Var. du mémoire original (Hollande 9) : beaucoup
2. Comparez Catholique d'Estat, p. 162, qui paraît être la source de ce passage.
APPKMiH'Ks. 301
que les primes qui les OBI laites aient eu plus de confiance .11 iotllet i|u*;i son secourt, eonune il paraît au lait d'Asa, <|iii . si iiissi bien blâmé, étant malade, d'avoir eu plus de confiance aux médecins «pi 'en Dieu, bien qu'il soit permis rrirdes médecins institues de Dieu a cette lin1. Il blâme aussi telles tilitnoet quand on les fait uni
nécessité pour augmenter sans sujet la domination (les infidèles, desquels il avoil ouvertement lait connoître par s. s prophèb - qu'il vouloil la perte; comme celle de Josal>hai ijni s est joint a \chab. non par nécessité, puisque ture remarque qu'il étoit très riche, très puissant et beureux, craint et redoute de tana ses minai et si i que tous lui faisoienl nommage et lui apportoient des pi niais par la considération d'une amitié hu-
maine et pour favoriser Aeaab, duquel le prophète Hélie tvoil prophétise qu'en vengeance de la mort de Nabot h les chiens lécheraient son sang au même lieu où il l'avoit lait mourir et qu'il détrniroit sa maison et sa race.
Il \ a plus, Josaphat faillit encore grandement parée que Michee. qu'il tenoit lui-même pour prophète véritable, lit qu'il laisoit une mauvaise entreprise, i|u'elle réussiioit mal et que Dieu ruinerait son dessein.
Or. est-il que, bien DM nous Taisions alliance avec les Hollandois. nous avons plus de confiance au secours de Dieu qu'es eux. Nous ne faisons pas cette alliance sans sujet pour les agrandir, msk par nécessité pour empêcher
diminution : ce qui paroit hien en et qot Ul .
«leur «les Hollsndois, considérée par elle-même, nous esi préjudiciable
\n reste, nous n'aTOnt point de prophétie qui nous fasse connoître que Dieu veut que les Bollandoit se
!<-nt et «pie les Espagnols dominent le monde. \u émit peut . msoii qu'ainsi que
les prophètes otit souvent déclare (pte Dieu avoit suseii,
1 < >ui[>arez Catholique d Estât, p. 159.
les Chaldéens idolâtres pour punir l'orgueil des rois àt Juda, peuple fidèle, et réprimer les outrages et l'oppression que leurs voisins en recevoient, ainsi a-t-il suscité les Hollandois pour la même fin envers les Espagnols, qui font tant de mal à la chrétienté.
Le prophète Ezéchiel, 19, confirme cette histoire par une comparaison fort pathétique quand il représente Joachim, roi de Juda, sous la figure d'un lion qui, pour avoir usurpé les biens d'autrui et mis ses voisins en proie, est châtié par les Babyloniens, en sorte qu'ils le courent h force et le prennent comme une bête farouche, le faisant tomber dans les toiles et les filets avec de grandes blessures et guerres de part et d'autre.
Hiérémie en rapporte une autre sur le même sujet, qui n'est pas moins remarquable ni moins naturelle au sujet dont il s'agit.
Le prophète Ananias, porté d'un zèle inconsidéré, s'oppose à la volonté de Dieu, en ce que Dieu déclare par le prophète Hiérémie qu'il veut châtier le roi de Juda, quoique fidèle, par les Babyloniens infidèles, lesquels il a suscités contre lui.
Ananias soutient publiquement que les Chaldéens seront détruits et qu'il faut que tous les gens de bien s'opposent à eux et que le maître de Juda doit être le maître et ravoir ce qu'ils lui ont ôté.
Et d'autant que le roi, les prêtres et le peuple suivoient l'opinion d' Ananias, qui sembloit avoir bonne intention et le zèle de la loi et l'honneur du culte divin devant les yeux, en ce qu'il soutenoit qu'il falloit s'opposer aux Chaldéens, le prophète Hiérémie prédit, de la part de Dieu, qu'Ananias seroit chassé et qu'il mourroit dans un an, ce qui arriva.
