Le Mercure porte : « au Louvre
2. Cette ligne, conservée dans le manuscrit A, est rayée dans le manuscrit B. Elle fait défaut dans le ms. Français 17542. A la suite figure dans le manuscrit A, fol. 29 v° (on l'avait
Il est bien juMr de s'arrêter un |>«'u ici à ronotdérer li prudence «'t le courage que le Cardinal a apporta en l.i conduite de cette affaire. Il b'ignoroit point que, l.iisinl taire la paix avec les huguenots et leur témoignant i|tK'l<|ue inclination à les favoriser auprès du Roi. il ne s'exposât à se mettre en mauvaise réputation à Rouie Mais il ne pouvoit venir par autre voie aux tins <1< S. M. Sa robe le rendoit suspect aux huguenote, il étoil <lnnc nécessaire qu'il se conduisît en sorte qu'ils crussent qu'il leurétoit favorable; car, ce faisant, il avoit moyen d'attendre plus commodément le tettfN de les réduire un ternes où tous sujets doivent tftre en no Etat, c'est à' dire de ne pouvoir faire aucun oorns séparé <t « 1 ■ pendre des volontés de leur souiin.
d'abord placé an fol. 2S, .»ù il a été barré; en marge : « N'est à
son rang » ; la phrase n'y est pas dans le même ordre), un dis-
<tu Chancelier d'après Aff. étr., France 783, fol. 73, qui
<>l pobKé <l;tns le Mercure français, t. XI, p. 123. Voici ce
!.<■ Chancelier, délivrant le traité de paix aux
<i> ipatéf de l.i Rochelle, leur dit ces paroles : « Le Roi vous
-l"nne la paix de bon cœur. Il se promet que vos actions à
rendront dignes de cette grâce. Tout son Con-
uit fort. Je ne doute point qu'elle ne soit de
dorée et que roui ne rendiei <!•■ perpétuel! témoignages de
g ti.l-lii. .m Roi \insi. paf vos longs services et conti-
obéissance, vous poavej attendre de la bonté du Roi ce
■ <jii<- vous n .ussie/. jamais ..I.i.tm par .iiium traité, es choses
[M vous estiiiM/ les plus pressantes, èsquelles on
■ |M.mia. «n temps oonrenablei écouter, vos nipplicationa, « étant faites avec dû respect et humilité. » — Au lieu de
. la MConde • "|>ie du manuscrit A porte continuelle et
mtet au lieu de pressante*. — Cf. « Acte d«- réception de
la paix par la rUIt «le la Rorli. II. .fuis |.-s M, i nous ,1 I i,,i,
p r.7 n i,. Iftrnnre franc. >i*. t \l. p. 123.
Ce lui étoit une chose fâcheuse à supporter, de se voir si injustement suspect à la cour romaine et à ceux qui affectent autant le nom de zélés catholiques que l'effet1; mais il se résolvoit de prendre patience aux bruits qu'on faisoit courre de lui, d'autant que, s'il eût voulu s'en purger par effet, il n'eût pas trouvé le compte de son maître ni celui du public.
Il ménagea, par ce moyen, si sagement cette affaire, que la paix se fit avec l'entremise des ambassadeurs d'Angleterre, sans toutefois qu'ils s'en mêlassent autrement qu'en témoignant aux huguenots que, quoi qu'on leur eût dit par le passé, ils ne dévoient attendre aucun secours du roi leur maître, qui, au contraire, assisteroit le Roi de toutes ses forces en cette occasion2; de sorte qu'ils agirent en cette affaire non comme arbitres, mais comme parties seulement.
L'on surprit un avis que le duc de Rohan3 envoyoit à Soubise, par lequel il reconnoissoit que, sans la sollicitation desdits ambassadeurs, ils n'eussent jamais reçu la paix; mais qu'ils avoient peur, les refusant, d'of-
1. Voyez les Maximes d'État, fragment 157. , 2. Quelques jours après la signature de la paix, le 11 février, les ambassadeurs anglais avaient donné aux députés des églises réformées un écrit rendant leur maître garant du traité et promettant de les aider à obtenir la démolition du Fort- Louis (Aff. étr., Angleterre 41, fol. 23; Bibl. nat., Cinq-Cents Colbert, t. XVII, fol. 343 et 345 v°, copies; publié par Benoît, Histoire de l'Édit de Nantes, t. II, pièces justificatives, p. 80). L'ambassadeur de Hollande, Aerssen, s'était aussi entremis pour la paix. Cf. deux lettres de lui à Richelieu, dans les Archives de la maison d' Orange-Nassau, t. III.
3. Sur le rôle de Henri de Rohan à cette époque, cf. G. Schybergson, le Duc de Rohan et la chute du parti protestant en France. Paris, 1880, in-8°.
DE M HfcUEU.
feoeci celui duquel seul la Rochelle avoit espéré assist.HK . ; mus <jue lesdits ambassadeurs, bien qu'a\ M liiiss.rnii décevoir par la prudence du Cardinal, pour ce qu'il* eapéroiefll que le Roi, ayant la paix < h</ lui, se résoudrait plus facilement d'entrer en ligue offensive avec l'Angleterre et d'embrasser la protection dea llollandois et des Allemands contre la ■MÉMO d'Autriche, et qu'après on pourroit obtenir, par rintcn ( ssion du roi d'Angleterre, le rasement du Fort-Louis et faire remettre les iles de Ré et d'Oléron •h leor premier état, ce qui h seroit pas1.
