‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 82 sur 89 · Comparez le Catholique d'Estat, p. 91 et suivantes · texte numérisé non relu

Comparez le Catholique d'Estat, p. 91 et suivantes

APPKM'h I s 309

Appbndice III.

vrs prononcé par le cardinal de Richelieu à l'assemde Fontainebleau du 29 septembre 1625*.

I cardinal de Richelieu s'adressant au Roi, parlant avec ce et l'éloquence qui lui sont naturelles, dit à S. M. on substance que, depuis que S. M. lui avoit fait l'honneur de l'appeler en ses conseils, il avoit toujours reconnu qu'elle avoit été* très bien conseillée d'entreprendre par les armes le recouvrement de la Valteline, puisque par les négociations olle ne l'avoit pu obtenir; que le roi d'Espagne n'avoit ne trop fait connoître le dessein qu'il avoit de prendre avantage en l'issue de cette affaire et d'en ôter la gloire à S. M . : qu'il étoit difficile par la voie des traités avec le Pape d'an tirer ;• présent une fin honorable à cause du prétexte de la religion; que, pour l'avoir, il étoit expédient de faire une bonne guerre et à quelque prix que ce fût conserver à la France le passage de la Valteline et aux Grisons leur souveraineté; qu'il seroit trop honteux de consentir à la perte ou diminution de l'un ou de l'autre, et que, si la France abiindonnoit ses alliés, elle ne trouverait plus de support ni d'assistance chez les princes ses voisins, qui la qoitteroienl pour suivre le parti d'Espagne; qu'il savoit bien que la pais étoil préférable a la guerre, mais non pas une paix honteuse, qui tire en conséquence la perte de sa

1 . Il nous a semblé intéressant de rapprocher de la version aVwmét par les Mémoires de ce discours, d'après le Mercure

•ts, celle qui figure dans la relation intituler « Négociation du . -animal Harberin » et composée probablement par Lrdier I 140 v°). — Ci-dessus, p. L20-

131, M ll.motaux en a publie un premier projet (Ma

. p. 87-91); voyez aussi, dans Rapporta - , t. II.

!. M OJM «lit M Delavaud à ce %\

réputation ; que, si l'on lui disoit que les affaires du royaume pouvoient détourner S. M. de porter ses armes ailleurs, il répondroit qu'avec peu de forces on pourroit réduire les rebelles a l'obéissance et en même temps avec une bonne armée faire la guerre au dehors;

Que, si l'on mettoit en avant que pour faire la guerre il falloit de l'argent, Messieurs des finances, qui étoient là présents, pourroient répondre qu'ils avoient du fonds pour faire quatre montres sans toucher aux moyens extraordinaires ni au revenu de l'année suivante; que, lorsque les princes voisins verroient S. M. dans des desseins généreux, ils seroient tous incontinent pour elle, et, tant qu'elle continueroit, jamais ne l'abandonneroient; qu'enfin l'honneur étoit le vrai patrimoine des rois, qu'il falloit que S. M. conservât le sien, et que pour cela il falloit hasarder tout le reste, et partant qu'il estimoit que le Roi pouvoit écrire au Pape et au légat que, par l'avis de son Conseil et de ses cours, S. M. ne pouvoit recevoir les propositions qui lui avoient été faites et qu'elle seroit toujours prête d'entendre à des conditions de paix honorables pour elle et pour ses alliés1.

1. Comparez l'extrait suivant d'une dépêche adressée par le Roi à son ambassadeur à Rome, Béthune. Fontainebleau, 4 octobre 1625 : * Depuis le départ du cardinal-légat, j'ai fait assembler en ce lieu les princes officiers de ma couronne, principaux de mon Conseil, ensemble les premiers présidents et mes avocats et procureurs généraux de mes cours souveraines de Paris, auxquels, ayant fait entendre les raisons qui m'avoient obligé et contraint de prendre les armes pour faire rendre aux Grisons, mes alliés, la Valteline, ce qui avoit été traité avec ledit sieur légat et les causes de la rupture de ses négociations, tous d'une commune voix ont loué et approuvé le soin que j'avois pris des avantages de la religion catholique en la Valteline et plus encore la fermeté que j'avois montrée pour conserver à mesdits alliés leur souveraineté, de sorte que j'ai conclu avec eux qu'il étoit plus expédient de continuer une juste guerre

M'I'KNDICES. M

Appendice IV.

i de Richelieu sur le voyage de Buckirigham*.

Manuscrit A renfermait primitivement (fol. 219-220) un tail du (Cardinal sur le projet de voyage de Buckingham en France; ce passage a été supprimé lors de la revision générale du manuscrit ; nous reproduisons ci-dessous ce document tel qu'il figurait dans le manuscrit A, en indiquant les principales variantes qu'il présente sur l'avis original, dont Avenel a donne des extraits t. VII, p. 569, d'après le vol. Angleterre 26, fol. 2

La nouvelle en étant venue en France, le Cardinal craignit (|ui- ilillicilement se pourroit-on dégager de la presse importune qu'il feroit d'avoir permission de venir en la cour et dit ;m Koi que, puisqu'il avoit* passé la mer après ■voir reçu tous les avis qu'on lui aura donnés en Angle- -u! le sujet de son voyage, rien ne l'arrêteroit. el qu'il a\oit grande apparence qu'il surprendroit le Uni l<irs<|ii il i pi-nseroit la inoins, tels tours étant ordinaires en . et, qui plus est, à son humeur; mais qu'il faudroit qu'il eùl perdu la raison pour venir sans dénoua &• M. en ses affaires. Qu'il n'\ avoit rien si aisé aux hommes que de se tromper en leurs jugements, pi im ■ipalrno-ni quand ils les font de personnes dont la conduite n'rsi | lis réglée et qui agissent par boutades el non

pow parvenir à une bonne et honorable pai\ qoe de faire one paix bonteOM qui fût le fondement d'une longue et lâcheuse guerre • [Bibl. nat., ms. Français 3669, fol. 1).