Ce qui peut faire voir qu'il ne faut pas se porter par un zèle indiscret à favoriser les rois fidèles contre les peuples infidèles, bien même qu'ils les aient injustement offensés,
APPENDICES. |p
pour <•«• qu'il peut ètie que Dieu s'en veut servir pour i -lifitii-r l< sdiis fidèles1, les humilier et empêcher que sous la nom <t le prétexte de piété ils n'oppriment les autres.
Dont on peut dire, avec vérité, que lis bonnes et valables raisons nous portent à l'alliance des Hollandois et qu'aucune de poids et de considération ne nous en
(l.'I.Ml
On dira volontiers2 qu'il n'est pas permis d'assister des
rebellai comme rebelles, ni des hérétiques comme tels;
demeurant dans les principe! ci-dessus rapportés,
ne oette proposition et dis qu'au secours des Hollan-
I n'est question ni de l'un ni de l'autre. Car le Roi
iste pas les Hollandois comme rebelles et hérétiques,
-•lin pour favorise! et maintenir leur rébellion et
leur Ihiisic, qu'il déteste de bon coin ; mais la seule fin
du secours qu'il leur donne est la défense de son État,
puisqu'il n'a autre dessein que d'occuper tellement ceux
sentie qui ils agissent, qu'ils ne lui puissent faire du mal
snsnsnt ils ont t'ait pnff le passé.
Au reste, les Hollandois ne peuvent et ne doivent maintenant être considérés comme rebelles, puisqu'il y a douze ans que le roi d'Espagne a fait un trait»- de trêve3 avec • mmr peuples libres et indépendants; que si le roi d Espagne, qui seul prétend pouvoir sur eux, les reconnoit .il n'y a prince qui ne puisse traiter avec eux comme Im penpiei indépendants.
Il \ a cinquante ans* qu'ils sont en la possession où ils it, sa maiii rie d'États, il arrive d'ordinaire que l'ai -
1 Hollande 9 et première rédaction du manuscrit A : « pour châtier lesdits infidèles... ».
1 Dans Hollande 9, ce paragraphe est précédé du titre Objections.
la 1609. Cet alinéa serait donc tiré d'un mémoire] i saonoeé aa i<i2i.
e soulèvement de 1567.
quisition en est injuste et la possession équitable : on les prend contre raison, mais on les retient avec droit, le temps ou l'affection des peuples rendant volontaire l'obéissance à laquelle au commencement ils étoient contraints.
Auguste, comme enseigne saint Augustin en la Cité de Dieu, avoit ôté injustement la liberté àsa patrie et néanmoins, ayant été affermi dans le gouvernement par quelque temps, Dieu n'a pas laissé de recommander en sa parole qu'on lui obéît comme souverain.
Les Suisses étoient sujets de la maison d'Autriche, et cependant la chrétienté, sans omettre le Pape, les reconnoîi comme souverains maintenant1, quoique la rébellion ait été le premier titre de leur souveraineté.
Quelqu'un dira peut-être encore la plupart des raisons et des auteurs ci-dessus allégués qui enseignent qu'on peut donner secours à des hérétiques et infidèles contre les fidèles, supposent que la guerre des hérétiques soit juste, ce qui ne se trouve pas en celle des Hollandois ; mais la réponse est prompte, car, quand même la guerre que les Hollandois font contre l'Espagne seroit injuste, ce qu'on n'examine pas ici2, la France, ayant juste sujet de se plaindre des injures qu'elle a reçues d'Espagne et légitime occasion d'en appréhender d'autres à l'avenir, comme il a paru ci-dessus, peut, sans péché3, contribuer a entretenir la guerre desdits Hollandois, par la même raison encore qu'un homme qui a besoin d'argent en peut prendre d'un usurier qui pèche en le prêtant, pour la même raison encore qu'on se peut servir du serment d'un infidèle qui jure par ses faux dieux pour attester une vérité dont la connoissance est nécessaire à celui qui le fait jurer : et c'est en