Cette poix, si désavantageuse pour eux, les met en tel désespoir que Mm'de Rohan*, leur mère, ne sachant plus Qjnel oontei] donner à Soubise, le persuade, par une lettre interceptée du 23e mai3, de se joindre aux corsaires morisques et M retirer en Barbarie. Et, pour pallier sou impiété, elle lui use de ces paroles : « C'est ■M dme approuvée en cas de nécessite. Ils ne sont point Turcs; mais les catholiques les nomment tels parce qu'ils ne reconnoissent point le Pape. Mais, au leur religion est plus semblable à celle de ceux
1 Ce paragraphe et les deux suivants ont été ajoutés sur une feuille supplémentaire dans le manuscrit \. loi. 3i.
1. \ oyes l'ouvrage du comte de Chabot, Une cour huguenote s-Poi/mt. Cit/irririr de l'nrilnnny, duchesse de Hohan.
Dans une lettre de Richelieu a l'évèque de Mende, en Angleterre, du 26 juillet 1696 àJR étr., Angleterre 41, loi L64, eopk de la naaifl de Charpentier; publiée par Avenel, t. \ll. p 588 , <>n lit : u ... nous avons surpris un paquet de M"* d< Koli.ni, la mère, k M. dfl Soubise en Angleterre, qui DBBM mu- mégère à faire ce qu'il pourra pourrecommencer la vie qu'il a faite. Nous M doutons pas de sa bonne volontr. Bail UtH M >•« |niissance... »
de la religion qu'à celle des catholiques. Ils n'ont aussi que le nom de turc, car ils sont chrétiens et négocient avec les Hollandois avec qui ils ont alliance. On ne vous propose pas de les aller trouver, mais de se trouver ensemble sur mer pour y chasser de compagnie. »
Mère' indigne du nom de mère, dont la nature et le devoir est de procurer du bien à ses enfants. Et elle, non contente d'avoir élevé le sien au mal, voyant qu'il n'en peut plus faire à la France, le porte à nuire à toute la chrétienté, essayant néanmoins, pour sa consolation, de se faire croire que les Turcs ne sont point Turcs et qu'il n'est point jour en plein midi; disant seulement vérité en une chose, que la religion huguenote a de la conformité avec celle des Morisques, car l'une et l'autre vient d'un même principe, qui est le malin esprit.
Si le Roi avoit donné la paix à ses sujets rebelles, il n'étoit pas moins nécessaire de la mettre entre le clergé et le Parlement, qui étoient aux prises, bien avant, sur la censure que l'évêque de Chartres avoit fait imprimer8. Il s'étoit ému quelques paroles, le
1. Avant d'être corrigé par Sancy, le manuscrit A, fol. 31 v°, portait simplement : « Mère indigne de ce nom, qui d'ordinaire procure du bien à ses enfants, puisque, non contente de l'avoir élevé au mal, voyant qu'il n'en peut plus faire à la France, le porte à nuire à toute la chrétienté. »
2. Léonor d'Estampes, évêque de Chartres, avait présenté à l'assemblée du cierge, le 13 décembre 1625, une déclaration censurant les libelles Admonitio et Mysteria politica. Outre les impressions à part de cette pièce, on la trouve dans la Collection des procès-verbaux des assemblées générales du clergé de France. Paris, 1678, t. II, pièces justificatives, n° XV, p. 101-115. Le Mercure françois, t. XI, p. 1068, en donne une
DE ItirilKI.IBU. ÏSA
17e janvier1, entre les < \<,|urs de Soissons et de res but le sujet de cette censure, laquelle relui de Langres improuvoit aux termes aux(|uels elle étoil couchée.
Le Parlement, craignant que l'on y changeai quelque chose d'essentiel et que les droits du Roi reçussent quelque préjudice, fit défenses, par arrêt du 21e janvier. ;i mm. les prélats de s'assembler pour faire antre censure des libelles intitulés : Mystères polùiqusi <i Admonàio, que celle du 13e décembre, ni d'en publier aucune autre que celle-là3.
Les prélats, n'.tvjuil \\;\> cro devoir en cela déférer m Parlement, étaiit assurés de la piété du Roi, qui veut que m »us bob règne l'Église soit conservée en ses privilèges et libertés, ne laissèrent pas de s'assembler chez li cardinal «l< la Rochefoucauld les 26e et 27" février, et <l'nn unanime consentement désavouèrent la cen-
traduction française. Le ms. Brienne 172 (Nouvelles acquisitions françaises 7143] de la Bil>l. nat. en renferme une copie [fol. 1-17 . ainsi que de nombreuses autres pièces relatives à iffaire. Cette censure des libelles est une apologie de la politique de Richelieu. Sur cette affaire, cf. notamment . Hnbanlt, De politici» in Riekelium lingua latina libcllis, 1856; . I Opinion publique et la presse politique sous i ZIII bé HOUSM nliniil ilr Hérullf et le eardi-
chelieu, p. <>0 et muv.