l. o-dî

Première rédaction du manuscrit A, corrigée ensuite par Sancy : « C'est pourquoi, afin de n'être pas surpris, il donna au Roi l'avis suivant sur ee sujet. Il sera I empêcher

>pi< liucLm-liam ne vienne ici, car s'il a passé... •

par raison et par prudence. Mais qu'il étoit1 le plus trompé du monde si ce personnage, qui savoit toutes les plaintes que la France faisoit de l'Angleterre, ne venoit garni de remèdes, prétendant par ce moyen se faire faire un bon visage et faire un tour des neuf preux semblable à celui qu'il fit faire à son maître quand il le mena en Espagne sans grand fondement; que, quelque dessein qu'il eût de donner contentement, il ne laisseroit pas de parler pour les huguenots et pour sa ligue offensive2, mais il n'y a point d'apparence qu'il s'arrêtât ni à l'un ni à l'autre. Et, quand il le feroit, il faudroit être aussi ferme à refuser comme lui à demander, et, d'abord, il faudroit lui dire les conditions èsquelles on pouvoit entrer avec l'Angleterre pour la guerre d'Allemagne, afin de retrancher la longueur de sa négociation.

Que son but seroit de ne la finir pas si tôt, et celui de la France devoit être, sans le témoigner de parole, de ne le retenir pas longtemps.

Qu'il falloit s'abstenir de parler mal de lui, tant devant son arrivée que lorsqu'il seroit ici, et que le Roi n'avoit a tenir autre langage à ceux qui lui parleroient qu'il devoit venir, sinon qu'il seroit le très bien venu s'il lui apportoit contentement sur les inexécutions dont S. M. avoit à se plaindre, et qu'il savoit bien qu'il étoit trop avisé pour venir autrement; qu'il estimoit beaucoup sa personne, mais que les rois regardent principalement aux intérêts de leurs États.

Qu'il sembloit qu'on ne sauroit faire autre chose que le loger chez M. de Chevreuse, par les intérêts duquel il faudroit tâcher de le ménager, sans lui dire que ce qu'on voudroit que l'autre sût, et lui témoignant ne se soucier pas beaucoup, quelque résolution qu'ils prissent.

1. Angleterre 26 et première rédaction du manuscrit A : « mais je suis... ».

2. Angleterre 26 : « et pour sa ligue offensive et défensive ».

I» Kll'uit pourroit aussi servir en cette affaire. Quelque voyage que le Roi fit, il n'empêcheroit pas ledit Buckingham de venir ici, étant certain qu il n'y auroit point (1 apparence de lui en dénier la permission quand il la demandèrent pour venir voir les reines.

Qu'il seroit utile, à cause de l'affaire des huguenots, qu'il n'\ \itii point; m;iis qu'il y avoit des rencontres où il n'y a point d'autres remèdes que de faire bonne mine, cacher ses sentiments et ménager adroitement ses avantages;

Ou'on pourroit accorder aux Anglois la continuation de Il | >;i\e qu'on donnoit à M ansfeld pour un an, plus ou moins; ce qu'on avoit promis à Belin pour l'armée du roi de Danemark, de la cavalerie à leurs dépens, si mieux ils n'aimoient i tenter de l'entretien du Mansfeld et de la cavalerie à nos dépens, pour joindre actuellement de l'infanterie angloise lorsqu'ils résoudront d'en faire entrer dans le Palatin. il :

Que l'on croit qu'il étoit utile de faire un tel traité avec «ux, parce que, par ce moyen, on entretiendroit sous leur nom la guerre en Allemagne et peut-être y remettroit-on les affaires en la balance où elles doivent être, chose du tout nécessaire ;

. e, en outre, que par ce moyen oh engageroit1 les Anglois à ne rien faire contre vous en ce qui concerne les huguenots;

Moyennant ces conditions, il faudroit obliger les Anglois à exécuter ce qui étoit pwii tant pour les catholique* que pour la maison de la Reine, à rendre tous les vaisi tant pris par M. de Soubise qui- pu tfB, et, de plus, s'il se pouvoit, à assister S. M eontft les rebelles, étant nécessaire de traiter avec eux, en sorte que plus ils s'en-

1 . Angleterre 26 : « vous engagez les Anglois » ; & la ligne suiva v a oublié de corriger vous en S. M.

I Angleterre 26 : <■ 1 vous assister ».

gageront a la servir1, plus aussi entrera-l-on en leurs affaires.

On pourroit aussi faire quelque société avec eux pour le commerce.

Mais que, quoi qu'ils disent ou fissent, il falloit bien se garder de joindre l'affaire de la Valteline avec le Palatinat, en sorte qu'on ne pût terminer l'une sans l'autre; que ç'avoit toujours été le but des Anglois, quoique sans raison et sans fondement, et surtout qu'il falloit dépêcher les députés des huguenots devant ladite venue2.

Appendice V.

Lettre de Guillaume Bautru au cardinal de Richelieu sur sa mission en Angleterre3.

A Hampton-Court, 6 janvier 1626.

Monseigneur, J'ai ponctuellement suivi l'ordre de mon voyage comme je l'avois projeté avec M. de Chevreuse. Le retour du duc de Buckingham m'a fait passer en Angleterre. Il n'est arrivé que le 2e du courant d'une maison qu'il a sur la frontière d'Ecosse, où sa femme est accouchée4. J'ai passé quatre jours à Londres en attendant sans qu'on en ait rien

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