‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 67 sur 89 · I... |.ln •'»..(,.!< (JilliMjll. ,!,;< ru nlli · texte numérisé non relu

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ublia rien pour leur faire connoitre la sincérité du procédé de S. M., <i i, la première, été mji-

prise parla précipitation du Fargts, et on leur remontra que leurs intérêts y a voient été conservés, bien que le* choses rie fussent pas, en toutes leur» circonstance*, ■ point <Vi<- >. M les .ut iiriaéas, si !«-•> \ «i.t saj*> nées sans rinconsidération de son ambassadeur; néanmoins qu'il y a voit plus de faute en la personne qui a % traité qu'au que la souveraineté étoit conservée

aux Grisons, qui étoit le principal point; que les Espagnols étoient exclus des passages auxquels ils a voient prétendu depuis si longtemps, qui étoit tout ce en quoi consiste l'intérêt des Vénitiens, qui n'en a voient point d'autre que celui-là : «ju ou avofil pourvu au différend* de Zucarel. en sorte <ju il ne tiendroit «ju'au duc de Savoie qu'il n'eût contentement.

rit. qui étoit à U cour, reoofinoisaoit bien que les choses s'étoient passées en la manière rjsfoa lui d'tsoit, et demeuroit en son coeur satisfait de la sincérib <iu Roi 4. Mais le duc de Savoie, pour l'espérance

t. Hanuw rit A, fol. 44 : « V>u» a von* à persuader noi allié* que ce traité a été tait tan» eoauaaademeat du Roi. Lear H eooaolu*e que leur» ialéréu néanmoin» y tout contenré* BSS et la Savoie, as deas paragraphe* aaivant* toat dan* le aaaautcrit A . fol. 63, et non à cette place, <jui e*t occapée par YAvu de Kû-beiieu. Le premier kU jui, par

>du (urdioal, fat donné §m* affaire*. Et pour ce qu'encore que le prince de Piémont fût m U cour et pui riuble-

iminrm* de U manière dont le* cbo*e» t'étoient paaaée^ Boaaiaaeal, dut être aatUUit de 1a aiocéritr du loi, le émt de Savoie, pour I eapéranee, • I 4. lien sa euti I «> oit été fort aui <«l *att*«

qu'il avoit eue que la guerre se porteroit dans le Milanois, de laquelle il se voyoit frustré, ne vouloit pas reconnoître la vérité ; mais, prenant divers prétextes, faisoit paroître être offensé, et principalement de ce qu'au temps même que la paix arriva on donnoit audit prince son fils la commision de lieutenant général pour le Roi en son armée de Piémont, laquelle il recherchoit très instamment1.

S. M., pour n'oublier aucun moyen de le gagner, lui envoya en ambassade extraordinaire M . de Bullion pour lui représenter que, puisqu'elle avoit obtenu les principales fins pour lesquelles l'union étoit faite avec les collègues, il ne se pouvoit dire que, faisant la paix, il eût contrevenu à l'article qui porte que l'un ne fasse rien sans l'autre, vu que cela se doit entendre lorsqu'il est question de déroger aux fins générales qu'on s'est proposé de remporter, mais non pas quand on les obtient tout entières2;

fait du traité de paix conclu en Espagne par M. du Fargis » [Journal inédit d'Arnauld d'Andilly, 1626, p. 15). Voyez V. Siri, Memorie recondite, t. VI, p. 104; Avenel , t. II, p. 205 ; et dans la suite les Mémoires laisseront passer une phrase avouant qu'il était parti fort « mal content ». Herbault écrivait à Béthune à Rome, de Paris, le 6 avril 1626 (Bibl. nat., ms. Français 3670, fol. 5-6), que le prince était parti « avec démonstration assez ouverte de mécontentement ». Voyez ci-dessus, p. 225, note 1.

1. Voyez la lettre citée par Rott, t. IV, p. 28. On trouvera d'ailleurs dans ce chapitre tous les détails des négociations entre la France, l'Espagne et leurs alliés.

2. Cf. Instruction au sieur de Bullion, allant ambassadeur extraordinaire en Piémont, au mois de Juin 1626, à Paris, dans Aff. étr., Turin 7, fol. 173-179; Bibl. nat., Nouvelles acquisitions françaises 7088 (Brienne 117), fol. 370 et suiv. Résumée par Avenel, t. Vil, p. 949. On y retrouve les mêmes idées,

Qu'il n'avoit point de prétexte1 de mécontentement des conditions dudit traité, mais seulement de la forme;

Qm son ambassadeur avoit assez librement avoué que toutes les précaution* qu'on pourroit prendre pour li nrcté «le la Vallée ne pourroient pas empêcher que ;iols ne s'en rendissent toujours les maîtres quand ils voudraient; mais que, pour y apporter un mede, il t'alloit embrasser l'opportunité qui H |>i lentoit de les chasser de l'État de Milan.

