‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 78 sur 89 · Ici prend fin l'emprunt au Catholique d Estât · texte numérisé non relu

Ici prend fin l'emprunt au Catholique d Estât

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I ii ;iriu> ', en ses commentaires sur les chapitres 28 et 29 du premier des Rois, trouve cette action si licite et si juste qu'il dit en ces mêmes mots : Per David oui voluit ire contre filins Isr.irl ,ii m J'hilistdi.s si^nantur sancti (jiii in l>iuutionil>iis fulelium factis per manus infidelium applaudunt /usti< im Dei; illitd paafmi lœtabitur justus cum viderit vindirlam; munus suas lava bit in sanguine pecctitoris.

il et quelques autres, en leur commentaire sur le texte du Livre des Rois, font grand tort a David, le voulant excuser, en oc qu ils disent qu'il s'était mis à l'armée des Philistins pour trahir le roi Achis, son bienfaiteur : ce qui M Lien éloigné de l'esprit de ce prince et répugne grandement a la «Imite raison et à la théologie, qui veut qu'on garde sa foi aux ennemis et beaucoup plus aux amis et

allies

.tuteurs, pour couvrir leur mauvais sens, allèguent qui- David n's pas fait difficulté de mentir en cette occasion, promettant au roi Achis de l'assister, ainsi que le David3 avoil usé envers lui de menterie et de fraude, lorsqu'il lui aaaoroil qu'il faisait de grands butins sur le peuple d'Israël et lui faisait une rude guerre, afin qu \< dis s. ti.it davantage en lui, combien qu'il fût véritable qui- l)a\ id fàisoil sis eoarses sur le j>a\> des ennemis des Israélites et non pas sur leurs terres. Bn quoi ils te trompent, car il n'a commis aucune menterie ni infidélité, pource qu'il DC disoil pas au roi \< bis ; qu'il alloil faire le

dégât sur le territoire de Fnda, mais du côté di midi qui regarde fnda, contra mëridjgm /atdar; auquel endroit

I lt' mi,. . a BU HOUVeaa Iragment ajouté à la marge du mène mal.

trois mots ont été ajout SOT.

Première rédaction du Manuscrit A et Hollande 9 : • eu quoi il ii .. connu aucune menti i le, ai Infidélité, < sr il dm pas au roi \< lus... » La lits par Sancy.

étoient quelques bourgades des Amalécites, qui étoienl les ennemis jurés du peuple d'Israël et ne dépendoient point du roi Achis1. Aussi n'est, comme dit saint Augustin, le mensonge jamais permis et, comme la vérité est la première de toutes les vertus et particulièrement attribuée à Dieu, le mensonge est le principe de tout mal et le diable en porte le nom.

David vint donc trouver le roi Achis, dans les Etats duquel il étoit réfugié, pour combattre avec lui, et ce contre les Israélites, bien qu'ils fussent le peuple de Dieu, le vrai culte duquel étoit entre eux seulement2.

L'Écriture, qui reprend et remarque tous les manquements de David comme l'homicide d'Urie, l'adultère de Bethsabée, le dénombrement du peuple, et lorsqu'il se fit une couronne de l'or conquis en la guerre contre les ennemis de Dieu, ne blâme en aucune sorte cette action de David, laquelle, si elle n'étoit licite par la raison d'une juste défense, seroit aussi criminelle qu'aucune des autres, étant directement opposée à la religion et contre le commandement que Dieu a fait plusieurs fois à Moïse et aux enfants d'Israël de ne se point allier avec des infidèles.

David, à la vérité, ne se trouva pas au combat, d'autant que les chefs de l'armée philistine prirent soupçon de lui et le firent retirer de leur camp ; mais il ne tint pas à lui qu'il ne fût à la bataille et témoigna d'en sortir à regret, et qu'il étoit près de combattre pour le service du roi Achis, qu'en ce lieu-là il appelle son maître, et comme étant obligé de lui garder la foi. Or, en ce qui est du péché et de la conscience, la volonté est réputée pour le fait3.

1. Ici prend fin, dans le mémoire original, le fragment ajouté à la marge.

2. Les deux phrases qui précèdent ne figuraient pas dans le mémoire original; elles ont été ajoutées par Sancy sur le manuscrit A.

