‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 58 sur 89 · III. p. 242] dit qu'au Conseil « un chacun · texte numérisé non relu

III. p. 242] dit qu'au Conseil « un chacun

s'amusa plus à blâmer l'ouvrier qu'à démolir l'ouvrage... »

Cf. HaMM le sur des maximes nul des

ans une pièce des An ■ivtf nationales (M 232, liasse 3,

e 1 1 intitulée : Considérations du cardinal de Bertille sur

Au préambule de ce traité, les Espagnols gardoient cet avantage que la proposition de la paix étoit faite par Le Fargis, étant dit : il proposa et proposèrent ensemble.

En second lieu, la porte étoit ouverte aux Espagnols de prendre occasion de brouiller quand ils voudroient, étant dit que, en cas que les Grisons contrevinssent à ce traité, ils seroient privés de leur souveraineté.

En troisième lieu, il n'avoit pas eu égard aux intérêts des alliés du Roi comme il devoit.

Le Cardinal, appréhendant plus que personne les inconvénients qui pouvoient arriver de ce traité, l'impossibilité pour l'honneur du Roi à le recevoir, la difficulté qu'il y auroit de le raccommoder, le sujet de plainte que nos alliés penseroient avoir de nous, estimant en avoir été délaissés et méprisés, et, enfin, cet accident aigrissant plutôt les esprits que de les disposer à un bon accord, après avoir mûrement considéré en lui-même tous les moyens qu'il y a voit pour sortir de cette affaire, dit au Roi1 :

Qu'il falloit proposer à l'ambassadeur d'Espagne

le traité de Montçon, on trouve la même idée et les mêmes expressions pour qualifier le traité de M. du Fargis : « Il se fait aux pieds du roi d'Espagne et à trois cents lieues du roi de France, sans son su et communication... » Mais l'auteur en conclut que ses « défauts tombent sur l'ambassadeur et les avantages sur la France. » Dans une lettre au marquis de Cœuvres, du 9 mars 1626, Herbault exprimait cette opinion que l'intérêt espagnol était de traiter à Madrid avec un ambassadeur incapable (Arch. nat., Papiers d'Herbault, KR 1363, fol. 209).

1. Toute la délibération qui suit, sur le traité, est au style direct dans le manuscrit A, fol. 11 v°-13. La correction est de Sancy. L'original est aux arch. des Aff. étr., Espagne 13,

DE Itli MK1.IEU.

deux partis : ou de raccommoder maintenant le traité, mi (I. le tenir secret jusqu'à tant qu'on eût (ait venir famÉMStadear pour être informé plus particulièrement di ;s motifs de son action;

Qu'en ce cas on pourroit mander à l'ambassadeur qu'il vit a raccommoder l'affaire avec Olivarès, s'il [xuivoit; s'il arrivoit, à la bonne heure1; sinon, il falloit st servir du temps <|iiil lui talloit à arriver pour t .un- li paix avec les huguenots.

Si l'affaire se divulguoit ou que l'ambassadeur n'ap- UffUOtAI pas de la lenii secrète jusqu'au retour de Farcis, qu'il la talloit dire en grand secret aux ambassadeon île Savoie et de Venise2, les assurer que le Roi l vouloit remédier et en avoir raison, les rendant i apahtco que h France se servît d'une telle faute pour porter lea huguenots à une paix honorable;

Qu'il1 jivoit peur que, quand Venise et Savoie sauroient l< traité, ils ne pussent plus prendre confiance au Roi ; qu'il étoit à craindre aussi qu'au même instant ils regardassent à traiter avec le Pape et qu'il ne \n\nit point de moyen de remédier à ces maux si on

. de la main de Charpentier, et, pour le dernier paragraphe, de celle de Richelieu lui-même. 1 s il parvenait à cela, tant mieux.