<>i\ le détail des formes, en une conjoncture si importante, ne .1. voit pas être la cause d'un si grand trouble dans le public, et empêcher le fruit que S. M. est assuqn'elle et ses alliés recueilleront de cette paix2;

Qu'en choeea grandea il ne faut pas s'arrêter à des loi niiilités; qu'on ne rend jamais raison d'un heureux événement, non plus que d'une victoire et d'une conquête, le bien de l'État étant la loi souveraine;

0 partant que, n'ayant pas occasion de se douloir de la conclusion dudit traité, il ne devoit faire aucune difficulté d'y donner son approbation.

m.ii ^ ploi '1' wrloppées, que dans tes Mémoires et quelques j .li i ases à peu près identiques.

1 Corrigé par Sancv; le manuscrit \. fol. 53 v", portait d'abord : « Ledit duc de Savoie n'a pas montré de mécontentement. »

2. Dans Y Instruction : « ... et qu'en cette conjoncture et résolution, si importante, il lui a semblé (au Roi que le défaut des l m •!• voit pas être la cause d'un si grand trouble dans \r public et empêcher le fruit que S. M. est UNTM qu'elle et ses alliés recueilleront de cette ptil : qu'en affaires de cette qualité il ne falloil pas s'arrêter à des formalités; que l'on m rendoit jamais raison d'un heun-u\ sucer*, non phu qM il'um- %ii -toire et conquête, le bien uV Triai «'-tani l.i l«>i looveraine. i

S. M. donna aussi charge audit sieur de ttullion de prier quant et quant, de sa part, ledit duc1 de choisir des arbitres pour le différend de Zucarel avec les Génois et de lui dire franchement ses prétentions et intérêts, afin que S. M. les soutînt et protégeât avec la même affection qu'elle faisoit les siens propres, comme aussi de le disposer à la suspension d'armes avec lesdits Génois, S. M. faisant donner charge au sieur de Vignoles, maréchal en ses camps et armées, et autres chefs et capitaines commandants, de garder la suspension promise par le traité et de veiller à la garde et sûreté des États dudit duc, mais de ne rien entreprendre hors d'iceux contre qui et pour quelque cause et prétexte que ce pût être; qu'enfin, pour le contenter, il le flattât de l'espérance de la qualité de roi2, que S. M. lui promettoit de favoriser à la cour de Rome.

Ce3 qu'elle fit aussi, et manda au sieur de Béthune,

1. Correction de Sancy; le manuscrit A, fol. 54, portait : « Il avoit charge aussi de le prier quant et quant de choisir... »

2. Roi de Chypre. Correction de Sancy; le manuscrit A, fol. 54 v°, portait : « Enfin, il le devoit flatter... » Sur l'ambas sade de Bullion, cf. les Mémoires d'Ardier (Bibl. nat., ms. Français 4058, fol. 115 v° et suiv.).

3. Ici le manuscrit A, fol. 54 v°, renvoie à la p. 74 (aujourd'hui fol. 44 v°), où se trouve ce paragraphe qui a pour source un passage de la Response que le Roi fera au prince de Piémont et à V ambassadeur de Venise..., déjà citée, publiée par Avenel, t. VII, p. 575-576. Le texte des Mémoires est légèrement abrégé. Sancy a corrigé les futurs en parfaits. On a bouleversé la rédaction primitive du manuscrit A, qui, suivant Y Avis sur les affaires présentes, traitait d'abord des affaires de la reine d'Angleterre (fol. 43 v°), puis du plan d'action en Allemagne (fol. 49), puis de la mission de Châteauneuf (fol. 54) et enfin des duels (fol. 59 et suiv.).

[1626] DE Rit MF.LIEU. ?55

son ambassadeur à Rome, qu 'après s'être plaint au l';i[>.- des six mille hommes qu'il avoit envoyés I la Yalteline, et lui avoir fait oonnoltre comme gnols l'ont traité en ce fait, extorquant de lui ce secours, lorsque, traitant de paix, ils savoientbien util avoir plus affaire, il lui donnât avis comme toutes choses sYtoieiit passés; puis lui fit connoitre que, pour humilier l'Espagne en Italie et y rendre le Bsios-Slègi . « t partirulièrcment la personne de S. S., plus puissant, le meilleur moyen étoit d'y élever le duc de Savoie, qu'elle s'attacheroit par ce moyen, pour dépendre absolument de ses volont

