‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 69 sur 89 · r< h. nat., Registres du Parlement de Paris, Conseil · texte numérisé non relu

r< h. nat., Registres du Parlement de Paris, Conseil

Le samedi 7 mars, le Parlement rejette entièrement

fl fait d'abord de même le 9, malgré les lettres de jus-

!u 7: [.uis, le même jour (fol. 3), • tout bien considéré,

ladite cour a arrêté et ordonné la vériûcation du contenu au

premier article dodit édit, i <>ncernant les abolitions des cas et

-devant commis contre les édits des duels et ren-

• s, à la charge que ceux qui se sont battus et auront tué

Bt encore vivants seront U nu- prendre lettres par tiiu-

lières du Roi adressantes à ladite cour suivant ledit premier

iti<.i). el <I« Mtiefaire aux parties civiles, et

quant aux autres articles, que ladite QOV M DMl ni doit les

Sur quoi le Cardinal dit au Roi1 :

Que le Parlement refusoit l'édit parce que les peines y étoient trop douces, et, cependant, il vérifioif le même édit quant au seul article qui étoit le plus doux, en tant qu'il abolissoit tous les crimes passés;

Qu'il ne vouloit pas vérifier l'édit, s'il ne portoit en termes exprès la peine de la mort aux délinquants, et, cependant, il vérifioit au même édit l'article qui absolvoit de la même peine tous ceux qui avoient délinqué ;

Que menacer de la mort tous ceux qui se battroient à l'avenir et en absoudre tous ceux qui s'étoient battus par le passé donnoit lieu, ce sembloit, de ne croire pas que ces menaces eussent autre effet que celles qui les avoient précédées ;

Qu'un médecin qui, par plusieurs expériences, avoit reconnu un remède inutile, ne pouvoit être blâmé s'il en cherchoit et s'il en prescrivoit un nouveau, particulièrement s'il ne détruisoit point le premier, mais qu'il le laissât en sa propre force ;

Que celui qui demandoit un écu et qui en donnoit deux ne donnoit aucun sujet de plainte;

Que le Roi s'obligeoit à ne dispenser jamais de certaines peines qu'il établissoit de nouveau; qu'il ne s'obligeoit pas à donner grâce des premières; il laissoit son Parlement en pleine liberté de lés faire exécu-

vérifier, et sera le Roi très humblement supplié d'envoyer à ladite cour déclaration conforme aux précédents édits des duels. »

1. Cette consultation, que Richelieu adresse au Roi à propos des remontrances du Parlement, était d'abord au style direct et au .présent de l'indicatif dans le manuscrit A, fol. 63 v°. Les corrections sontdeSancy. La source est la pièce déjà citée des Aff. étr., France 795, fol. 288-289.

t. partant, que ce nouveau remède étoit plus fort et sembloit être plus proportionné au mal qu'on vouloit guérir (juc les premi

Oiion considéroit cet édit comme doux envers ceux pu m battoienl ; mais les raisons ci-dessus montroient qu'il ne lvétoit pas; mais, quand il le seroit, une augmentation <le sévérité en l'exécution d'une moindre peine rendoit une loi plus rigoureuse et plus propre aux fins pour lesquelles elle étoit faite.

Faire une loi et ne la pas faire exécuter, c'étoit autoriser la chose qu'on vouloit défendre1; partant, il v;iloit beaucoup mieux réduire l'édit en un point où il pût être infailliblement observé que le rendre plus terrible en apparence, pour n'être pas suivi d'effet; ce • |in irriveroit si l'édit demeuroit tel qu'il étoit, puisque ce royaume étoit le même qu'il avoit été par le passé ;

Que les conseils de prudence dévoient venir de peu ,ens et que les grandes compagnies n'étoient bonnes qu'à faire observer une règle écrite, mais non l la tiiire. La raison étoit que, comme les bons esprits sont beaucoup moindres en nombre que les m»<liocres ou les mauvais, la multitude de ceux de ces déni derniers genres étouffait les sentiments des premiers d'ans une grande compagnie.

Le Roi, ayant entendu ces raisons, envoya au I'ar-

! ( .t Maximes d'État, fragment 139 : « C'est, disait le consul Fronto, une grande pitié de vivre sous un prince qui ne rien remettre de la rigueur du droit. Mais elle est encore plus grande de demeurer au pays d'un autre sous lequel toutes choses sont loifiblM et qui, par un.- pusillanimité ou ii"n lialance, pardonne sans auon, ion toutes les

choses qui s'y font contre la loi et la raison. >

lement une jussion en vertu de laquelle l'édit fut vérifié, selon sa forme et teneur, le 24e mars1.

L'effet a montré combien, d'une part, la modération de la peine, et, de l'autre, l'inflexible fermeté à n'en exempter aucun, ont été profitables, vu que, depuis ce temps, cette fureur, qui étoit si ardente, s'est ralentie, et il ne s'est quasi plus entendu parler de duels.

Praslin2, le premier infracteur de l'édit, quoiqu'il fût homme de considération pour les services de son père et particulièrement en la bonne grâce du Roi, subit toutes les peines ordonnées, sans qu'on lui en relâchât aucune. Il fut banni, perdit sa lieutenance du Roi en Champagne, sa charge de bailli de Troyes et le gouvernement de Marans, auxquelles charges le Roi pourvut incontinent3.

Cette exacte observation de l'édit en sa personne en fit sages plusieurs autres, qui croyoient que le pardon seroit aussi facile à obtenir qu'auparavant.

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