2. On ne prit pas ce parti; mais on avait préparé on projet de « répons»- crac le Koi fera au prince de Piémont et à l'ambassadeur de Venis»* si S M. la agréable », publié dans Aven» I, t Vil. [> .".75-576, d'après une mise au net de la main de h .l.-s \H\ . t. ., Turin 7, fol. 178). mi krrartc i<i dm la Mon •• ce passage : « Il faudra pour -u|. t <]!■•- l'ambassadeur d»' BSTOtC BVTOchi à son

maître au lieu d'écrire; les ambassadeurs de \ .•ni-. • n\. iront aus mais la difficulté sera de faire garder le

MCftfl 1 \ taitt, à eau- ^s passent par le Conseil. »

214 MKMOIRES [1626]

ne se lioit de nouveau à la guerre avec eux, ce qui seroit s'embarquer plus que jamais lorsqu'il y avoit lieu de sortir d'affaires;

Que le Roi pourrait déclarer par écrit le traité avoir été fait sans son pouvoir et consentement, promettre à ses collègues de faire voir cette vérité si claire qu'ils n'en pourront douter, et, de plus, déclarer de tenir pour nul ledit traité ; que tous ces remèdes empiroient le mal ; mais il étoit tel qu'il n'y en avoit point qui le pût guérir ;

Qu'il1 sembloit qu'il fallût donner permission à du Fargis d'aller prendre congé du roi d'Espagne, afin de voir avec Olivarès s'il pouvoit raccommoder sa faute, lui faisant connoître que le Roi avoit trouvé son action

1. On trouve ici dans la source : « Je crois qu'il leur faudra dire et montrer qu'on avoit écrit ce qui s'ensuit : Quant à ce que vous dites que les Espagnols désirent la paix, je n'ai rien à répondre, sinon que leurs affaires la requièrent et que, s'ils fussent intervenus au traité du légat, ni moi ni mes collègues ne nous fussions éloignés de la raison. Quant à ce que vous me mandez que, parlant avec le comte d'Olivarès de ce qui s'est passé avec M. le Légat, il vous a témoigné qu'il avoit tort de dénier la souveraineté aux Grisons et que, quant à lui, il seroit bien fâché d'y mettre empêchement, vous lui pourrez dire comme de vous-même, s'il revient à vous parler de cela, que moi ni mes collègues ne voulant point nous rendre maîtres de la Valteline, si son maître fût intervenu avec cet esprit, sans doute nous fussions sortis d'affaire. Si le désir qu'il a de la paix est si grand, qu'il vous dise qu'il est près d'intervenir de nouveau ! Il y a si peu d'apparence aux paroles espagnoles que je ne me résoudrai point de reporter mes collègues et moi à un nouveau traité si l'Espagne ne s'oblige pas, par écrit, à intervenir à Rome ou autre lieu tiers en un traité raisonnable qui remette les Grisons comme ils étoient en leur souveraineté, et. si vous n'êtes assuré sous main qu'elle renonce à sa prétention des passages. Or, afin que vous ne puissiez vous tromper,

si mauvaise qu'elle ne pouvoit subsister; qu'il le con- |iiiMt de lui donner lien de garantir sa réputation et le er du blâme que tout le monde lui donneroit, et, m reste, que, puisqu'il désiroit la paix, il devoit consentir à des tempéraments qui la pussent établir;

om S. M . eut agréable de dire à l'ambassadeur d'Esqu'elle écrivoit au Fargis qu'il la vint trouver poiii lui rendre compte de sa faute; que, outre que le traité qu'il avoit envoyé étoit défectueux en sa forme, il rétoit encore en sa matière, y ayant à désirer plusieurs choses pour la satisfaction de ses alliés; qu'elle ru refuse point la paix, au contraire; que, n'ayant jamais eu autre dessein que de conserver à ses alliés ce qui leur appartient, elle seroit bien aise que le roi son frère lui donnât contentement en ce que dessus;

Que S. M. mandat au duc de Rohan qu'il se tînt prêt pour p.isser en Italie avec les troupes du Languedoc2; qu'on feroit aussi marcher les régiments de Normandie et d'Aiguebonne3 en la Valteline; on manderoit à

la forme et les termes de l'acte qu'il faudroit qu'elle signât, ce que vous pourriez faire aussi, sera tel. » Ici devait s'intercaler un précis des engagements à prendre par l'Espagne. La fin de ce est de la main du Cardinal et correspond au paragraphe suivant

1 Les quatre paragraphes suivants ont pour source le proréponse au prince de Piémont et à l'ambassadeur de ■ (Avenel, t. Ml, |> 575), cité ci-dessus, p. 213, note 2. 2. Cette idée est aussi dans l'Avis sur les affaires présentes -I. i II. p. 201).

décision était due aux prières instantes de Oeuvres.