S. M.1, en même temps, dépêcha le sieur de Chàtt -;aiiiit -ul, ambassadeur extraordinaire à Venise, et de là aux Grisons2, et lui donna charge de représenter à la République que, pour préparer le défaut (s'il y en i\t»it eu) de quelque formalité en ce traité de paix, qui avoit été conclu sans qu'il en eût été préalablement averti, S. M. avoit voulu les honorer de cette ambas- Mde extraordinaire pour faire une démonstration plus honorable vers la République et donner à connoître en quelle estime et considération elle la tient;

Qu'elle avoit voulu que ledit Chàteauneuf passât vers elle a\ant qu'il allât aux Grisons afin de lui faire voir

i . Manscrii a, fol. 54 v°.

harles de l'Aubespine, tiiar<|iiis uV CliAtt-auneuf des

\, ambassadeur extraordinaire en Valteline, aux Ligues

et en Suisse, août 1626-février 1627. Il partit de Paris

;uiii - 1 passa par Venise (6n juillet-24 août) : cf. Ilott.

t IV J | astnit l i<»n> <|ii'il rcrut MOI datées

d<- Mois, !-• 16 juin LOtt àrch. i.at., KK 1868, fol. 392-398,

tj minute du 12 juin au\ Ml'. <lr., Votts* '•'«. fol. 103-114'.

Kll. s n'ont pas été tout a fait dii employées pour foi

et agréer le traité, auparavant que de le porter aux autres pour en commencer l'exécution ; ce qui montre assez que la paix ne s'est point faite sans le consentement de la Seigneurie.

Et pour ce que la République trouvoit quelque chose à dire en deux articles de ce traité, l'un concernant les juges de la Valteline, qui, à l'avenir, ne pouvoient plus être élus que par les Valtelins, les Grisons étant exclus de les élire; l'autre concernant la démolition des forts, en la conservation desquels la République croyoit que consistoit la sûreté de la Valteline, il fut donné charge audit Châteauneuf de dire, quant au premier, que la considération de la religion catholique avoit obligé le Roi d'y condescendre, étant certain que tous les désordres et troubles de la Valteline n'ont été excités que par les juges hérétiques grisons qui leur étoient donnés; mais4, néanmoins, que la confirmation leur en étoit donnée, ce qui étoit un grand droit qui témoignoit leur souveraineté ;

Quant au second, qu'au contraire de leur opinion le Roi croyoit que la sûreté de la Valteline consistoit en la démolition desdits forts; que la conservation en étoit onéreuse, non seulement à raison de la dépense, mais de la perte des hommes qui se fussent consommés en ces lieux si malsains, et qu'il n'eût pas été assuré qu'ils eussent pu suffire à fermer et empêcher le passage de la Vallée.

dix-huit paragraphes suivants, mais les idées sont les mêmes, plus développées que dans les Mémoires, et quelques phrases sont identiques. Sur cette ambassade, cf. les Mémoires d'Ardier (Bibl. nat., ms. Français 4058, fol. 120 et suiv.).

1. La fin de ce paragraphe a été ajoutée par Sancy, manuscrit A, fol. 55.

1>;i vantait*, les forts mtrrrt été sujets a être surpris par les habitants, dont le naturel est rude et ennemi de toute contrainte. Les Espagnols eussent incessanimenl < t lit- ;i même tin, et, <|iiand l'opportunité se tût remontrée, ils les eussent attaques a torce ouverte ; et la Grisons mêmes se fussent enfin ennuyés de voir leur pays tenu et gardé par des forces étrangères, dont IVnvit -. tant d'eux que du public, eût tourné sur S. M. et la République.

Kritin. <|ue c'étoit laisser un sujet de trouble qui eût tenu la République en perpétuelles jalousies et inquiétudes, l'eût obligée a se tenir armée et à être incessamment sur leurs gardes contre les entreprises et vendes des Espagnols et lui eût fait, après plusieurs dépenses, désirer de venir au tempérament dont on it convenu.

Il lui tut, en outre, donné charge de prier la République de déclarer franchement les choses qu'elle dési— n>il pour ses intérêts, sûreté et contentement; et que, s'ils ne se vouloient pas laisser entendre, il leur dit que M que S. M. vouloit accorder à la République consisloit ni trois choses1 :

I i première, employer l'autorité de son nom envers les Suisses, pour leur faire confirmer la résolution qu ils ont prise de fermer leurs passai s m troupes allemandes qui se pouvoient présenter pour passer en Italie, <t Eure les mêmes offices, m temps du renouvellement de l'alliance de Milan, pour essayer au moins lire que les < antous catholiques ne permettent le

I La fin de cette phrase était d'abord au présent dans le manuscrit A, foi. 56. La correction est de Sancy.

passage que pour la défense de l'État de Milan lorsqu'il seroit assailli.

