soupir entrecoupé, feroient plus de mal à la réputation des hommes avec les grains de leur chapelet, que les plus puissants monarques du monde, avec les boulets de leurs canons, à la vie de ceux qui y sont exposés ;

Qu'on ne devoit pas, s'il l'on n'y étoit contraint par la nécessité des affaires, mépriser la calomnie que telles gens savoient vomir contre ceux qui, ayant les mêmes fins qu'ils ont, prenoient d'autres voies pour y parvenir que celles qu'ils estiment les meilleures ;

Qu'il étoit à craindre que le clergé, qui vouloit maintenant contribuer à cette entreprise1, n'y fût pas dis-

de Condé écrivait le 7 octobre : « Je maintiens qu'il nous faut en pleine paix avec les huguenots autant de forces autour d'eux pour être assuré qu'ils ne réveilleront s'ils voient le beau temps, qu'il en faut pour les ruiner entièrement. Dieu fait miracle pour vous; ruinez ses ennemis, Sire, et il vous exaucera. » Cette intervention lui valut le blâme de Louis XIII (Duc d'Aumale, Histoire des princes de Condé, t. III, p. 504).

1. Dès le 12 septembre, le cardinal de Sourdis avait annoncé à Richelieu que le clergé était disposé à fournir une importante contribution pécuniaire en vue de réduire à la soumission la Rochelle, Montauban et Castres (Aff. étr., France 780, fol. 353). Sur les délibérations de l'assemblée du clergé, voyez une lettre de Loménie de Brienne adressée également au Cardinal, le 22 octobre 1625 : « M. de Maillezais, frère du cardinal de Sourdis, pour décrier les affaires du Roi ou réduire les choses à passer par la fantaisie de M. le Cardinal, son frère, a avancé que la paix étoit résolue avec les Rochelois et que vous

ou h» tût pas en pied pour le faire une autre fois ;

Qo'il sembloit que l'occasion M tût jamais plus belle, en ee que la Rochelle étoit fort incommodée d'elle-même; que tous les huguenots de France étoient I tonués et du tout abattus, et que ceux qui, du dehors, MUToien! aider, comme l«'s Hollandois, et particulièrement les Anglois, ne le sauroient faire, pour être occupés ailleurs et avoir besoin de nous. Au lieu que, si on attendoit une autre conjoncture où ces deux rmiMdérations n'eussent plus de lieu, il y avoit grande ;ipp;»rence qu'ils mettroient à effet la bonne volonté qu'ils avoient de tout temps pour cette ville-là;

Que la saison de l'hiver faisoit qu'il n'y avoit pas grand lieu de eraindre qu'une attaque étrangère des InjMgBoki pût détourner S. M. présentement d'une telle entreprise1, et il étoit certain que, si l'on avoit

l'aviez conclue, ajoutant qu'il étoit inutile de donner aucun

secours à S. M. » (Aff\ étr., France 780, fol. 80). Par lettre

datée de Saint-Germain, 3 novembre, et contresignée Le Beau-

!<■ Koi invita l'assemblée à hâter sa décision, « résolvant

simplement de quelle somme vous entendrez nous secourir,

r la oonelasÛMi par la discussion des moyens

«!•• I Vflectuer, qui se fera facilement par après » (Bibl. nat.,

180, l"l '»02). Le 7 novembre, Herbault faisait

owmaitiv I BoJttofl le résultat de cette intervention : « Le

clergé à accordé cinq cent mille écus pour faire le siège ou le

il [de la Rochelle]; il scroit betota d'un bien plus grand

secours pour subvenir aux affaires que la suite de cette entre-

prfaM |...urra donner » (Arch. nat., KK |8tt, fol. 374 v°).

1 I à 'l novrinlu !• •rbatilt écrivait à Bothune : « Sur

le pr.'j.cis de ce blocus de la Rochelle, je vous dirai qu'il est

...fiiiiK- résolu. Ceux de cette ville avoient envoyé ici des dépu-

nr demander la paix. Ils n'ont pas encore été ouïs et ne

seront point admis aux pieds de S. M., s'ils ne se soumettent à

deux mois de temps pour faire la clique dans le port de la Rochelle, tous les princes du monde ne la sauroient secourir.

Ce temps étoit très propre à l'exécution de diverses entreprises projetées contre le parti, lesquelles seroient toutes perdues si l'on les différoit à une autre fois, comme l'on feroit si l'on faisoit la paix; et, si elles réussissoient, la Rochelle seroit tellement afToiblie qu'elle ne sauroit s'exempter de revenir à son devoir.

Le lèvement du siège de Verrue devoit empêcher que l'on ne se précipitât en cette paix, y ayant grande apparence que ce succès feroit penser les Espagnols à leur conscience et se rendre faciles à la paix. Ce qui faisoit qu'il étoit de la prudence d'attendre ce que produiroit cet accident, comme aussi la surprise de Cadix, laquelle ne pouvoit succéder sans changer la face de leurs affaires * ;

Que les divers avis que ceux qui commandoient les armées qui étoient en Piémont et en la Valteline donnoient au Roi, d'avoir des entreprises avantageuses contre ses ennemis, faisoient que, par raison, il étoit bon d'en attendre le succès devant que de prendre une résolution définitive pour les affaires du dedans ;

une entière obéissance et à la démolition de leurs fortifications, chose que l'on ne doit pas espérer de leurs aveuglements, bien que ce fût le seul moyen pour éviter leur ruine » (Bibl. nat., ms. Français 3669, fol. 23).

1. Le membre de phrase : « comme aussi la surprise... », est dans le discours original, de la main de Richelieu. On comptait encore sur le succès de l'expédition, sur la foi de nouvelles d'Espagne, datées du 7 novembre, ainsi qu'en témoigne une dépêche de Morosini du 25 novembre, publiée dans le Calendarof State Papers, Venice, t. XIX, p. 230.

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Qm la passion que le /de de M. le Légal lui donnoit ;i faire la paix, outre que NI intérêts l'y portaient, sembloit requérir que l'on se donnât la patience de voir < •(• queproduiroit son ai rivée a Rome, s'il y alloit, vu, principalement, qu'elle seroit au même temps de la déroute de Verrue et des avantages que l'on attendnit ea Italie, si les desseins réussissoient selon les projets;

Que toutes les raisons susdites nous convioient à poursuivre notre pointe contre nos huguenots, mais que de l'autre paît aussi il talloit considérer1 :

Que la prudence ne permet pas d'entreprendre «I. n\ un. ii. s ,i |;i lois; que l'on ne sauroit, quand on voudroit, terminer celle d'Italie, et partant qu'il sembloit que la raison voulût que l'on pacifiât les aflaiivs du dedans, puisque l'on recouvreroit, quand on voudrait, l'occasion des huguenots*, au lieu que, si l'on pn.loit celle de résister aux entreprises des étran il M seroit plus licite d'y revenir une autre fois;

Que l'on devoit d'autant plus se porter à pacifier les ■Aâreado dedans, que l'on avoit même des expédients pour miner par la paix le parti huguenot;

nue telle paix feroit taire indubitablement celle d'Bapagne, qui, ayant eu des désavantages avec nous, kan m» nie que nous avions une guerre intestine, ne voudroit point nous avoir sur les bras quand nous pourrions employer toutes nos forces contre eux ;

IM a été ajoutée par Sancy dans le manuscrit A; le discours portait à cet endroit un titre : « Raisons pour faire la guen. ,iu il. dans »; transcrit sur le manuscrit A, il a été liill.; .1 un trait .1- plume.

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