3. Comparez le passage correspondant du mémoire du P. Joseph, cité par Dedouvres, op. cit., p. 579 : « Il est vrai que

m l'BNDICBS. •'''•

B David ii'.i rien fait que de licite. :i | » 1 1 1 ^ forte raison le

H<>i peut-il secourir les Hollandois contre le roî d'Es*

pagne. Car il n'etl pas le maître du Hoi, ainsi que Settl

de David, qui ne laisse pourtant «I»' secourir ses

ennemis.

Oui pins est, Dieu n'a pas déclaré partt parole expresse qu'il veut que les Kspa^nols soient les maîtres des Hollandois. ainsi que Dien a\oit «lit tant de fois qu'il vouloil que les Hébreux fussent maîtres et légitimes possesseurs de la Judée, à l'exclusion des Philistins : ce que David ne pouroil ignorer, qui lui-même 1 'a\oit si souvent exprime dans -drnes et notamment quand il dit, parlant des peuples de li Palestine : Dédit terram eorum jiuwssflf tissas, fuvre- (litntem Israël s,'tk;. suo. Kt toutefois David ne laisse pas d'assister l'un des plus puissants rois de ce pavs-lh qui \ouloit «>n chasser les Israélites.

osple décide clairement l'affaire dont il est question et semble que c'est un trait de la providence de Dieu extraordinaire qu'il se soit trouvé en l'Écriture pour apprendre aux princes, a qui le soin des l-'.tats est commis, jiis<jues où va l'étendue de ce qu'ils peuvent faire pour leur bien, et ce n'est pas merveille si les saintes lettrée n'en ont aucun autre semblable qui soit au m de la question présente, m que le peuple d'Israël, qui seul -tcii fidèle, n'étoit point divisé. Ce qui fait qu'il ne rroîrdet alliances du peuple de Dieu avec des infidèles contre les fidèles, puisqu'il n \ iretl point d'autres fidèles ' que les Israélites, et que depuis que dix tribus se

David uva pas au combat, pan . que les rhefs de l'ar-

mée philistins conçurent quelqw d de lui et le firent

r; en effet, il étoit en dessein d'y assister et tout près de combattre p.. m l«- lenrice d'Achis, qu'en ce lieu (1, R->is. kxu,

8) il appelle son inaiti. . iM'imie .tant obligé de lui garder la toi. »

us le mérn mal, est de la main de Char-

pentier.

séparèrent sous le règne de Roboara des deux de fada et Benjamin, qui demeurèrent toujours fidèles. Ces dix furent toujours schismatiques et deux1 idolâtres comme adorant le veau d'or.

Un roi manqueroit à sa charge et commettroit un péché si, par un zèle inconsidéré et par un' excès de confiance non fondée, il attendoit que Dieu sauvât son État par voies extraordinaires et miraculées et négligeoit les moyens que sa prudence lui doit faire prendre, comme étant permis de Dieu, pour se défendre contre ceux qui injustement voudroient s'emparer de ce qui appartient à autrui.

Cartagène, Espagnol, religieux cordelier, auteur pieux et célèbre, enseigna clairement avec saint Anthonin, le cardinal Caietan et Molina, jésuite, que, non seulement est-il loisible de se servir du secours des infidèles contre les catholiques, mais en outre qu'il est loisible à un prince chrétien de secourir un infidèle en la guerre contre un autre prince chrétien2.

Becanus dit en termes exprès qu'il est permis, en une juste guerre, de donner secours à des infidèles contre des fidèles.

Banès et plusieurs autres auteurs qu'il allègue enseignent le même.

Lorichus, Navarre, etc., sont de semblable opinion.

On alléguera peut-être que Dieu reprend en divers endroits de l'Ecriture les princes et les peuples qui font alliance avec les infidèles, jusque-là même qu'il en châtie quelques-uns.

Mais la réponse est claire par les lieux mêmes dont on se peut servir pour vérifier cette objection, puisqu'il est certain que Dieu ne blâme pas simplement telles alliances, lesquelles il autorise en divers lieux, mais bien blâme-t-il

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