La seconde, que le Roi entrera volontiers en uwr ligue défensive avec la République, et obligation d'assistance pour la défense de ses États.

La troisième, que l'alliance du Roi avec les Grisons lui donnant faculté de faire passer ses amis et alliés par les Grisons et la Valteline, S. M. donne pouvoir audit Ghâteauneuf de promettre, par un écrit particulier et secret entre S. M. et eux, que, durant dix ans, elle leur moyennera la liberté du passage en vertu de son alliance, sans que cela préjudicie au traité de paix fait en Espagne, les alliances de France avec les Grisons y demeurant, comme elles ont été par le passé, en leur entier, de sorte que, comme elle a toujours eu droit de faire accorder les passages à ses amis et alliés, elle en peut disposer sans contrevenir au traité.

Enfin, pource que S. M. désiroit établir une union très étroite avec ladite République, elle commanda audit Ghâteauneuf de les disposer à s'unir avec S. M. pour la défense des Grisons et observation de ce traité de paix, faisant aussi entrer en cette ligue, s'il y trouvoit jour, les Suisses et les Grisons.

De là, il eut charge de passer aux Grisons et de procurer, par lui-même, que la République donnât ordre aux ministres qu'elle tenoit auxdits pays de s'unir avec lui pour faire approuver ledit traité, régler équitablement la somme qui doit être payée par les Valtelins par chacun an pour la faveur qu'ils reçoivent d'avoir à l'avenir le choix de leurs juges, et réformer leur gouvernement en une manière plus ordonnée que celui qu'ils ont tenu par le passé, étant si tumul-

tua ire qu'il est impossible d'y prendre assurance; entin, les disposer à se tenir bien unis avec S. M. et mtons des Suisses, pour le repos et la tranquillité de leur État. Des Grisons, il eut ordre d'aller en Suisse pour leur proposer l'approbation dudit traité, que les cantons catholiques ne faisoient pas difficulté niais bien les protestants, à cause que l'élection des juges de la Valteline et des comtés de Chiavenne et de Bormio étoit ôtée aux Grisons.

Il eut commandement de leur représenter que S. M. avoit trouve eet article bien plus tolérable que celui qui et oit proposé par les cantons catholiques, qUe Ictdkl officiers fussent Grisons et choisis par eux, |M)ur\u qu'ils tussent catholiques; d'autant que cette • Jistim 'tinii < I différence des catholiques d'avec les l»iol< si.ints, pour être admis aux charges, eût pu causer du trouble parmi les Grisons; que leur souveraineté <v,t ■murée par la confirmation qui leur doit être demandée de l'élection des juges; au reste, que < •«• trmpéi ament rend l'établissement de la paix plus durable, mettant les Valtelins en état de subsister avec quelque contentement, et les Grisons ne sont pas exclus de pouvoir être élus par les Valtelins ; joint que, s'ils "i\ent quelque perte, ils en sont récompensés |>ar la somme raisonnable que les Valtelins sont obligés leur ptyer annuellement ; ce qui est plus cher aux <.iis.>iis que leur juridiction, puisque, moyennant de l'argent, ils avoient renoncé a leur souveraineté même par l< trait/ qu'ils avoient fait avec le duc de Péril ;< Milan.

n>, il eut charge de moyenner en faveur de faute sur le fait du passage des Suisses, ce que ei-dessus il leur a offert de la part de S. M.

Mais le partement de l'un et de l'autre ne fut qu'à quelques mois de là, après que le second traité, renvoyé en Espagne pour y réformer ce qui y avoit encore été consenti par Le Fargis contre les ordres de S. M., fut corrigé à peu près selon tout ce que S. M. désiroit1.

Voilà comme le Roi se gouverna pour donner contentement à la plus grande partie de ses alliés et leur faire agréer le traité de Monçon. Les ambassadeurs d'Angleterre, qui étoient à Paris lorsque le traité fut fait, en furent plus surpris que tous les autres; car ils avoient fait de puissants offices pour la conclusion de la paix avec les huguenots et se voyoient frustrés de la fin pour laquelle ils les avoient faits, qui étoit la continuation de la guerre en Italie2. Mais on leur remontra qu'ils n'avoient point de sujet de se douloir du Roi et qu'il leur devoit suffire que S. M. leur promît de ne discontinuer point le dessein d'Allemagne, auquel on agiroit d'autant plus puissamment qu'on seroit moins engagé ailleurs3;

Que S. M. y concourroit par bons effets avec tous ceux qui voudroient procurer la liberté de l'Empire,

1. Ici le manuscrit A, fol. 59, porte en marge une note de la main de Sancy : « V. mes corrections », et passe directement à la question des duels. Ce qui suit est dans le manuscrit A au fol. 59.

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