Rottain^-- \nioine d'Urre du Puy Saint-Martin, seigneur d'Ai-

gMboaiM, "iu<|tiis de Tréfort, fils d'Antoine d'I'rre et de

tînt de Simiane, mestre-de-carap d'un régiment d'infan-

eonteUler «In Roi, lieutenant général de ses

armées en 1648, négocia la paix avec Monsieur en 1632.

M. de Vignoles qu'il eût à border toute la frontière des États de M. de Savoie, du côté du Milanois, selon que S. A. le désiroit, pour donner lieu à Sadite Altesse de mettre toutes ses troupes en corps s'il en avoit besoin, et qu'on enverroit pour faire fajre montre à l'armée de S. M.;

Que, si l'Espagne refusoit à donner contentement sur ce qui étoit en ce traité justement désiré d'elle, l'armée du Roi seroit en état de faire grand effet dans la duché de Milan.

S. M., ensuite, écrivit1 à Fargis qu'il essayât de

1. Au lieu de cette courte analyse, le manuscrit A (fol. 13 v°- 15 v°) donne le texte même de la lettre du Roi à M. du Fargis, publiée par Avenel, t. II, p. 187. La minute en est aux arch. des Aff. étr., Espagne 14, fol. 41-42. On en trouve des copies aux Arch. nat., KK 1363, fol. 131; à la Bibl. nat., mss. Dupuy 401, fol. 106, et Brienne 117, fol. 429. La date officielle est du 4 février; niais la minute fut rédigée le 31 janvier, et il y est question de la lettre envoyée par M. du Fargis le « 7e de ce mois ». Dans le manuscrit A, la lettre a été raturée, sauf le passage spécialement résumé dans le manuscrit B. Ce fut M. de Lingendes, maître ordinaire de l'hôtel du Roi et frère de l'ecclésiastique Nicolas de Lingendes, qui partit avec cette dépêche le 5 février (cf. lettre d'Herbault à du Fargis, du 6 février, aux Arch. nat., KK 1363, fol. 1331). Il emportait également une lettre de Richelieu, « les articles réformés » (arch. des Aff. étr., Espagne 14, fol. 2-9; Bibl. nat., ms. Dupuy 401, fol. 66-73), et un « Mémoire des observations faites sur chacun desdits articles pour servir d'instruction » à l'ambassadeur (Espagne 14, fol. 10 et suiv. et fol. 445-453. L'ordre n'est pas le même dans ces deux copies. Il est rectifié dans la première rédaction (fol. 445) par des lettres en marge de chaque alinéa. Une autre copie est à la Bibl. nat., ms. Dupuy 401, fol. 74-86). Sur la lettre du Roi, cf. aussi Avenel, t. VII, p. 577; Fagniez, le P. Joseph, p. 231; A. Baschet, Histoire de la chancellerie secrète, p. 324.

DE RICHELIEU. jN9

raccommoder cette affaire avec le comte d'Olivares, et, s'il ne le pouvoit, <|u'il prit congé et revint en France poiir rendre compte de sea i lions, et qu'avant partir il lit entendre au nonce et aux ambassadeurs de oafédéréfl qu'il avoit, sans charge et au hasard de te, tait, conclu et signé ce traite, qu'il estime avantageux pour ses collègues1, puisque les passages daputee et la souveraineté des Grisons demeurent ■ munir ils sauroieut souhaiter.

Les1 principaux points que le Roi demandoit étoient qu'à l'entrée du traité la proposition en fût faite de la part des deux rois ensemble et que les peines qui •croient imposées aux contravention! qui pourroient arriver de la part des Grisons n'allassent pas jusqu'à la privation de leur souveraineté sur la Valteline3, pour ce qu'il se feroit toujours en cela de la fraude de la part «lu roi d'Espagne4; mais qu'il suffisoit qu'ils fussent

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